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tour du bresil en direct !
carnet de voyage en 80 jours et ao vivo !

Suite à notre voyage, nous avons répertorié dans ce carnet toutes les recettes que nous avons récoltées, photos à l'appui pour la plus grande majorité d'entre elles.
Nous les classerons par région. Nous commençons une partie du Nordeste.
NOTE: il nous est impossible de répondre à la majorité des commentaires laissés car aucune adresse mail ne nous est laissé dans  le corps du commentaire. Merci d'y penser !

Nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans grâce à la capoeira. Nous avions tous deux un rêve : faire un grand voyage au Brésil. Aujourd'hui, notre histoire commune nous permet de réaliser ce souhait.

Nous faisons partager ce carnet de voyage en direct à nos familles, nos amis, aux amoureux du Brésil qui désirent, eux aussi, parcourir ses terres.
Nous mettons dans ce blog toutes les infos, contacts et prix pêchés depuis les préparatifs jusqu'au séjour sur place.

                                                                                                              

Notre départ remonte au 30 juin et notre retour au 14 septembre 2006.
 
Virginie & Simon


Mercredi 17 janvier 2007
Emission radio
Sur France Inter, "allô la planète" - mardi 16 janvier 2007




Le lundi 15 janvier, lors de l'émission "Allô la planète", une jeune fille, Maëwen, lance une bouteille à la mer : qui pourrait lui parler de Natal, grande ville du Brésil, où elle part prochainement effectuer un stage pendant 4 mois?
Anneka, l'une des organisatrices de l'émission présentée par Eric LANGE, nous contacte de toute urgence le jour même de l'émission, afin de nous demander d'y participer. En effet, cette dernière est tombée par hasard sur notre blog et l'a mis en lien sur le site de France Inter et nous demande de raconter notre expédition en quelques minutes.  
Avec Simon, nous acceptons bien évidemment de participer à cette émission. Cela nous amuse toujours énormément de parler de notre voyage.
Nous nous sommes biien amusée, même si les quelques minutes avant l'émission nous avons bien stréssé...
Nous sommes cependant déçus qu'Eric LANGE n'aie pas fait participer Simon, assis à mes côtés, à la conversation. En effet, juste avant l'émission, Anneka nous a dit que j'allais commencer à parler seule avec le présentateur, que Simon interviendrait ensuite, mais les 5 minutes sont passées à la vitesse de la lumière et moi seule aie pû participer...
Mais de coeur, nous y étions tous les deux !

Si vous souhaitez (ré)-écoutez l'émission, voici le lien:

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/allolaplanete/index.php




Magazine
Géo Magazine, décembre 2006



En décembre 2006, grâce aux statistiques de notre blog, nous nous apercevons qu'un nombre important de visiteurs provient du site du magazine Géo. En cliquant sur le lien, nous découvrons que le célèbre magazine a posté notre blog en lien de ses carnets de voyages.
Nous les remercions. Petit échange bien agréable de mails avec la rédaction du magazine !


http://www.geomagazine.fr/contenu_editorial/pages/entre_voyageurs/carnets_de_voyage/carnets_select.php?code=29&start=50


par Virginie et Simon publié dans : tour.du.bresil
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Jeudi 14 septembre 2006

Le "voyage de notre vie"
Bilan






















Virginie et Simon à Alter do Chaõ. Amazonie.


Après plus de 900 jours d'économie financière, nous avons pris 14 fois l'avion, effectué 66 heures de bateau et 46 heures de bus. Au total nous avons parcouru 25 460 kilomètres sous le fameux soleil brésilien.

Nous emportons avec nous le bonheur de ces 80 jours, les découvertes merveilleuses que nous avons faites et les expériences uniques qui nous rempliront de joie, certainement, pour toute la vie.





















Bâteaux amazoniens à Santarêm.


Si c’était à refaire, nous le referions, même la tarentule et la chaleur d'Amazonie n’auront pas eu raison de notre témérité, hé oui ! Nous réduirions toutefois notre séjour à Salvador de Bahia à 3 ou 4 jours et non 15. Et nous rallongerions notre séjour dans la région de Saõ Luis, le Maranhaõ.

















Un toucan dans la forêt amazonienne.


Le Brésil est un pays fabuleux mais où nous passons du paradis à l’enfer en quelques secondes. Le Nordeste a été trop touristique à notre goût et du même coup moins passionnant que le reste du pays. Si vous le pouvez, aventurez vous au-delà du Nordeste, ça en vaut le détour. Les eaux turquoises aux cocotiers il n'y en a pas tant que ça finalement, de la musique dans les rues et de la capoeira, il y en a partout, et le Brésil recèle de tant d’autres merveilles insoupçonnées !

 













Tiradentes dans le Minas Gerais.


Nous emportons tout au fond de nous la gentillesse et la bonne humeur incontestables des cariocas et des mineiros. La douceur de vivre « montagnarde » idyllique de Tiradentes. La générosité incroyable de notre guide indien Leandro dans la forêt amazonienne. Les odeurs enivrantes de fruits, d’épices, et de plantes des marchés de Bélem.






















Le Ver-O-Peso à Bélem.


La couleur exceptionnelle des lagons de Porto de Galinhas. Les poissons multicolores se dandinant pour venir nous saluer. La chaleur de baignoire des piscines naturelles de Praia do Forte.





















Porto de Galinhas dans le Pernambuco, non loin de Recife.


Notre cours de Maracatù des plus vibrants et notre auberge de jeunesse des plus sympathiques d’Olinda. Notre pousada des plus splendides à Santa Teresa à Rio. Nos mémorables siestes dans les hamacs. Et tous les animaux, aussi beaux ou horribles soient-ils, qui ont ravi ou effrayé nos cœurs d’enfants.

 













Les Lençois Maranheses près de Saõ Luis.


Nous n’oublierons jamais au grand jamais, notre émotion lorsque nous avons vu le fleuve Amazone depuis l’avion, dessinant sa longue et sinueuse course dans une forêt à perte d’horizon. Notre difficulté à reprendre notre souffle devant la splendeur surnaturelle des Lençois Maranheses, dans l’arrière pays de Saõ Luis. Et les nombreux dauphins virevoltant autour de nous de manière si complice à Fernando de Noronha.
 

 













Fernando de Noronha.


Ce « voyage de notre vie » fût, en un mot, magique.























Le Jardin Botanique de Rio de Janeiro.




FIN DU VOYAGE.


par Virginie et Simon publié dans : tour.du.bresil
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Mercredi 13 septembre 2006

Salvador de Bahia

Départ pour la France

 

















Aguà de coco. Salvador de Bahia.

Une fois de plus, nous sommes réveillée par Vanià qui n’a pas pu s’empêcher de venir nous dire au revoir. Elle nous avait déjà téléphoné hier soir pour les adieux, on lui avait dit qu’il y avait un sac avec des petits présents pour ses enfants. Alors, elle était curieuse... normal !

Elle est un peu surprise de constater qu’il s’agit d’affaire d’écoles, de cahiers, de stylos, des crayons de couleurs, de feutres et de gomme (on avait demandé une liste à Cidinha). Une triste moue laisse finalement place à un certain contentement. Je lui fais comprendre en plaisantant qu’elle n’a plus de raison de ne pas envoyer ses enfants à l’école… elle promet qu’ils iront TOUS à l’école à la rentrée de février. Ce cadeau, ça la laisse un peu sans voix pendant 1/2 heure. Et pour que Vanià reste sans voix, il en faut beaucoup ! Bon, ça nous donne bonne conscience sans plus mais après tout, qui sait...
 

 














Hôtel de Salvador. Lieu de conférences politiques du PT.


Vers 8h30, nous accompagnons Cidinha à une conférence politique au sujet de Lula à laquelle elle est conviée. Hier soir, elle nous a confié son rêve le plus cher qui la fait mourir de rire elle-même : être ministre de l’environnement sous le gouvernement du PT (Parti des Travailleurs, parti même de Lula).

Nous n’entrons pas avec elle bien évidemment, mais le lieu est à voir : c’est un hôtel à deux étages, avec piscine à l’eau de mer, et téléphérique ( !) entre la partie haute et la partie basse de l’hôtel. La misère n'est pas pour tout le monde ici.
Une fois plus, alors que nous arrivons au bord de la piscine en plein air, il se met à pleuvoir.

Nous prenons un expresso au bar, puis en voyant le ciel plombé au-dessus de nos têtes, nous rentrons chez Cidinha.



















Hôtel de Salvador. Lieu de conférences politiques du PT.


Bahia de Tous les Saints, dit la célèbre expression, mais après 2 semaines dans cette ville, comment peut-on imaginer un seul instant qu’un seul Saint existe ou n’aie pu exister ici ?

Nous savons d'avance que, lorsque nos copains ou autres personnes vont lire nos récits sur Salvador, nous allons nous faire fustiger. Pour ceux qui ne nous connaissent pas, nous allons nous faire taxer de "riches qui n'ont rien compris" et on nous prêtera certainement des propos et des conclusions qui ne sont pas les nôtres. Pour ceux qui nous connaissent, on nous dira tout et rien parce qu'en France actuellement, ce n'est pas dans l'air du temps de ne pas aimer la ville de Salvador, ni de refuser "la misère".
Mais tant pis, c'est comme ça à l'heure d'aujourd'hui, c'est ce qu'on ressent très clairement. Encore une fois, nous savons que beaucoup d'autres personnes ont ressentis les mêmes émotions au sujet de leur passage dans cette ville mais ne le disent pas aussi clairement, parce qu'encore une fois, ils pensent s'être trompés sur leurs ressentis vus que tout le monde ne dit que du bien du Salvador et rêve d'y aller. Mais nous n'étions pas venus chercher dans cette ville ce que nous n'aimons pas de certains aspects de notre pays : la misère morale où seul une paire de lunettes ou une fringue quelconque de marques "chers" donnent l'illusion de la "richesse" et le sourire celle du bonheur.





















Salvador de Bahia.


Néanmoins, on insiste sur un point : ce ne sont que nos impressions et rien d'autres et elles ne valent pas plus que les émotions ou les pensées de vous qui êtes peut-être en train de nous lire et qui partez demain pour Salvador.

Nous savons qu'un jour nous y retournerons, ne serait que pour revoir Cidinha et Vanià, et ce sera avec grand intérêt que nous relirons nos propres lignes.

 

Le voyage Salvador / Lisbonne / Paris s’effectue tranquillement et rapidement. La douane décortique tous les vivres que nous avons rapportés. Heureusement qu’ils étaient tous emballés sous-vides et les bouteilles stickés, sinon, c’était confisqué !

Pour couronner notre voyage, nos passeports se sont "égarés" dans l’aéroport de Lisbonne. Boh…

Nos compagnons de voyages, tous brésiliens, nous disent tous : "mais pourquoi êtes vous restés à Salvador, la région est tellement plus belle, plus intéressante ! Moi j'habite Itacaré c'est super, et moi j'habite un village qui s'appelle Machin Chose c'est comme ça !!!!".
Ils partent faire des études dans divers pays d’Europe : l’Allemagne, la Suède… La dame brésilienne de derrière écoute nos conversations et participe parfois d'un ton joyeux ! On discute, on rigole, on joue aux cartes pour tuer le temps…
Et bien sûr la question fatidique : « c’est comment la neige ? ».

 















Salvador de Bahia.

A Orly notre chauffeur de taxi nous demande d’où on vient. On lui raconte. Il est père d’un élève de capoeira d’un groupe de Paris. Le monde est petit ! Du coup, on discute à bâtons rompus car ce père suit de très près la « carrière » du fiston de 15 ans ! On ne veut pas le décourager mais nous lui disons quand même que Salvador, où son fils rêve d’aller bien sûr, n’est pas une ville des plus sécurisantes. Malgré tout, chaque expérience reste unique, et même si effectivement le nombre de dépouillement à Salvador ou de Rio de Janeiro bat certainement des records mondiaux, il ne faut pas pour autant ne pas y aller. Mais un conseil pour les capoeiristes : n’y allez pas sans adresses de profs et de cours de capoeira avec le nom de quelqu’un de qui vous recommander. Sinon sortez les dollars et rangez les appareils photos !


 














Cidinha avec son "esclave" : son ordinateur !!!



par Virginie et Simon publié dans : Salvador de Bahia
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Mardi 12 septembre 2006

 

Salvador de Bahia

Visite de Salvador, préparation du retour en France

 















Le lac aux Orixas. Salvador de Bahia.


Eurêka, aujourd’hui, il y a du soleil ! Si c’est pas trop tôt, pour notre dernier jour !!!

Cidinha m’emmène jusqu’au stand de coco de Marco Polo, qui fait aussi guide touristique avec son super vieux buggy de 23 ans. Simon refuse de faire une quelconque action touristique et préfère rester tranquillement à la maison pour commencer les bagages du retour. Il ne veut plus être touriste. Je le comprends. Ce n'est pas une situation viable sur la durée, selon nous.














Intérieur du buggy de Marco Polo.

Cidinha me raconte alors que ce week-end, une de ses collègues qui faisait un jogging sur l'esplanade en bordure de route s’est faite agressée dans le même coin que nous que nous. Comme quoi, touriste ou pas, ils ne font pas dans la distinction ! Avec Cidinha, nous prenons un petit déjeuner de jus de fruits frais pour moi, et un croque-monsieur à la « maionese et catechupe » pour elle. Puis elle part travailler.

 

Direction Salvador en buggy. Manque de bol, dès la première photo, mon vieil appareil tombe définitivement en rade. L’obturateur ne fonctionne plus. Nous voici donc avec Marco Polo à la recherche d’un appareil photo jetable. Aucun photographe n’en a ! Au bout d’un long moment, je finis par en trouver un  !

 





















Intérieur du buggy de Marco Polo. Une relique !

Nous longeons les plages, remontons jusqu’au lac des Orixas (les Saints de la religion Candomblé) au cœur de la ville. Nous faisons un grand tour par la partie basse, en passant par les divers ports, touristiques ou commerciaux, remontons les avenues qui longent les favelas de Salvador… c’est réellement impressionnant.
Nous entrons dans les 1ères rues de l’une d’elle. Je suis muette car Marco Polo ne m’avait pas du tout dit qu’on viendrait ici mais visiblement, tout le monde le connaît. On me regarde comme une bête spéciale dans la cage d’un zoo, normale, faut dire que c'est quand même bien le cas, mais je ne ressens aucune animosité. Cette favela ressemble en fait à beaucoup de rues de Salvador. C’est infiniment délabré, avec quelques personnes assises, la joue plongée dans la paume de la main, qui attendent que le temps passe. Il n'y a pas de grande joie dans tout ce que je vois, et malgré tous les dires que malgré la misère les gens de ces quartiers sont "heureux", j'ai beau écarquiller les yeux, je ne ressens rien de ce "bonheur".











Salvador de Bahia. La Baie de Tous les Saints.

 

Que répondre à Marco Polo qui ne cesse de me dire et de me démontrer, le sourire aux lèvres, que le Brésil est le pays le plus merveilleux du monde et que Salvador en est son joyau ? Je les envie quelque part d’être aussi fiers de leur pays, de leur ville, sans recul et sans critique aucune. De vivre avec le sourire en chantant" de toute façon ce sera toujours comme ça le Brésil !". Je ne leur souhaite pas d'être comme nous, ce n'est pas ce que je veux dire en disant ça, mais juste que plus de gens de ce pays possède naturellement et non "commercialement" dans les boutiques de touristes ce sourire et ce bonheur qu'on connaît des brésiliens des autres régions et villes du Brésil.

Marco Polo me dit que les touristes ne vont jamais dans ce genre d’endroits, et selon lui c’est un tord. Salvador, c’est pas seulement le Pelourinho me dit-il et les concerts, c’est aussi 75% ce qu’on vient de voir en quelques petites minutes à peine. Il en vient, et il m'en parle... Je retrouve les récits de ce que certains Brésiliens que nous connaissons en France, issus des mêmes milieux nous racontent.















Avenue de riches maisons de l'époque coloniale. Quatier du port des Yacht.
Salvador de Bahia.
 

Il me dit, comme pour les excuser : « tu comprends pourquoi il y a autant de voleurs ? »

Virginie : « non, je ne comprends pas. Penses-tu que ceux qui volent, volent pour manger ? ».

Marco Polo, sans vraiment répondre : « je suis bien d’accord avec toi, mais ici, les gens n’ont pas conscience qu’il faut aller à l’école, alors ils ne sont pas éduqués et ils volent sans scrupules. »

Et il me parle, comme l’ont fait Cidinha et Vanusa, du problème de la scolarisation au Brésil.

 

Nous longeons une avenue essentiellement habitée par des carrossiers qui vendent des pièces détachées de voiture. Une avenue à perte de vue, avec pour toute devanture, de la tôle empilée. Je crois comprendre qu’on peut trouver toute sorte de marchandise ici également…

Puis nous atteignons le point ultime de Salvador, un petit port de voiliers et de yachts. L’avenue est composée de grandes maisons anciennes, jadis construites par les Portugais.

 











Le port de plaisance. Salvador de Bahia.


Nous longeons le tour de la baie puis arrivons enfin à « l’Igreja do Bomfim », fameuse église do Bomfim célébrée dans une chanson de capoeira, mais qui doit surtout son succès à une fête ancestrale qui se déroule en janvier. C’est l’occasion de sortir sa robe blanche bahianaise à froufrous, son berimbau et son chaudron d’huile pour la cuisson des acarajés. Dés ma sortie du buggy, ici encore, des tas de mecs me sautent dessus avec des bracelets souvenirs à vendre. Je dis à Marco Polo que j’en ai déjà acheté et qu’il le leur dise. Je ne veux plus engager la conversation en portugais. En 2 mots, c’est chose faite et je reste tranquille pour visiter ce lieu.

 











Salvador de Bahia.


Nous longeons de nouveau la Baie de Tous les Saints avant de monter par une ladeira jusque la ville haute. Nous nous arrêtons dans le quartier du couvent do Carmo et des magnifiques rues aux maisons coloniales qui l’avoisinent. Dommage que samedi dernier ce musée que nous souhaitions visiter soit fermé.

 

Nous descendons vers le quartier du Pelourinho. Impossible de trouver une place pour se garer à l’entrée des rues piétonnes. Je pars seule, et je remonte les allées d’un pas ferme pour ne pas me laisser envahir par les vendeurs ambulants de bracelets et de colliers. Je croise un couple de français d’une soixantaine d’années dont le type commence sérieusement à s’énerver contre l’un d’eux. Impossible de savoir pour le quel des 2 j'ai le plus de peine. Mais c’est terrible de constater que rien ne les arrête ni ne les énerve en fait.  Pas même la conscience de l'autre.

 














Salvador de Bahia.


Mais comment leur interdire de vendre pour vivre si ce n’est qu’en interdisant tous ces petits boulots ? Ce serait sûrement une hécatombe. J’insiste sur un point : je crois vraiment que si nous n’étions venus qu’ici à Salvador, sans comparaison avec aucune autre ville et en étant frais et dispo, sans accumulation de fatigue, nous aurions pris cela un peu plus à la légère pendant tout notre séjour. A l’heure d’aujourd’hui, c’est impossible. Et puis, cela rassure tellement les consciences de se dire pendant quelques petites semaines de vacances : les Brésiliens de Salvador sourient, mêmes les pauvres des favelas, en fait tout le monde est heureux ici ! Quelle foutaise de croire que derrière un sourire se cache systématiquement le bonheur. 

Le plus beau des sourires peut cacher la plus grande des détresses. Si on proposait à tous ces sourires une vie plus décente ?
On nous répète sans cesse qu'on s'habitue à vivre  au milieu des favelas.  On peut aussi choisir de refuser de s'habituer. Ce refus signifiierai beaucoup de chose.
 

 
















Igreja do Bonfim. Salvador de Bahia.


Je file direct de l’autre côté du quartier du Pelourinho chez le disquaire où nous avions mis des CD de côtés. La fille, sympa, discute encore un peu avec moi de musique et des CD de chanteurs anciens qu'on avait choisi (qu’elle avait toujours de côté !), me souhaite plein de bonnes choses… Nous n’avons jamais acheté autant de CD de notre vie en une seule fois que dans ce pays. Et pourtant, ce sont presque les mêmes prix qu’en France (entre 33 et 45 R$, soit entre 12 et 20 euros), sauf quand vous les trouvez en copies. Essayons d’éviter…

 

















Cabine téléphonique. Marco Polo.


Je refais un petit tour en repensant au premier jour de notre arrivée épique dans ce quartier. Je me rends compte que Simon comme moi ni pensons déjà plus. Je me dis que nous avions tellement rêvé de Salvador, par les photos du Pelourinho, par les cours de capoeira, l’histoire de la région de Bahia et je regarde l’ensemble, là maintenant, sans émotions aucune. Il n’y a pas de vie « normale » ici. Je ne trouve pas ma place, ni d'un côté comme de l'autre des classes sociales. J’ai envie de rentrer chez moi. Dans notre petit chez nous de 30 m2 au fin fond du 20ème arrondissement de Paris, d’être au calme, dans la pluie ou le gel peu m’importe avec des gens qui font la gueule dans le métro mais qui ont cette possibilité, ce choix de la faire quand ils le veulent et où ils le veulent… Oui, on relativise beaucoup de choses et on se met à reconsidérer ce que jusque là on détestait dans notre vie. Il faut quand même savoir qu'à Salvador non plus les gens ne sont pas éclatant de sourire au volant de leur voiture ni dans les transports en commun !
Pourquoi est-ce qu'on voudrait cela à tout prix de toute façon?
 

 











Quartier du Musée d'Art Sacré et du couvent. Salvador de Bahia.


Nous finissons la balade en Buggy au Mercado Modelo. Comment imaginer un seul instant faire des emplettes dans un lieu où tout est entre 2 à 6 fois le tarifs de tout ce que nous avons acheté jusqu’à présent. Une fois de plus, je constate qu’il n’y a pas vraiment un artisanat local comparé aux autres régions du Brésil tellement riche en la matière. Il y a les mêmes articles qu’ailleurs avec écrit dessus : Salvador. On avait lu dans le guide qui nous reste que Salvador que la région était réputée pour sa vannerie, ses tissus etc… nous avons attendu d’être ici pour nos derniers achats et il n’y a rien du tout qui vaille le coup.





















Quartier du Musée d'Art Sacré et du couvent. Salvador de Bahia.


Les Mercado que nous avons visité à Belo Horizonte, Manaus, Belém, Recife sont bien plusincroyables et authentiques, avec tous les gens du coin qui y viennent également, avec une vie chaque fois incroyable qui se déroule là sous nos yeux. Aucun d’entre eux n’est un vaste supermarché prohibitif pour touriste en mal de cocotiers comme ici, où tout est une fois plus biens scindé. Jadis, le Mercado Modelo était le lieu où l’on vendait et entassait les esclaves dans les bas-fonds pour les noyer à la marée montante. Il ne reste rien de ces vestiges, aucun témoignage de ce passé.  Je fais un tour rapide dans ce lieu et me dit qu'il est temps que je rentre car je ne voit rien d'autre dans cette ville qu'une ville de "toc", même si je sais pertinament que ce n'est pas vrai.  Pas complètement disons. J'ai envie d'être dans le Pernambuco, en Amazonie, dans le Minas, n'importe où, mais pas ici en fait. Je m'ennuie. Tout est faux... Je ne peux m'empêcher de repenser à tous ces voyages que nous avons rencontrer lors de notre voyage et qui étaient déjà passé par Salvador de Bahia. La plupart avaient été fortement déçu. Nous avions rejeté leurs propos disant que notre attachement à l'histoire et à la culture de cette région nous offrirait une approche différente.

Je sors du Mercado Modelo et j’attends donc pendant une 1/2 heure Marco Polo devant la roda de capoeira qui se déroule en face du Mercado Modelo.












Quartier du Musée d'Art Sacré et du couvent. Salvador de Bahia. 
Buggy de Marco Polo.


Une poignée de mecs ultra musclés s’agitent en acrobaties de tout genre. Il n’y a pas de roda, pas de jeu, juste 2-3 musiciens et des mecs qui font des acrobaties chacun leur tour sans jouer véritablement. Ils sont surtout à l’affût du moindre spectateur afin de leur demander de l’argent, exactement comme partout dans Salvador. A peine arrivée, l’un d’eux, un petit mec d’une cinquantaine d’année, d’une arrogance étonnante, me tend l’envers de son pandeiro (tambourin), où traînent quelques pièces de monnaie et un CD. Sans un sourire, sans un mot, il me fait signe, à la limite de l’ordre, pour que je mette de l’argent. Cela m’irrite. Je fais « non » de la tête sans plus jamais montrer que je parle leur langue et continue de regarder la roda de capoeira comme si de rien n’était. J’essaie de l’ignorer mais c’est difficile. Le petit mec reste devant moi et son visage se mue alors en un masque de mépris terrible. Cela me démange de lui dire « eh bé il est beau ton art de la capoeira, mec ! ». Mais Marco Polo n’est pas encore là et j’ai peur de m’en manger une !
 

 











Quartier du Pelourinho. Bahiannaises à Salvador de Bahia.


Le mec part alors vers mes voisins et récidive. C’est un couple de Français.

La fille française : « pfff, ça y est ça recommence, viens on s’en va.

Le mec français : non, moi je reste, on regarde et c’est tout ! On n’est pas obligé de donner après tout… ».

Impossible d’ignorer le petit mec capoeiriste tant il est lourd par son air arrogant.

La fille : « je ne les supporte plus ces mecs là, je me tire. »

Le mec français tire alors des sous de sa poche…

La fille : « je ne veux plus que tu donnes un centime à qui que ce soit… ».












Salvador de Bahia.


Mais son mec ne met que 10 centavos dans le pandeiro (4 cents d’euro). Le capoeiriste fait la moue car c’est super peu bien sûr. Cela me fait de la peine, je trouve la situation oppresante au possible, que ce soit dans l'attitude du Français ou celle du Brésilien. Le sourire amusé du français, qui fait le double de la taille du capoeiriste et qui ne cache en rien le plaisir qu’il éprouve dans cette situation, crispe encore plus le petit mec. Mais ce dernier retourne vers la roda sans rien dire.

La situation est moche et stérile, autant d’un côté que de l’autre. Mais personnellement, ça me soulage que ce Français aie eu cette attitude. Le plus triste, c’est que ce capoeiriste s’estime forcément victime alors que son attitude est la cause de tout.

 











Quartier du Pelourinho. Salvador de Bahia.
Boutique d'instruments de musique pour capoeira.


C’est alors que 2 touristes brésiliennes, sans aucune discrétion, arrivent en s’exclamant des « ooohhh ! Ahhh !!! Waouuuuuu !!!! » et elles prennent et reprennent des photos de la roda. C’est foutu pour elles. Un autre capoeiriste et le petit mec arrogant leurs tombent aussitôt dessus, et ils leur disent que les photos sont interdites, qu’il faut payer pour chaque photo prise. Elles les ignorent et continuent. La guerre commence.

















Salvador de Bahia.
 

L’une d’elle dit : « je fais ce que je veux, ce n’est pas un show dans une salle ici ! ». Excédées, elles arrêtent et partent. Sans payer bien sûr. Mais les mecs les suivent jusque dans le mercado en râlant du plus fort qu’ils peuvent au sujet de cette "attitude scandaleurse". Les 2 brésiliennes finissent par céder et leur donnent une pièce, histoire que les 2 mecs les lâchent. Les 2 mecs reviennent vers la roda, fiers et heureux de leur victoire.  Même scène quelques sdecondes plus tard avec un type brésilien seul qui refuse de payer après quelques photos. mais cette fois, aucun des 2 capoeiristes ne le suit lorsqu'il part.  Etonnant. Allez comprendre...