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tour du bresil en direct !
carnet de voyage en 80 jours et ao vivo !

Suite à notre voyage, nous avons répertorié dans ce carnet toutes les recettes que nous avons récoltées, photos à l'appui pour la plus grande majorité d'entre elles.
Nous les classerons par région. Nous commençons une partie du Nordeste.
NOTE: il nous est impossible de répondre à la majorité des commentaires laissés car aucune adresse mail ne nous est laissé dans  le corps du commentaire. Merci d'y penser !

Nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans grâce à la capoeira. Nous avions tous deux un rêve : faire un grand voyage au Brésil. Aujourd'hui, notre histoire commune nous permet de réaliser ce souhait.

Nous faisons partager ce carnet de voyage en direct à nos familles, nos amis, aux amoureux du Brésil qui désirent, eux aussi, parcourir ses terres.
Nous mettons dans ce blog toutes les infos, contacts et prix pêchés depuis les préparatifs jusqu'au séjour sur place.

                                                                                                              

Notre départ remonte au 30 juin et notre retour au 14 septembre 2006.
 
Virginie & Simon


Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 23:50

Praia do Forte

Plages, projet Tamar pour la protection des tortues marines

 


Praia do Forte, état de Bahia.

 
Le samedi matin, Sue Elen et Fernando n’en finissent de nous dire au revoir, de nous embrasser, de nous photographier avec leur téléphone portable. Ils nous demandent si on n'a pas une petite bricole française à leur donner. Malheureusement,tout ce qu'on a est brésilien maintenant. Alors, on prend l'un des petits cadeaux qu'on avait rapporter pour Cidinha, notre future copine de Salvador : des torchons de cuisine avec une impression de croissants et de pains et écrit Boulanger. Sue Helen en pleurerait de joie. Elle n'en demandait pas tant ! Du coup, ils nous promettent que la prochaine fois qu'on revient ici, on ira dormir gratuitement chez eux !


















Praia do Forte. Etat de Bahia.


Fernando part dans la rue pour nous acheter des bracelet brésilien en souvenir.

« Ehhhhh Jude, don’t let me cryyyyyy… !!!!». Fernando voudrait chanter de nouveau les chansons du 1er soir et les gratter à la guitare mais l'heure tourne et nous devons prendre notre bus.



Praia do Forte.




1h30 pour aller de Porto de Galinhas à l’aéroport de Recife en bus. Des heures d’attente dans l’aéroport. 1h00 d’avion. 45 min pour aller de l’aéroport de Salvador à Praia de Forte, plage au nord de Salvador où nous allons séjourner 4 jours.


























Cours de cavaquinho. Commune de Praia do Forte.


Nous sommes véritablement exténués par tous ces transports. Porto de Galinhas et Praia do Forte sont 2 stations balnéaires sur la même côte. Nous pensions rejoindre Praia do Forte tranquillement en bus, mais aucune liaison n’existe. Il faut remonter à Recife à 80km, redescendre à Salvador pour remonter de nouveau sur la côte…






















Plage de Praia do Forte.









































"Fait chaud...".


La pousada dos Artistas est une merveille de tranquillité, de fraîcheur, de propreté. Un jardin tropical entoure un bassin japonais où coule en permanence une petite fontaine. Un hamac dans notre chambre donne directement sur ce havre de paix. Et le lit, huuum… un matelas de bonne qualité.



Simon "à fond".


La plage est bordée de cocotiers. Ici, pas de vendeurs ambulants, ça a l’air visiblement interdit ! Pas de paillote sur la sable non plus, juste du sable fin sous nos pieds, un paréo à poser et ensuite… s’allonger ! Il ne fait pas trop chaud, c’est parfait.



Pêche aux crabes.


Bars le long de la plage en week-end.

La marée basse découvre des bassins d’eau entourés de rochers. L’eau y est super chaude. Les familles avec leurs petits enfants y passent des heures sans jamais en sortir. Sans mentir, l’eau est aussi chaude que dans une bain !



Eglise de Praia do Forte.


Bateau sur la plage.
Praia do Forte.




Le séjour se déroule paisiblement. Le lundi nous visitons le Centre Tamar, centre écologique de recherche et de protection des tortues marines du Brésil en voie de disparition. Il y en a quelques unes dans des bassins. Elles mesures pour certaines jusqu’à 2 mètres de long et pèsent 700 kg ! Chaque année courant septembre, ellesviennent pondre des centaines de milliers d’œufs sur le sable.



Praia do Forte.




Nous dégustons une salade de langouste les pieds dans le sable à l’ombre d’un cocotier. Nous y donnons nos derniers deniers car le seul distributeur d’argent qui daigne accepter notre carte est en panne. Un peu flippant cette histoire… A Porto de Galinhas, la touche « 0 » l’unique distributeur ne fonctionnait pas. A Olinda, il était toujours vide… Ouf, un réparateur de distributeur de sous nous sauve la vie en quelques heures !



Praia do Forte.


En se baladant un matin, le sons des cavaquinhos nous attirent (petites guitares brésiliennes). Nous entrons dans un local de la commune où plusieurs salles de cours d’enseignement artistiques se succèdent. Dans l’une d’elle, un cours pour des ados est donné par un prof. C’est un régal d’assister à cette leçon ! Les élèves sont contents d’être regardé, le prof aussi.

 
Pousada Artistas à Praia do Forte. Jardin tropical.



Dans ce même local, on demande à une dame assise à un bureau si il y a des cours de capoeira. Oui, nous dit-elle, un élève est justement ici. On parle à l’élève d’une petite trentaine d’année, musclé jusqu’aux dents, qui donne des cours aux enfants lui aussi. Il est froid, distant. Répond à peine. Pas très enthousiasmant. « Venez ce soir à 19h00, vous verrez bien si le pro
f vous accepte». Le soir à 19h00, la porte du local est fermée. Tant pis.


Praia do Forte.


Praia do Forte à marée basse.


On se fait une balade, un resto. Les gens dansent dans la rue ici aussi. En revenant vers la pousada, finalement, on entend le son des berimbaus et on aperçoit quelques élèves qui discutent sur le trottoir. Mais ni l’un ni l’autre on a envie d’y aller ne serait que pour jeter un coup d’oeil.


Praia do Forte en hiver.

On va s’asseoir tranquillement en amoureux sur la petite place de l’église illuminée comme dans une crèche de Noël, au bord de la plage. Une douce brise souffle dans les palmes des cocotiers.


Tortue marine du Centre Tamar.  Plus d'un mètre de long.


Nous passons des heures allongés sur le sable, ou les pieds dans l’eau autour des petits rochers parsemés d’algues miniatures à observer les petits poissons bleus qui viennent vous voir pour repartent apeurés une fois qu’ils ont vu votre tête !



1,50 m de long, plusieurs centaines de kilos.


Tortue marine du Centre Tamar.
Praia do Forte.

Le mardi soir, nous prenons un bus direction la rodovaria de Salvador.
Cidinha, une super copine de notre prof de portugais nous attend en voiture. Quelle bonheur d’être accueilli par un être humain et non par un bus de plus à reprendre !


Poissons bleus dans les bassins à marée basse.




Nous discutons beaucoup avec Cidinha de notre voyage, des villes que nous avons aimé, des voyages qu’elle a elle-même effectué.



Jardin de la pousada des Artistes.




Demain est un grand jour, c’est l’anniversaire de Simon. Nous devons aller à l’auberge de jeunesse du quartier où nous allons habiter pour rencontrer un Brésilien avec qui nous avions sympathisé à Porto de Galinhas.





Soirée à Praia do Forte.


Nous avons prévu de fêter l’événement tous ensemble mercredi soir dans un resto régional !


Plage de Praia do Forte.
Par Virginie et Simon - Publié dans : Praia do forte
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 21:56

Porto de Galinhas

Plongée sous-marine, soirée folklorique dans les rues


Porto de Galinhas au coucher de la pluie d'hiver.

 

Le matin Fernando est de nouveau là et nous reparle du cours de plongée. Sans que l’on soit au courant, il a tout organisé avec une autre compagnie. On lui glisse gentiment 2 mots de son organisation de la veille avec le buggy, mais comme tout les autres, dés qu’il se sent pris en faute, il trouve une réponse bidon et rigolote et change de conversation. Il veut absolument accompagner Simon à son cours pour voir les prix etc… On se cache dans la chambre, on attend de ne plus entendre de bruit dans le couloir pour sortir en cachette afin de l’éviter. Et puis lorsque j’ouvre la porte, Fernando est justement à l’autre bout du couloir en train de nous ouvrir de grands bras : « mes amiiiis !!!!!! ». Il reste malgré tout très drôle et attendrissant. C’en est presque comique ! On est mort de rire...


Plage de Porto de Galinhas.

Le jour, le prof de capoeira "Winner" peint au doigt sur des faiences afin de gagner sa vie.


 

Il accompagne donc Simon, puis, devant l’entrée du centre, dit que c’était juste pour voir où c’était. Il le laisse et part.
Simon raconte sa plongée sous-marine…


Baptême de plongée de Simon.

Arrivé au magasin, j’aperçois un jeune homme en train de préparer des bouteilles d’oxygène. Ce sera mon « accompagnateur » durant toute la durée de la plongée. Il embarque le matériel sur son dos pour l’amener à la jangada et me dit "à tout à l’heure".

Dans le magasin, un autre jeune homme m’explique comment va se dérouler la plongée. Nous allons partir en jangada vers une piscine naturelle assez profonde, entre 2 et 12 mètres selon les endroits. La plongée dure 45 minutes au maximum, mais je peux décider d’arrêter avant. La descente se fera petit à petit, d’abord à 2 mètres pendant quelques minutes pour s’habituer, puis progressivement, vers l’endroit le plus profond du bassin de la mer. Un instructeur sera avec moi et me tiendra en permanence, à la fois pour des raisons de sécurité, et pour me rassurer. A tout moment, je peux décider d’arrêter ou de remonter un peu. Tout ça me semble très sérieux et rassurant. Je choisis un masque et des palmes à ma taille, et c’est parti !


Plongée à Porto de Galinhas.


Une fois sur le bateau, l’instructeur me harnache avec les bouteilles, une ceinture qui pèse une tonne, le masque et les palmes… pas très confortable tout ça ! Heureusement, une fois dans l’eau, je ne sens plus aucun poids. Je reste quelques instants accroché au bateau, la tête dans l’eau, pour m’habituer à respirer avec les bouteilles. Si je me lâche, je sens que je coule. C’est très impressionnant. Une fois la bouche reliée à l'oxygène, j’ai l’impression de ne pas avoir assez d’air, et je suis obligé de prendre des grandes inspirations pour ne pas étouffer. On s’y habitue vite, mais ça fait bizarre. Après quelques minutes, je fais signe à l’instructeur que tout va bien. Une petite photo souvenir de moi déguisé en commandant Cousteau et il me rejoint dans l’eau pour commencer la plongée.


Plongée à Porto de Galinhas.

 

Et là, je comprend pourquoi, dans toutes les piscines de France et de Navarre, on voit souvent des cours de plongée, avec de pauvres élèves qui font des longueurs et des longueurs munis de leurs palmes et de leurs bouteilles. C’est impossible de nager correctement avec ces trucs là !! L’équilibre dans l’eau est très dur à trouver. Je n’arrive pas à avancer droit, je chavire sur les côtés, à certains moments, je remonte ou je descend tout seul sans comprendre pourquoi… pas facile ! Heureusement que mon instructeur me tient toujours par les bouteilles. En fait, c’est lui qui fait tout le travail, moi je fais semblant de bouger les jambes pour dire de participer, mais j’ai pas l’impression que ça serve à grand-chose.


Plongée à Porto de Galinhas.

Mais tout ça est bien vite oublié devant le spectacle qui s’offre à moi. Le long du récif, des centaines de petits poissons de toutes les couleurs gambadent tranquillement, jouent à cache-cache dans les coraux ou viennent nous dire bonjour. Des jaunes, des rouges, des allongés, des tous ronds, il y en a pour tous les goûts. J’essaye de prendre quelques photos avec mon appareil jetable, mais c’est tellement dur de trouver l’équilibre que je finis par donner l’appareil à mon instructeur, en lui montrant les poissons que je trouve jolis. Il me montre un banc d’agulho, ces petits poissons qu’on avait mangé frits, qui passe au-dessus de nous. Avec les rayons de soleil qui filtrent à travers l’eau, c’est magnifique. En-dehors du récif, par contre, c’est le calme plat. Tous les poissons semblent « habiter » dans les coraux et ne pas vouloir en sortir !


Plongée à Porto de Galinhas.

Étonnamment, la profondeur n’est pas impressionnante. Je ne me rends pas du tout compte de la distance qui nous sépare de la surface, et je n’ai aucune idée de la profondeur à laquelle nous sommes. A certains moments, je remarque qu’il fait un peut-être un peu plus sombre, mais je ne sais pas si c’est dû à un nuage qui passe ou à la profondeur. De la même façon, c’est très difficile de savoir ou regarder dans l’eau. Il faut penser à regarder partout, au-dessus, au-dessous, sur tous les côtés, ça n’est pas du tout naturel.
Les 45 minutes sous l’eau passent en un clin d’œil. J’ai l’impression d’être à peine rentrée qu’il faut déjà ressortir. Seul le froid, que je commence à sentir sérieusement dans les pieds et les mains, me rappelle qui est l’heure de remonter.


Plongée à Porto de Galinhas.

Sur le bateau, l’instructeur me dit que, malheureusement, le temps est un peu couvert, et qu’il y a moins de poissons que d’habitude lorsque le ciel est nuageux. Moi, je trouve que j’en ai déjà vu beaucoup ! Il m’explique également que, si j’ai le temps, je peux passer un premier niveau de plongée. Pendant quatre jours, des cours théoriques et pratiques sont organisés par le centre de plongée, pour apprendre les règles de sécurité, le fonctionnement et l’utilisation du matériel… Malheureusement, on part demain, ça sera pour la prochaine fois ! Dommage, car je suis absolument enchanté.


Plongée à Porto de Galinhas.


De retour à la pousada, un énorme coup de barre m’assomme. J’ai l’impression d’avoir bu cinq caïpirinha, je me sens bizarre et surtout, je suis mort de fatigue. Peut-être le contre-coup de la pression dans l’eau, ou bien le fait de respirer avec des bouteilles. Toujours est-il que je sombre dans un profond sommeil en moins de temps qu’il ne faut pour le dire !

Une fois que Simon a fini sa sieste de 2 heures, l’après-midi se déroule comme la veille. En un peu plus pluvieux et gris. Malgré tout, on reste sous le parasol.
Le soir, Porto de Galinhas s’emplit brusquement des touristes brésiliens du week-end en provenance de Recife. On sort les paillettes et les tongs à aiguilles, le paréo de vamp du soir, les bermudas moulants. Beaucoup plus de bars que d’habitude sont restés ouverts.


Percussionniste d'une parade folklorique.


"Majorettes" de laparade de Porto de Galinhas.

Des danses folkloriques du Pernambuco remplissent la rue piétonne, des groupes de musiques locaux, des percussionnistes de musiques traditionnelles, et notamment le maracatù rural dansé par de vieux monsieurs portants des costumes d’au moins 1 tonne ! C’est impressionnant.


Costumedu Maracatù rural du Pernambuco.


Tout ce petit monde est bien joyeux. Les serveuses des bars dansent le forrò entre elles, les gamins de la capoeira aussi d’ailleurs ! Ils dansent spontanément la samba en faisant les guignols entre eux et rient de bon cœur ! C’est le premier lieu où l’on voit fréquemment les gens s’amuser le soir dans la rue.

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Maracatù rural du Pernambuco.



Aujourd’hui, un autre groupe de capoeira a fait son entrée sur l’esplanade. C’est un autre prof du groupe "Pixote" qui accompagne à lui tout seul une trentaine de tout petits enfants entre 3 et 8 ans.


Groupe de capoeira d'enfants "Pixote" (les "gamins" ou
les "tiots" comme on dit dans le Nord !).


L’ambiance est impressionnante. Le prof d’une douceur et d’une gentillesse exemplaire. Lorsque la démonstration devant les parents, les familles, les gens du village est terminée, il les aligne tous les 30 et les fait se tenir par la main. Et c’est ainsi que 30 Petits Poucets tout vêtus de blanc traversent la rue piétonne afin de rentrer chez eux.



Petite samba improvisée !

Dans une rue perpendiculaire, on retrouve notre groupe de capoeira quotidien. Aujourd’hui, l’un des ados a repéré qu’on venait les voir tous les soirs. C’est lui qui est venu nous chercher dans l’allée principale pour nous dire que la roda allait se dérouler juste à côté mais pas dans le flot des danses folkloriques diverses et variées présentées par la commune.


Roda de capoeira. Porto de Galinhas.

Lorsqu’on arrive, il parle au prof qui vient alors se présenter et nous remercier tout simplement de notre présence. Comme les autres jours, les acrobaties attirent immédiatement la foule, puis un vrai jeu cette fois démarre tout en douceur. Les gens continuent de s’agglutiner autour de la roda et semblent finalement bien plus fascinés par ce jeu au ralenti qu’est l’Angola.


Roda de capoeira. Porto de Galinhas.

Puis le prof montre quel type d’exercice il pratique avec ses élèves afin que ces derniers ressentent mieux le rythme des instruments. Il s’empare de son pandeiro (tambourin) et joue divers rythmes, du lent au rapide, en faisant danser ses élèves un à un. On se croirait dans un dessin animé. Les élèves dansent parfois la samba, mais miment aussi des mouvements venus de nulle part parfois d’une lenteur invraisemblable, ce qui fait penser à un film au ralenti. Tout le monde ri. Les gamins, obèses ou maigres, se dandinent sans complexe avec allégresse et joie !


 


Roda de capoeira. Porto de Galinhas.

Puis on en revient aux exercices d’acrobaties dont la durée est bien plus importante que la durée de jeu dans la roda… malheureusement. Peu à peu, les gens partent. Beh oui… à force, c’est quand même toujours la même chose. Pour ceux qui ne le savent pas, la capoeira, ce n’est pas une succession d’acrobaties dansées mais un jeu d’attaques et d’esquives au rythme d’une batteria.


Roda de capoeira.
Porto de Galinhas.

Certaines acrobaties utiles au jeu peuvent s’y insérer. Mais elles deviennent trop souvent exclusivement le centre d’intérêt des joueurs et très vite le jeu disparaît. Le public lui-même se laisse emporter par ces impressionnantes démonstrations, et tout le monde pense alors que c’est ça la capoiera. Et bien non. Ce n’est pas ça. C’est beaucoup d’autres choses.


Elève jouant du berimbau. Porto de Galinhas.


Le Prof, Winner ( « gagneur » en anglais !!!) explique le but de son asso, ses projets, parlent des gamins du groupe, des problèmes de drogues pour les gens pauvres et de la conduite sociale qu’il essaie de leur inculquer à tous. Visiblement cela marche plutôt bien. On se dit alors, que, quelque soit le jeu que ce prof pratique, son attitude positive et visiblement constructive, il offre une ligne de conduite pleine d’espoir pour ces ados qui n’ont, pour seules références, que la misère dans laquelle ils sont nés.


Roda de capoeira. Porto de Galinhas.


On discute encore un peu avec lui après la fin du « spectacle » comme ils disent ici.
Puis on effectue une dernière balade en s’essayant pour la crêpe locale. De la pâte à crêpe coulée dans un moule à gaufre dans laquelle on mélange des petits morceaux de bananes à la cannelle. On y plante un grand bâton à glace et hop ! On déguste sans modération. C’est différent de chez nous, c’est très bon. Cela ressemble à une gaufrette du coup.


Roda de capoeira. Porto de Galinhas.

On rentre faire nos bagages pour le lendemain. On prend l’avion pour Salvador. Puis, direction Praia do Forte. On en a marre de faire nos bagages, de les défaire… il est temps d’arriver à Salvador pour finir tranquillement notre séjour.



Atabaque (percussion) d'une roda de capoeira. Porto de Galinhas.


Sue Helen, Simon et Fernando de Porto de Galinhas.

 

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : porto de galinhas
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Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 21:55

 

Porto de Galinhas

Balade en buggy à Porto de Galinhas, plages, capoeira

 

Plage de Morro Alto.

 

Notre chauffeur arrive avec une heure de retard. C’est soit disant Fernando qui s’est gouré dans l’heure. De plus, il n’ a jamais été question d’une troisième personne. On renégocie donc le prix à la baisse et on s’en sort finalement plutôt bien. Dommage que Fernando soit de congé aujourd’hui. On lui aurait bien glissé deux mots. 

 

Les coques de noix de coco servent à stabiliser la terre des chemins.


On part donc dans une grisaille toute relative (le buggy ne nous porte jamais chance !), le long des plages du nord de la baie de Porto de Galinhas. Une succession de Resort de luxe s’enchaînent les uns après les autres dans de jolies palmeraies. Il y a même un Resort qui propose des bungalows avec des piscines individuelles !

 

Les vagues cognent contre le récif.

Nous nous arrêtons sur quelques plages de sable fin complètement déserte. Malheureusement, lui aussi nous emmène dans les paillotes où il y a tout le monde. Mais en réalité, c’est ce qu’aiment la plupart des Brésiliens. La foule.

 
Porto de Galinhas.


Pour la suite, on lui demande systématiquement de passer son chemin quand il y a du monde, et de s’arrêter quand il n’y a presque personne.

 
Porto de Galinhas. Le port des poules.

C’est ainsi que sur les plages du sud de Porto de Galinhas, nous découvrons des écoles de surfs, des élèves sur les plages prenant des cours individualisés avec extensions, étirements savants des cuisses, diverses prises d’équilibres accroupi…

 

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Un des chemins qui mènent á la plage de surf.


Quelques jolies maisons et bars longent les plages. L’endroit est bien agréable.

 

Porto de Galinhas. Surf.


Porto de Galinhas. Surf-volant !

Nous nous rendons jusqu’à une embarcation de jangadas qui nous permet non seulement d’aller voir la faune et la flore locale.

 

En route avec deux autres coupes de brésiliens, dont un couple du Minas Gerais absolument adorables et d’un drôle !

 
Porto de Galinhas. Echauffement de surf.

Nous naviguons jusque dans des eaux noires de la rivière. Le jangadeiro ne possède malheureusement qu’un masque et un tuba pour plonger et nous rapporter sa pêche : des hippocampes ! Il en ramène plusieurs, les met provisoirement dans un bocal pour que nous les voyons de plus près.C’est chouette, mais c’est pas comme si nous les avions vu en plongeant par nous même quand même… Les hippocampes se déplacent très lentement en s’enroulant et se déroulant sur eux-mêmes. La tête à l’envers comme la tête à l’endroit.


Hippocampes photographiés dans les mangroves

puis aussitôt remis dans l'eau.

 

Le jangadeiro retourne les mettre dans l’eau, au beau milieu du fleuve.

 

Simon et Virginie sur la jangada qui les mènent dans les mangroves.


Nous continuons notre petite balade dans les mangroves couvertes d’huîtres ! Les racines des arbres sont ici toutes rouges, contrairement à Sao Luis où elles étaient blanches grises.

 
Mangroves rouges.

Nous revenons par une autre partie de la rivière là où le sable mouillé regorge de crabes de toutes les tailles et de toutes couleurs. Cela va du crabe minuscule tout gris sombre, au crabe à une pince jusqu’au gros crabe aux pinces bleues.


Crabe bleu nommé Siri.


Crabe minuscule à une seule pince.


Nous finissons la balade et revenons vers notre buggy. Nous longeons de nouveau les plages de surf.

 
Porto de Galinhas.

Avant de repartir pour la plage, nous nous rendons nous mêmes au centre de plongée sous-marine afin de réserver un baptême pour Simon. On voit lematériel, les mecs ont l’air sérieux et explique en détail le déroulement de la prestation. 45min de théorie environ pour 45 min de plongée jusqu’à 12 mètres. Je ne me sens pas de sauter le pas. J’en avais super envie jusqu’ici, mais une fois face à la situation, quelque chose en moi refuse d’y aller. Mais c’est pas grave, il y aura une prochaine où je le sentirai mieux. Simon, par contre, en a super envie et est ravi de prendre rendez-vous le lendemain matin.

 

Fabricant et vendeur de jangada et galère en jouets. Bois tropicaux.


Fin d'aprés-midi sur la plage de Porto de Galinhas.


L’après-midi se déroule tranquillement dans un transat sur la plage. Nous alternons nos activités de fainéants avec quelques parties de raquette qui ont pour mérite de bien  faire rire les passants et les estivants.

 
Porto de Galinhas.

Puis, à la tombée du jour, quelques gamins capoeiristes de la veille se rejoignent non loin de nous pour s’entraîner à quelques acrobaties.


Entraînement de capoeiristes sur la plage.


Un type étranger visiblement acrobate sans être capoeiriste les rejoint juste pour s’amuser à quelques sauts périlleux. Sa prestation impressionnante (surtout vue son âge) coupe visiblement l’envie des gamins de poursuivre leur exhibition. Le type, le pauvre, coupé dans son enthousiasme, semble un peu déçu.


 Porto de Galinhas.

 Capoeira acrobatique sur la plage.

 

 

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : porto de galinhas
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Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /2006 21:53

Porto de Galinhas

 Balade à Porto de Galinhas



Porto de Galinhas.


Le lendemain se déroule à peu près de la même façon. Balade sur la plage avec esquives des vendeurs ambulants super glue. On endosse une tentative d’arnaque au sujet d’un parasol et de chaises longues. Normalement, ici, on ne loue pas, on consomme une boisson au minimum et on peut rester assis le temps qu’on veut. Ce qui était le cas la veille par exemple. Mais ici, le mec omet de nous dire que l’on est obligé de consommer un plat de poisson, un vrai epas en fait. Il veut donc nous faire donc payer l’emplacement au prix d’un repas exorbitant. On refuse, on lui dit qu’on ne paiera que les boissons réellement consommées. Il dit que c’est pas de sa faute, il se plaint, veut nous faire un prix. Cette mentalité dans la région nous sort par les trous de nez. On lui demande pourquoi il n’a pas dit la vérité avant qu’on s’assoit ? Il nous répond sans cesse qu’il va se faire enguirlander par son patron qu’on pourrait le comprendre. Et bien non. On ne paiera pas. Qu’il assume.

Pêcheur dans un lagon de Porto de Galinhas



 

On lui donne ce qu’on lui doit et on part. Le mec n’est pas content, nous non plus.
Sans vouloir faire de généralités hâtives, plus on descend vers Salvador, plus la gente masculine nous pèse. Ils mentent beaucoup, nous prennent trop souvent pour des pigeons. Ils n’ont visiblement pas l’habitude qu’un touriste par le leur langue et cela semble les agacés au lieu de leur faire plaisir. Ils ne peuvent pas jouer leurs petits jeux habituels jusqu’au bout. Plus ça va,plus on a envie de quitter le pays à cause de ça. Du « harcèlement » touristique.Ils ne sont jamais méchants, mais invivables.

 

La mer derrière le récif de Porto de Galinhas.

 

Même Alberto et Fernando de la pousada ne nous lâchent pas. Une vraie rivalité s’est sûrement installée depuis longtemps entre eux. Alberto est insuportable. On l’évite du mieux qu’on peut. Il draguerait un mur si ça pouvait lui rapporter 10 balles. Il ne cesse de nous parler de ses pousadas et futurs magasins qu’il va acheter...



Porto de Galinhas.

Dés qu’on est à la pousada, Fernando a beau parler de tout et rien et être sympa, on sait qu’il y a un intérêt : nous vendre ses excursions et prendre une commission au passage. C’est normal, mais après plusieurs semaines de voyages, c’est fatigant d’être considéré tout le temps comme une poche à frics.
Les femmes ne sont pas du tout comme ça. Elles sont chaleureuses et généreuses, elles n’ont pas cette obsession de l’argent et respectent beaucoup plus notre intimité de vacanciers. On sent qu’elles sont souvent elles aussi, à la merci de ces mecs beaucoup trop envahissants qui se la jouent tous « on est pote, hein ! ».


Porto de Galinhas.

 

 

Aujourd’hui, nous avons malgré tout cédé pour une nouvelle balade en voiture dans la baie de Porto de Galinhas et ses environs. C’est Fernando qui nous organise la balade. Il veut aussi nous organiser une plongée sous-marine, on veut tout organiser nous mêmes mais c’est impossible. Le soir, il nous présente le buggheiro qu’on aura le lendemain et nous dit qu’il y a un autre touriste brésilien de la pousada qui fera l’excursion avec nous pour que cela coûte moins cher.
Tout cela se fait dans la bonne humeur, et finalement, on se laisse tenter une fois de plus car la balade de Noronha était bien agréable.



Surf au cerf-volant

 


La journée du mercredi se passe malgré tout de manière agréable. Les plages ici sont magnifiques. On s’achète de belles raquettes pour jouer sur le sable, non loin des surfers. On retourne à notre paillote parasol de la veille où là les mecs par contre sont gentils et discrets. On regarde tranquillement la vie quotidienne qui se déroule sous nos yeux.


Porto de Galinhas.

 

On essuie une pluie tropicale d’hiver en fin de journée. Cela n'arrête pas la petite vie qui se dééroule à Porto de Galinhas.



"On va trouver un lieu plus tranquille pour jouer aux raquettes".

 

"Chaud mes lunettes de soleil, chauuud!!!"


"Chaud mes chapeaux, chaud !!!"


"Chaud les poissons frais, chaud !!!"

 

Poule de Porto de Galinhas taillée dans un tronc de cocotier.


Rue principale de Porto de Galinhas, petite station balnéaire populaire.

 

Le soir, nouvelle balade sur l’esplanade. Une troupe de Maracatù, cet ensemble de musique et de danse typique du carnaval du Pernambuco, travrese l'allée piétonne et emmène dans son sillon la poignée de promeneurs que nous sommes ce soir.


Porto de Galinhas.
Le groupe de capoeira est toujours là. Enchaînement d’acrobaties sans véritables jeux. Bon, c’est un spectacle prompt à attirer l’attention du public et pour cause. Le jeune prof, bien machos comme il faut lui aussi, à ne ridiculiser exclusivement que les filles du groupe, explique qu’il s’occupe d’une association d’enfants sans argent. Il vend des Cds copiés à un prix dérisoire, histoire de récolter un peu d’argent pour le fonctionnement de cette asso. En regardant les gamins, on voit bien qu’il n’en rajoute pas. On fait un geste envers l’asso. Ce groupe de capoeira est la plus agréable distraction nocturne de Porto de Galinhas. Les gamins et ados de ce groupe sont rigolos comme tout. Ils adorent nous montrer ce qu’ils savent faire.


Défilé de Maracatù


Le couronnement du roi lors de la parade du Maracatù


 

Dés que la roda de capoeira s’achève, les gamins retournent à leurs activités professionnelles : la confection de fleurs en feuille de palmier qu’ils vendent aux terrasses des cafés ou sur la plage l’après-midi.

A Porto de Galinhas, il ne semble pas y avoir de délinquance.

 

Capoeira sur l'esplanade de Porto de Galinhas.

 

 

 

 

 

 

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : porto de galinhas
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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 21:51


Porto de Galinhas

Jangada, piscine naturelle et anniversaire Virginie

 

Porto de Galinhas.

 

Aujourd’hui 22 août, c’est l’anniversaire de Virginie. Une semaine avant moi, elle peut enfin profiter de ce moment tant attendu : fêter son anniversaire au Brésil. Ce jour est le sien, c’est elle qui décide de notre programme pour aujourd’hui. Et son programme me convient parfaitement ! Bronzette et détente toute la journée sur la plage ! Voilà une vraie journée de vacances… pour la énième fois.

 

Jangadeiro. Porto de Galinhas.

 

Balade à pieds dans les lagons de Porto de Galinhas.

 

Jangadas autour d'une piscine naturelle á Porto de Galinhas.

 

On décide quand même de faire une petite excursion le matin, histoire de justifier notre sieste de l’après-midi ! L’intérêt principal de Porto de Galinhas, c’est le magnifique lagon formé par le récif, et les piscines naturelles qui se forment au milieu des rochers, à marée basse. On peut facilement y accéder à pied, mais des jangadas, petits bateaux typiques du nordeste, avec leur voile triangulaire, proposent de nous y emmener. Une petite balade en barque, ça ne se refuse pas !

 

"Toi tu fais le requin et moi je fais le capitaine

qui regarde au loin, tá bom?"

 

Arrivés au niveau du récif, notre « jangadeiro » (c’est le nom de ceux qui naviguent sur des jangadas) nous débarque sur les rochers et nous emmène voir une première piscine. Sous nos yeux émerveillés, nous découvrons des centaines de petits poissons. Notre jangadeiro a pensé à tout, il a emporté avec lui de la nourriture pour poissons. On plonge notre main remplie de petites boulettes dans l’eau, et immédiatement, tous les poissons viennent vers nous pour manger dans notre main. On sent même leurs petites dents nous mordiller pour essayer d’avoir leur part du festin ! C’est super amusant.

 

 

"Petits petits petits !!!".

 

On se dirige ensuite vers une seconde piscine turquoise, dans laquelle il est possible de se baigner. Là encore, des centaines de poissons vivent tranquillement dans ce petit bassin et repartent dans la mer une fois la marée haute.  Ici, on peut nager avec eux ! Pas d’hésitation, on saute dans la piscine. Une fois de plus, le jangadeiro a tout prévu, il a deux masques et deux tubas avec lui pour nous permettre de plonger. On passe presque une demi-heure dans ce petit bassin, entourés de poissons gris rayés jaunes, pas du tout effrayés, qui nous tournent autour. Ils viennent nous dire bonjour, regardent si on a pas une petite boulette à leur donner à manger, puis repartent en dandinant leur derrière.

 

Simon et Virginie nagent parmis les poissons.

"Bom dia, tudo bem ???"

"Hep rapazes ! Visez le gros là sur la droite !!!"

 

Le spectacle est étonnant ! D’autant plus étonnant, comme dans la première piscine, une seule espèce de poisson peuple ce bassin. Ils étaient tous noir dans le premier, ils sont gris et jaunes dans le second. On se demande pourquoi, d’autant plus que, deux fois par jour, l’océan recouvre ces piscines, et emmène ou ramène avec lui des tas d’autres espèces de poissons et d’animaux marins.

 

"Miam... sglurp !!!".

 

 Seul point noir de ce petit plongeon, il est déjà presque dix heures, et des tas de touristes sont passés avant nous. L’eau commence donc à être trouble à cause des crèmes solaires et il est difficile de plonger pour observer les poissons directement dans l’eau. On comprend soudain l’intérêt d’instaurer des « quotas » de plongeurs par jour, comme à Noronha. Heureusement, dans quelques heures, la marée sera haute et l’océan viendra recouvrir ces piscines, nettoyant l’eau au passage.

 

Anémones de mer.

 

On retourne doucement vers notre jangada, en observant au passage toute la faune qui se développe sur le récif. Des centaines d’oursins peuplent les moindres petits trous dans les rochers. Des anémones, des algues d’un vert vif ou roses prolifèrent le long du récif.

 

Simon et Virginie sur leur jangada.

 

De retour sur la terre ferme, on décide de retourner au petit parasol qui nous avait abrités la veille. A peine arrivés, on s’étale dans le transat, une aguà de coco dans la main. Virginie entame une longue sieste réparatrice, pendant que j’observe le va et vient incessant des vendeurs. Le ciel est toujours bleu, une petite brise atlantiquienne nous rafraîchit juste ce qu’il faut… l’hiver sous les tropiques, c’est plus agréable que chez nous !

 

 

Aguá de coco quotidienne.

 

Le bar qui installe nos parasols fait aussi resto le midi. Au menu, uniquement des poissons et des crevettes grillées, fraîchement pêchés, qu’on nous amène tout frais sur un plateau pour qu’on les choisisse. On opte pour une sorte de petit espadon miniature, pas plus grand qu’une sardine, appelé « agulho ». Délicieux.



Quel poisson aujourd'hui?.

L’après-midi s’écoule aussi tranquillement que la matinée, entre sieste et baignade. On se dit que la seule chose qu’il nous manque, ce sont des raquettes de plage, histoire de faire un peu d’activité entre deux siestes. Il va falloir trouver le courage d’aller chercher ça dans un magasin, la vie est dure !

 
Porto de Galinhas.


Bassin à marée basse avec des poissons qui attendent le retour de la mer.

Cette longue après-midi de farniente est l’occasion d’une nouvelle réflexion sur le Brésil. On est très étonné de la quantité de bière que les brésiliens ingurgitent quotidiennement dés 9h00 du matin ! Ce n’est pas la première fois qu’on le remarque. Quelque soit le lieu, l’heure, dès qu’on s’assoit à une table de café, de resto, les brésiliens qui nous entourent ont toujours au minimum un litre de bière sur leur table. Les Français ont la réputation d’avoir la bouteille facile… honnêtement, à côté de brésiliens (et brésiliennes), on est des rigolos !



 Porto de Galinhas.

 

Le soir, on décide de faire un petit repas d’anniversaire dans un resto conseillé par nos guides. On commande un des plats les plus célèbres et les plus populaires de la cuisine du nordeste : la moqueca, un ragoût de poisson et de fruits de mer cuits dans du lait de coco et de l’huile de palme (qu’on appelle ici le « dendê »). La nôtre sera préparée avec des fruits de mer locaux : langouste, crevettes, moules, poulpe et poisson. Un délice à consommer sans modération !

 
Roda de Capoeira. Porto de Galinhas.

Dommage qu’il fasse froid sur la terrasse ce soir. On est certainement descendu en-dessous des 25° une fois la nuit tombée depuis que l’on est dans la région. Plus on descend géographiquement, plus il fait « froid » ! 25°, vous vous rendez compte ? Grrr…

 
Roda de Capoeira. Porto de Galinhas.

On est carrément obligé d’enfiler une chemise en coton à manches longues ce soir !!! Pfff… c’est pas tous les jours faciles. Pas grave… on se réchauffe avec un cocktail de cachaça et de jus de fruits fraîchement pressés. Mais comment va-t’on survivre à l’absence de tous ces fruits exotiques à notre retour en France ? On y songe sérieusement.

 

 

Capoeiristes débutantes sur l'esplanade de Porto de Galinhas.

 

Allez, joyeux anniversaire tropical ! On trinque !!!

 

"Coquetel" de fruits exotiques et de cachaça.

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : porto de galinhas
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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 21:44


Olinda, Porto de Galinhas
Découverte de Porto de Galinhas

 

Jangada sur la plage de Porto de Galinhas.

 

Le dimanche matin, nous préparons nos sacs de voyages et surtout nous essayons de voir comment on va transporter tout ce qu’on a encore acheté ! On n’arrête pas de dire qu’une nouvelle valise s’impose, mais on ne prend jamais la peine d’en acheter une. On a un sac à dos derrière, un petit devant plus un sac en plastique dans chaque main chacun. On a encore les dents pour la prochaine étape !  On découvre que les tongs de Simon ont disparu de devant la porte de notre chambre. Hic... dommage.

 

Plage de Porto de Galinhas.

 

La matinée s’écoule doucement dans la piscine, puis autour de la table du déjeuner dans le jardin où nous rencontrons un nouvel arrivant, Homère, qui vient d’Israël, histoire de « voir et de vivre des choses positives et gaies », comme il nous dit.  Il est allé à Belém lui aussi, mais n’a pas tellement apprécié, comme beaucoup de gens bizarrement. Pourtant, Homère tient absolument à y retourner avant de rentrer chez lui : il l’a promis à une Brésilienne, dit-il les yeux brillants !

 

Simon et Homère dans la cuisine en plein air de l'auberge de jeunesse d'Olinda.

 

En route vers la gare routière de Recife. Sur le chemin, le chauffeur de taxi essaie de nous faire croire qu’il y a 3 heures d’attente pour le bus que nous devons prendre jusque Porto de Galinhas et il nous propose de nous y emmener pour un prix assez conséquent, on va dire. Naturellement, on sait bien que ce qu’il dit est faux, on refuse, et quand on arrive, le bus arrive lui aussi peu de temps après. Ils sont terribles les mecs de Recife. Faut vraiment être ferme et catégorique, changer de conversation tout de suite, sinon, on ne s’en sort pas. Nous discutons beaucoup avec lui, il est vraiment gentil et agréable… dommage que nous devions partir après le déjeuner !

 

Champs de canne à sucre entre Recife et Porto de Galinhas.

Le bus traverse des champs et des champs de canne à sucre pendant les deux heures de trajets.Le soleil doré balaie les longs feuillages vert et roux. Nous croisons des raffineries d’alcool, dont une immense qui ressemblerait presque à une plaque pétrolière que nous longeons pendant un certain temps. Peu à peu, la canne à sucre commence à être remplacé par des champs de culture de cocotiers. C’en est presque comique comme dans un dessin animé !!!

 

Surfer sur la plage de Porto de Galinhas.

 

Arrivé dans la station balnéaire de Porto de Galinhas, nous nous rendons directement à notre pousada réservé par Glayce. Elle se trouve en réalité à 50 mètres de la plage ! Le bonheur. La pousada est vraiment rudimentaire, mais familiale, et très sympathique. Cela nous conviendra très bien pour la semaine.



Discussions de vendeurs ambulant sur la plage de Porto de Galinhas.

 

Le temps de nous installer, dehors il fait déjà nuit. Trop tard pour aller à la plage, on opte plutôt pour une balade dans la « ville ». En réalité, il n’y a que deux ou trois rues commerçantes, le reste est composé uniquement de pousadas et d’hôtels !

 
Porto de Galinhas.

Porto de Galinhas, c’est la ville des poules. Littéralement, Porto de Galinhas signifie le port des poules. « Galinhas » était le nom de code donné aux esclaves arrivant d’Afrique, après que le trafic négrier ait été interdit au 19° siècle. Et le petit port de pêche qu’était alors la ville, représentait l’endroit idéal pour débarquer clandestinement cette triste « cargaison ». Heureusement, tout cela est terminé aujourd’hui, et Porto de Galinhas a su utiliser son drôle de nom de façon très gaie et amusante.

 

 

"La plus petite vague, elle était au moins comme ça !"


Des poules, de toutes les tailles, de toutes les formes et pour tous les âges décorent la ville. Tous les magasins vendent des poules. Du sucrier en forme de poule au jouet pour enfant, en passant par les t-shirt, les bibelots… les gallinacés sont à l’honneur ! Même dans les rues, les cabines téléphoniques sont en forme de poule, et de tronc de cocotiers sont sculptés et peints en forme de poule.

 

On passe cette première soirée à déambuler dans les rues, à rigoler ou s’émerveiller devant ces grosses poules brésiliennes (sans mauvais jeu de mot ! ). L’ambiance est très détendue. Un peu comme à Natal, on sent vraiment l’ambiance station balnéaire et vacances.

 

"Pourquoi tu me réveilles?"


On est dimanche soir, et beaucoup d’habitants de Recife sont venus passer le week-end ici pour se détendre. Sur la place principale, un groupe de capoeira fait une petite démonstration. Avant de venir au Brésil, on pensait voir en voir très souvent. Finalement, cette roda de rue est la première que nous rencontrons après presque deux mois de voyage !

 
Porto de Galinhas.

En toile de fond, on aperçoit quelques jangadas flottant sur l’eau transparente… voilà qui promet pour le lendemain !

 

Le lundi matin justement, on doit absolument régler nos soucis administratifs, et décider si on continue notre voyage ou si on rentre plus tôt que prévu en France. Après quelques difficultés avec notre connexion internet moyenâgeuse,  nous finissons par avoir accès à nos mails. Ouf ! Tout est finalement arrangé, on va pouvoir continuer le voyage l’esprit plus ou moins tranquille.

 
Porto de Galinhas. Simon boit une aguà de coco.

Pour fêter ça, on décide d’aller faire une balade romantique le long de la plage. Oui, mais ici, on est au Brésil ! Balade romantique, à côté de sa bien-aimée c’est toujours le cas, mais tranquille pas du tout ! Toutes les minutes (sans mentir, même moins, toutes le 30 secondes pratiquement), on nous abordent pour nous proposer, au choix : une balade en buggy, de la plongée, un transat et un parasol pour s’asseoir, un resto, des tatouages qui durent un mois, des cheveux tressées, des noix de cajou, des glaces, des paniers tressés en palme, des nappes brodées en fibre de coco, des hamacs, des lunettes de soleil, des bibelots, des bracelets, des CDs… j’en ai sans doute oublié !! C’est lourd, très lourd, surtout qu’ils ne semblent pas comprendre la signification du mot « non ». Ils insistent, nous racontent leur vie, nous vantent les mérites de leur camelote. On comprend,ce sont des bosseurs, ils en veulent !



Porto de Galinhas. Virginie.


Le mec continue, insiste, marche avec nous dans le sable. On reste muet, rien n’y fait. Cela devient du harcèlement ! Nous haussons le ton, on lui explique qu’il fait fuir les gens et les touristes en insistant comme ça, mais comme il ne comprend rien et répète toujours la même chose, on lui demande gentiment de « dégager ». Le mec reste souriant et nous dit que si on veut changer d’avis plus tard, pas de problème, il est là. On a juste une envie : rentrer à la pousada, partir d’ici.

 

"Chuis à fond là...".

 

On parvient quand même à profiter de la vue magnifique sur le lagon formé par la barrière de récif, au large. L’eau est d’un turquoise limpide. De petites piscines naturelles se forment au milieu du récif, le sable est blanc et fin, et les cocotiers le long de la plage donnent la touche finale à ce paysage de carte postale. On n’arrête pas de se dire que l’endroit est bien plus paradisiaque que Fernando de Noronha, et pourtant bien moins réputé. Evidemment, il faut faire abstraction des vendeurs ambulants,plus nombreux que les touristes…

 

Porto de Galinhas.

On se balade à peine une heure sur la plage, puis on revient dans les rues, épuisés comme si on avait fait trois heures de sport. On angoisse un peu à l’idée de passer presque une semaine en étant pris pour des portefeuilles sur patte.

Après manger, on décide malgré tout de retourner se promener un peu, bien décidés à tremper les pieds dans l’eau. On va vers l’autre côté de la plage, plus excentré, un peu plus tranquille. Cette partie de la plage n’est plus protégée par le récif. Pas de récif, pas de lagon, une eau plus agitée… et donc beaucoup moins de touristes et de vendeurs ! Finalement, on s’installe sous un parasol, le dernier de la plage, où nous sommes beaucoup plus au calme que le matin. Bizarrement, dès qu’on s’assoit et qu’on consomme dans un de ces petits bars improvisés de la plage, les vendeurs ambulants sont moins insistants. Ils passent avec leurs bibelots sans forcément nous accoster et nous tenir la grappe pendant cinq minutes.


Porto de Galinhas.


On réussit donc à passer une fin de journée très agréable. La plage est absolument magnifique. Une immense bande de sable fin qui court sur des kilomètres le long de la baie. Au loin, seuls les cocotiers se détachent dans le ciel bleu. Après deux mois de voyage, nous avons des dizaines paysages magnifiques, tous plus surprenants les uns que les autres. Porto de Galinhas n’est sans doute pas l’endroit le plus original du monde, on a tous déjà vu des centaines de fois ce genre de paysage en photo. N’empêche que cela reste le lieu le plus beau et le plus paradisiaque qu’on ait vu, et ça fait du bien de se retrouver sur une « plage de carte postale », où la seule chose à faire est regarder l’océan turquoise en sirotant une « agua de coco » à l’ombre d’un cocotier !


 

Porto de Galinhas.

On est au bord de la mer, quoi de plus naturel que de finir la journée en dégustant des crevettes fraîchement pêchées dans un petit resto ? Voilà qui nous remet de nos émotions du matin !

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : porto de galinhas
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /2006 01:34

Recife, Olinda 

Plage de Boa Viagem à Recife, Olinda

 

"Danger, aire sujette aux attaques de requins".

Ce matin, nous avons décidé de nous rendre sur la fameuse plage de Boa Viagem à Recife. Je remplis mon soutif, Simon ses diverses poches à fermetures de bermudas et hop ! Nous voilà dans le bus en direction de la plage chic de Recife, longue de quelque 7 km. Le soleil cogne dur,nous sommes samedi, les Brésiliens devraient normalement tous être au rendez-vous depuis les premiers rayons du soleil !


Plage de Boa Viagem à Recife.


Gagné. A peine 10h00 lorsqu’on arrive, et les transat et parasols de la plage sont déjà presque tous loués. Etonnants lorsqu’on aperçoit la multitude de panneau avec des dessins de requins indiquant : interdit de se baigner, danger.

 


Plage de Boa Viagem à Recife.

Des panneaux de recommandations obligatoires disent entre : interdit de se baigner au-delà des pieds, ne mettre aucun objet flottant dans l’eau,pas d’enfants etc… Lorsqu’on sait que 66 attaques mortelles ont eu lieu ces 10 dernières années et on ne recense pas ici les amputations de membres divers et variés. Beurk… être transformé en pâté pour requins de 2 mètres 50 de long ne nous enchante guère.


Plage de Boa Viagem à Recife!

Malgré tout, nous voyons des gens se baigner, sauter dans les vagues. Par endroit, il y a un récif, mais les requins y pénètrent par les côtés comme dans un canal et semblent y avoir élu domicile. Dommage, car ici, l’eau est d’un bleu magnifique !

 

Jangadas sur la plage de Boa Viagem.


Beaucoup de vendeurs de toutes sortes ici encore. Une fois de plus, en voulant acheter un ananas frais coupé et planté d’un bâton de glace, le type essaie de nous rouler sur le prix. Encore ? C’est typique à cette région, ou quoi ? Dommage pour lui, on commence à connaître les prix du Brésil et on ne pense plus qu’en real d’ailleurs ! Le mec revient vite fait sur un tarif brésilien plutôt qu’européen. Rio, le Minas ou encore l’Amazonie ne nous avait pas habitué à ce genre de pratique. Va falloir être vigilant…

 

Vendeurs ambulants de crevettes séchées. Boa Viagem à Recife.

Nous longeons l’esplanade où de multiples drapeaux à l’effigie des différents candidats longent la route. Des jeunes brandissent les chiffres des futurs présidents, d’autres discutent sur le sujet sur un bout de trottoir, les divers slogans musicaux accompagnent des klaxons de voitures ou des pouêt pouêt joyeux des scooters publicitaires.


Propagande poilitique. Esplanade de Boa Viagem à Recife.


C’est d’un drôle ! Tout le monde sourit et semble véritablement content de participer à la fête ! En effet, rien de très sérieux dans tout cela.

 

Vendeurs ambulants sur la plage de Boa Viagem à Recife.


Recife.

De retour à l’auberge de jeunesse en début d’après-midi, nous nous languissons de nouveau au bord de la piscine.Puis nous partons effectuer nos derniers achats souvenirs avant d’aller dans ce fameux resto que nous nous réservions pour notre dernière soirée.



Ananas frais "embâtonné".

Au restaurant Officina do Sabor, nous dégustons une citrouille au cœur de laquelle a été mijoté une langouste au lait de coco. Depuis la terrasse et le jardin où nous dînons, la vue sur la ville de nuit est magnifique.

 

Olinda le samedi soir.



En sortant du sortant, on réalise que Olinda s’est transformée en une piste de danse. Des guitaristes, un joueur de cavaquinha, tous au forro ! Les gens des divers quartiers d’Olinda dansent dans la rue de ce resto : Rua do Amparo. D’autres regardent, une cerveja à la main. D’autres s’amusent tout simplement et discutent.


Virginie à Olinda. cachaça aux fruits rouges tropicaux frais.

C’est un vrai bonheur d’assister au bonheur simple des gens d’ici. Les gens rient, rient beaucoup, de tout et de rien, tout le monde se retrouve, s’embrasse et s’enlace amicalement. La rue ainsi animée ressemble à une scène de film. Grâce aux vieux lampadaires, même le filtre sépia y est naturellement !

 



Un des nombreux cours de maracatú le samedi dans les rues d'Olinda.


Recife.

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 00:58

Recife 

Vieille ville, tentative politique

Recife, quartier historique de l'époque de la canne à sucre.

 

Réveil un peu hard d’ailleurs. Petit coup d’œil sur nos emails depuis l’ordinateur du hall de l’auberge. Après plus d’un mois hors de France, ce qui ne devait pas arriver arrive finalement… les soucis administratifs. J’ai des problèmes importants avec notre chère administration française, et on se demande si on ne va pas devoir avancer la date de notre retour pour pouvoir les résoudre.


Recife. Vue d'avion.

On alerte tout le monde en France, on tente de résoudre tout ça avec la famille, les copains… pas terrible comme ambiance avant d’aller à Recife… Mais avec le décalage horaire et les 35 heures en France, quand il est 9h00 ici, il est 14h00 en France et tout est déjà fermé jusque lundi… quel charmant week-end en perspective.

 

Recife.

On finit par prendre le bus direction la vieille ville de Recife. Chaque fois que l’on rencontre un voyageur et qu’on demande : « c’est comment Recife ? ». On nous répond systématiquement : « c’est sans intérêt, n’y allez pas. D’ailleurs, j’y suis pas allé à cause de ça ». A Noronha, tout le monde déteste Recife à cause de la politique qui y est menée, mais aussi à cause des enfants qui volent et tuent à tour de bras, à ce qu’on entend. Le type de notre pousada de Noronha nous a dit ouvertement qu’il n’y a pas une seule fois où il ne soit venu à Recife sans qu’il ne se fasse voler de l’argent dans ses poches.

Du coup on ne prend pas de cartes bancaires, un minimum d’argent qu’on planque partout sur nous et surtout pas dans les poches. Je fais comme les femmes ici, je mets quelques billets dans mon soutif. Pas mal le wonderbras, me dit Simon !


Un des nombreux immeubles des quartiers "ordinaires" de Recife.

Le bus reprend le même trajet que mercredi dernier, et de nouveau nous assistons au spectacle désolé des cabanes habitées des bidonvilles et des fleuves dégoulinants d’égouts. De nouveau, le temps est maussade, ce qui n’ajoute rien à l’agglomérat indéfinissable de buildings qui tombent en lambeaux !

 

Une des rues de Recife.

Nous descendons dans la vieille ville, non loin des premières églises maculées d’une humidité noire. Nous nous baladons au fil des rues en suivant consciencieusement les tracés de Glayce sur notre plan de la ville. La vieille ville est aujourd’hui convertie en un quartier commerçant immense, genre Barbès à Paris puissance 1000. Cela ne nous dépaysent pas vraiment de l’Amazonie. Une succession de « souks » où l’on vend tout et rien. Ici les « souks » ne sont pas destinés aux touristes mais aux gens d’ici. D’ailleurs, à part nous, il n’y a aucun touriste.



Et l’on nous regarde d’un drôle d’air, pas toujours franchement accueillant. Impossible de dire si c’est de la surprise ou un certain mépris. Malheureusement, plus on avancera dans la journée, plus nous opterons pour la deuxième solution. Surtout venant des hommes à mon égard. Est-ce parce que je suis une femme, je suis pourtant habillée le plus banalement possible, sans sac à dos ni casquette typique des touristes, ni de cannes comme nos bons compatriotes sexagénaires, ou parce que je fais des photos ? Mais même l’appareil dans la poche, certains regards durs s’imposeront de la même façon.

 

Marchand de balais dans la vieille ville de Recife.

Une agitation différente de celle d’Amazonie anime ces quartiers : des vendeurs de balais, des couturiers avec leur vieilles machines à coudre installées à même le trottoir attendent que vous leur apportiez les quelques mètres de tissus achetés dans le quartier juste avant. S’ensuit le quartier des magasins de cotillons et de décorations de fêtes d’anniversaires et de carnaval. Nous rentrons juste par curiosité. Cela vaut son pesant de cacahuètes ! Vous trouvez toutes les plumes de toutes les couleurs, des costumes incroyables, des décorations de gâteaux d’anniversaires aux couleurs du Brésil… ça détonne !


Le vieux Recife. Vendeur ambulant de fruits de cajou.


S’ensuit le quartier des chaussures, que des chaussures, rien que des chaussures, puis le quartier de bricolage, avec des caisses de robinets sur les trottoirs, les électriciens effectuant de petites réparations à même leur vitrine, du carrelage, du matériel de récupération vieux de… on ne sait trop… des marchés de fruits exotiques, de légumes... le cajou est ici à l´honneur. Les arbres aux immenses feuilles vertes et dorés bordent les rues de la région.



Le fruit de cajou.

Comme dans toutes les grandes villes où nous sommes passés, le marché couvert est rempli de de monde. On y achète de tout, on y mange bon marché. Cela semble être la petite sortie des gens du coin, le petit plaisir de la semaine que de manger un morceau au marché après avoir effectué son plein de courses.


Le marché couvert de Recife.


Ca bosse ici, ça bosse dur ! Une chose indiscutable au Brésil, c’est que les gens bossent beaucoup, n’arrêtent pas une seconde. Ils inventent presque des métiers pour bosser !

 

Le vieux Recife.

Au-dessus de ces magasins à l’enchaînement parfaitement organisé, de vieilles demeures coloniales pour certaines rénovées de façon rutilantes, mais pour la plupart complètement délabrées, aux belles pierres moisies par l’humidité, s’élèvent avec leurs belles couleurs vers le ciel gris. Ici, contrairement à Rio, Belém ou Belo Horizonte, ces maisons se succèdent les unes aux autres, alors que dans les autres villes, vous en trouvez quelques unes ici, à côté d’une poignée de building déglingués, puis une autre poignées là-bas.


Recife.

A Recife, nous sommes impressionnés par ce petit quartier de 2-3 rues entièrement d’époque. Le décalage est une fois de plus flagrant entre la pauvreté des gens d’ici, l’énorme mendicité à la limite de l’insoutenable à la sortie des églises, la qualité vraiment cheap des marchandises à vendre, avec la richesse passée de l’architecture. Une richesse, comme à Belém, en voie de rénovation. Il y a des travaux partout !

 

Quartier commerçant dans le vieux Recife.

D’où vient cette si belle architecture ?

Lorsque les Hollandais ont brûlé Olinda, Recife a connu un essor important et a peu à peu remplacé Olinda dans son rôle de capitale régionale du Pernambuco. Son port, passage obligé pour l’exportation de la culture de la canne à sucre, a permis à la ville de se développer, et de devenir l’une des villes les plus riches de cette époque. Au 19° siècle, lorsque le cours du sucre s’effondra, Recife fût supplantée par la puissance économique de Rio de Janeiro et de Sao Paulo.


Architecture coloniale du quarier historique de Recife.

 

Recife ne reprend son souffle qu’aujourd’hui, grâce au tourisme.

Ne pas prendre la peine de venir ici serait une grossière erreur.

Après quelques heures de marche qui nous mettent K.O., nous allons nous reposer dans le square de la Praça da Republica. La balade n’est pas du tout une coutume brésilienne. Et ici comme ailleurs, c’est tout à fait le genre d’endroit où l’on se retrouve avec peu de gens, au calme… chose essentielle.

 


Praça da Republica. Recife.



Nous reprenons notre visite du vieux Recife, ville de 2 millions et demi d’habitants, on vous le rappelle. Nous débouchons sur un autre quartier historique, proche du fleuve et de la mer. Ici, c’est le quartier des affaires. Les anciens palais ont été soigneusement rénovés. Les couleurs vives se détachent du ciel blanc. L’ambiance est presque victorienne ! On se croirait à Londres, avec les couleurs en prime ! C’est magnifique !!! Les grandes avenues sont peu peuplées, les voitures ne se bousculent pas.

 


Le vieux Recife.

Il faut parcourir ces allées pour se rendre compte… il y a une ambiance à la Blade Runner.. mais avec des habitants Brésiliens ! Et les publicités de cosmétiques des rues de ce film seraient plutôt remplacées par de la propagande à la Brazil sur fond de karaoké des années 80.

 

Le vieux Recife.

Nous rentrons à l’auberge en fin d’après-midi, heureux de notre balade.

 

Quartier rénnové du vieux Recife.


En passant devant la maison siège de Lula á côté de l'auberge, je prends mon courage à deux mains et y rentre pour demander si on peut leur acheter des tee-shirts de supporters pour nos parents. Et oui ! Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communistes ! On trouvait l'idée rigolote... malheureusement, la vente de tee-shirts politiques est fortement interdite me dit l'un ds types qui "siège" tranquillement sur sa chaise de camping dans un coin d'une immense salle uniquement meublée de drapeaux et de banderolles. Il faudrait qu'on aille demander à l'une des personnes qui brandit un drapeau, mais on ne s'en sent pas le courage.

 

Recife.

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /2006 18:46

Olinda

Visite guidée d’Olinda, maracatù

Couvent de Saõ Francisco. Olinda.

 

Pas de problème aujourd’hui, le ciel est d’un bleu limpide. On va enfin pouvoir faire la visite d’Olinda prévue la veille. On arrive frais et dispo à 10h comme prévu. Le guide a un peu de retard, on en profite pour faire une petite visite de la bibliothèque municipale qui est à l’étage au-dessus de l’office de tourisme. Charmant. Des gamins sont en train de faire leur travail de classe, d’autres personnes consultent des bouquins. La grande pièce principale est ouverte sur des balcons où l’on bouquine à l’ombre des cocotiers. Comment peut-on être studieux dans une telle ambiance de farniente ?

Notre guide arrive enfin, et c’est parti pour un petit tour des églises et rues importantes de la ville. On a déjà pas mal arpenté les pavés d’Olinda, ce qui rend la visite beaucoup plus agréable. On sait où l’on va, et l’on se rend mieux compte de ce qu’on voit, de ce qu’on visite.


Une des nombreuses fresques de céramique du couvent Saõ Francisco. Olinda.

Nous commençons par la visite de l’église Sao Francisco. Notre guide Davidson nous explique que, comme tout le reste de la ville, cette église a été construite au 16° siècle par les Portugais. Mais le nord-est du Brésil a rapidement attiré les convoitises des Hollandais qui ont occupé la région durant quelques années, au cours du 17° siècle. Délogés après une nouvelle guerre contre les Portugais, ils ont eu la charmante idée d’incendier la ville avant de partir.


Couvent de Saõ Francisco à Olinda.


Toujours est-il que l’église, comme le reste de la ville, a été complètement reconstruite au début du 18° siècle, et il reste peu de vestiges des premiers bâtiments d’Olinda. Le style est donc très baroque.

L’église abrite également un monastère toujours habité aujourd’hui. On commence la visite par le cloître  richement décoré d’azulejos portugais magnifiques. Il règne dans cet endroit un calme et une sérénité impressionnants.


 
Olinda.

L’église a proprement parlé est également magnifique. Beaucoup de sculptures ou de peintures sur bois. Le toit, entièrement en bois, est couvert de peintures allégoriques. Une petite chapelle a été construite à l’intérieur même de l’église, à laquelle elle vient rajouter une aile. Plus récente, on sent déjà le style rococo pointer le nez avec sa décoration exubérante.

Détail sol couvent Saõ Francisco.

Autour de l’église, on circule dans des couloirs depuis lesquels on aperçoit la bibliothèque des moines, interdite au public, ou l’escalier montant vers leurs chambres. L’église a une petite terrasse avec une vue magnifique sur Olinda et l’océan Atlantique… il ne manque plus qu’une petite buvette pour hydrater notre gosier, et ça serait parfait !

 

Intérieur du couvent Saõ Francisco.Olinda.

Après une grosse demi-heure de visite, nous reprenons notre route vers la Praça da Sé, littéralement, la place de l’église principale. Paradoxalement, elle est beaucoup plus simple que l’église Sao Francisco, dénudée presque. Au milieu de l’église, le tombeau de Dom Helder Camara, ancien archevêque de Recife, mort en 1999. Tout le monde ici respecte cet homme, qui s’est beaucoup engagé dans la lutte contre la pauvreté, contre les grands propriétaires terriens et en faveur d’une réforme agraire, contre la dictature également. En quelque sorte, le représentant brésilien de ce que les Italiens appellent le « catho-communisme ». Il eût une phrase, restée célèbre, qui disait à peu près ceci (dans l’idée) : « quand je nourrissais les pauvres, on me disait Saint, quand je demandais pourquoi les pauvres étaient pauvres, on me traitait de communiste ». En cette période de campagne électorale, son combat semble plus que jamais justifié…

Couvent. Olinda.

Mais revenons à des choses plus légères. Cette église a elle aussi une petite terrasse. La vue est encore plus belle que la première fois, mais il n’y a toujours pas de buvette ! La légende raconte que le premier gouverneur de la ville, en arrivant ici et en voyant le paysage, se soit écrié « Oh, Linda », ce qui signifie à peu près « Oh, jolie ! ». D’où le nom de la ville, « Olinda ». D’où également, le choix de ce point pour construire l’église principale.

 

Maison d'un ancien propriétaire de terres de canne à sucre.

Au rez-de-chaussée, les senzalas, là oú vivaient les esclaves.

De là, on redescend les petites ladeiras en discutant de tout et de rien avec notre guide. Il nous parle des traditions culturelles de la région, du Frevo, la danse locale, du Maracatu, un rite afro-brésilien mettant en scène le couronnement du roi du Congo, du carnaval d’Olinda. Il nous raconte qu’ici, durant le carnaval, seul le frevo et le maracatu sont autorisés. Interdiction de jouer une autre musique, sous peine d’amende : 2000 reais ! (750 euros). De même, interdiction pour les habitants de mettre la musique trop fort, pour ne pas couvrir le son de la rue. Ici, on ne rigole pas avec le carnaval ! Il nous dit aussi qu’à Recife et à Olinda, contrairement à d’autres grandes villes (Rio de Janeiro et Salvador surtout), le carnaval est une véritable expression populaire. Tout est gratuit, tout se passe dans la rue, tout est fait par les habitants, pour les habitants. Pas de Sambodrome, de blocs ou de trios eletricos, où il faut payer pour être admis dans la fête.


Virginie et Simon. Olinda.

Hasard, destin, qui sait… au moment où on parle de ça avec notre guide, on passe devant une boutique de fabricants de musique. A l’intérieur, tous les instruments du Maracatu sont là. Les propriétaires Sandra et son fils Wilson, fabriquent eux-mêmes les instruments. Ils nous parlent des différents rythmes qui existent, de la peau de chèvre utilisée pour les tambours, « bien meilleure que la peau de vache ! ». Vous m’en direz tant. Petite démonstration de Maracatu, suivie d’un petit cours. Ils nous font essayer tous les instruments un par un. Avant de partir, ils nous invitent à faire un cours de maracatu le soir, au marché Sao José, non loin de là.

A 19h, c’est promis, on y sera !

 
Marché des artisant locaux d'Olinda.

Notre guide Davidson est patient, il nous laisse passé le temps qu’on veut dans ce magasin, mais il faut bien repartir un jour. On continue donc la visite vers le Mercado da Ribeira, que nous avions déjà vu, avec ces artisans qui sculptent le bois, puis vers le Monastère de Sao Bento. Malheureusement, nous avons trop traîné dans le magasin, et le monastère est déjà fermé. Dommage, mais sans regret. Entre la visite d’un monastère, et un moment comme celui que nous venons de passer, il n’y a pas à hésiter !

 

Les plus vieilles maisons coloniales d'Olinda.

Heureusement, le Palais du gouverneur, juste en face, est toujours ouvert. Un bâtiment bleu très joli, qui abrite aujourd’hui la mairie d’Olinda. Au rez-de-chaussée, des œuvres d’un artiste locale sont exposées. Il a beaucoup peint les différentes traditions et expressions culturelles de la région, le frévo entre autre.

 

Simon à l'auberge de jeunesse d'Olinda.

On termine finalement la visite en retournant à la Praça do Carmo. Voilà presque une semaine qu’on y passe tous les jours, et pourtant, nous n’avions jamais vu le petit parc par lequel nous fait passer notre guide. Derrière l’église do Carmo, on traverse des petits bassins couverts de nénuphars. C’est très reposant, exceptées les espèces de chars de carnavals qui diffusent en permanence des messages de propagande pour tel ou tel candidat aux élections avec un niveau sonore au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Le tout en musique, bien évidemment.

Olinda.


Au Brésil, même la politique se fait en musique ! On en profite pour poser quelques questions à Davidson. Depuis une semaine, on remarque qu’il y a toujours un numéro accolé  au nom des candidats. Il nous explique que c’est le code que chaque électeur doit entrer pour voter. Et chaque code correspond à un candidat. Une fois le code tapé, la photo du candidat s’affiche et l’électeur peut confirmer son choix. Depuis une petite dizaine d’années, le Brésil a opté pour ce système de vote électronique.


Olinda.

Du coup, chaque candidat a son code et veut absolument le faire retenir aux gens ! Voilà ce qui explique le tapage incessant des voitures publicitaires et des numéros clamés à tout bout de champ. Davidson nous chante alors des slogans qui datent de plus de huit ans, dont il se souvient encore à force de les avoir entendu ! On parle un peu des élections avec lui, de Lula, de la politique au Brésil. Il va voter pour la première fois cette année, et sans hésiter, il nous confie qu’il va voter Lula. Selon lui, c’est un homme qui se préoccupe réellement du sort du peuple brésilien, qui offre beaucoup de facilités pour l’éducation, les études. Lula a fait en sorte que le pays gagne une place importante au niveau des grandes puissances internationales. Davidson pense Lula va maintenant se concentrer davantage sur la politique intérieure… espérons-le.

A 14h00, on finit la visite.

 

Olinda.

Plutôt que de manger à l’auberge, on décide de se prendre un petit sandwich dans une « lanchonete ». Au bout de quelques minutes, une petite gamine entre dans le bar et nous demande de l’argent. Cette fois, on se souvient des conseils des guides et de nos amis brésiliens. On lui propose de s’asseoir avec nous et de lui payer un repas. Elle commande un jus d’orange et le même sandwich que nous. Mais rapidement, on trouve son comportement bizarre. Elle est complètement hystérique, elle rigole tout le temps, en regardant ses doigts et en faisant des gestes étranges. Quand son sandwich arrive, elle veut le découper avec son couteau et sa fourchette mais elle n’y arrive pas. Elle mange une bouchée qu’elle recrache.


Quartier populaire d'Olinda.


Est-ce que le sandwich ne lui plaît pas ? On ne le saura jamais. Son jus d’orange arrive, mais finalement elle n’en veut plus. Elle préfère une glace. Puis un gâteau. Toujours dans la même hystérie de rires et de réactions incohérentes. On lui dit non, qu’il faut qu’elle mange ce qu’elle a déjà. Elle met trois tonnes de sucre dans son jus de fruit, le goûte et trouve ça dégoûtant… tu m’étonnes ! Finalement, sa grand-mère arrive, l’air catastrophé. Elle fait peine à voir tellement elle est maigre. Elle boit le jus de fruit et embarque le sandwich dans un sac en plastique. On les voit s’éloigner, la gamine l’air toujours aussi bizarre.

Jardin municipal d'Olinda.
 

Difficile à dire avec certitude, mais il nous a vraiment semblé que cette gamine était shootée. On ne sait pas quel effet ça fait de sniffer de la colle, mais il paraît que beaucoup de gamins se droguent de cette façon pour oublier un peu la misère. On est déconcerté, on ne sait pas si notre attitude a été la bonne. Que faire dans ce genre de situation ? C’est de toute façon bouleversant. On espère juste qu’au moins, la grand-mère aura fait un semblant de repas avec le jus de fruit et le sandwich.

Tableau d'un peintre local.

Perplexes, on retourne à l’auberge. Le décalage est grand, entre ce que nous venons de vivre, et la piscine au bord de laquelle on s’allonge.

 

Thierry, Simon, Anita et derrière, Thibaut.

On passe l’après-midi à se détendre dans la piscine. On retrouve Thierry avec ses enfants Thibaut et Anita, la famille française de la veille. Partie de volley dans la piscine, voilà qui nous fait oublier notre rencontre du midi. On leur propose de venir avec nous au cours de Maracatu à 19h. Les gamins sont ravis, leur père, plus timide, nous dit qu’il va seulement assister à la répétition… mais il est ravi quand même !

On arrive donc à 19h dans le grand hall du Mercado Sao José. Quelques élèves sont en train de s’échauffer les poignets en prévision du cours. Ils nous disent que ça ne va pas tarder à commencer.


Thibaut et Anita font du Maracatù.

Une grosse demi-heure plus tard, le prof arrive et accepte sans sourciller une seconde notre présence à tous dans son cours. On enfile fièrement nos tambours… mais on ne reste pas fiers longtemps ! Ca pèse une tonne ces trucs là, la bandoulière coupe l’épaule, les cordes du tambours nous massacrent les genoux. On comprend mieux pourquoi tous les gens qui sont là, sont des carcasses d’1,90 mètres ! Mais le rythme nous fait rapidement oublier nos petites douleurs.


Ancien marché de l'artisanat transformé en salle culturelle.

Le prof a décidé de faire un cours basique spécialement pour nous. Il nous explique les différents rythmes du maracatu. Chaque jour de la semaine à un rythme différent. On les passe tous en revue. Pas facile, mais on se débrouille. Le rythme, les vibrations, tout ça nous prend aux tripes et nous remplient le corps des sons des tambours. Le volume sonore est assourdissant, on a l’impression d’être habité, submergé même par la musique. Une expérience unique. Avant la fin du cours, le prof décide de faire une petite pause. En discutant avec lui, on apprend qu’il va venir à Paris l’année prochaine, pour la fête de la musique. Le hasard, une fois de plus, fait bien les choses. Il nous dit qu’un cours de Maracatu existe à Paris. Dès qu’on rentre, c’est sûr, on y fait un saut.


Tableau d'un peintre local.

Après dix minutes de pause, on reprend pour le « final ». On enchaîne tous les rythmes appris. A côté de nous, un cours de danse nous accompagne. Les percussionnistes les plus avancés dansent en même temps qu’ils jouent. Vraiment sympa !

A la fin du cours, le prof nous invite à revenir le dimanche pour un autre cours, suivi d’une démonstration. Malheureusement, nous devons partir dimanche… quel dommage ! On a qu’une seule envie, revenir à Olinda au moment du carnaval.

 

Cours de Maracatù.

On demande si on doit payer quelque chose pour le cours… non, c’est gratuit. Le prof fait ça pour le plaisir. Le Maracatu est sa passion, il nous en parle fièrement. Le groupe s’appelle « Naçao Pernambuco », les cours sont le jeudi soir et dimanche après midi à Olinda… avis aux amateurs, futurs voyageurs dans le Pernambuco !

Thibaut et Anita ont adoré eux aussi, Thierry nous dit qu’on s’est très bien débrouillé et que l’ensemble dégage une énergie impressionnante. C’est sûr, ça restera un de nos grands moments au Brésil.

Le cours de Maracatù se prépare.
 

De retour à la pousada, on prépare tous ensemble une petite salade et une pizza pour se remettre de nos émotions, et on s’attable dans le jardin tous les cinq. On parle un peu plus avec Thierry du film Zuzu Angel et de la dictature. Il nous confie que son ex-femme, brésilienne, a elle-même été militante politique dans ces années. Elle a dû changer de nom pour échapper à la police. Aujourd’hui encore, son nom officiel n’est pas son vrai nom. Les enfants n’en savaient rien, ils sont impressionnés et émerveillés de voir que leur mère a été une résistante à la dictature : « mais alors, maman, c’est une héroïne ? Elle aurait pu mourir ????? ».

Thierry : « Vous lui demanderez quand on rentrera ».

On peut lire dans leurs yeux toute l’admiration qu’ils ont pour leur mère. Comme quoi, la répression policière durant ces années n’est pas une légende.
 

 
Olinda. Maracatù.

Nous discutons toute la soirée. Nous précisons que nous ne voyons passer aucun Brésilien à l’auberge de jeunesse. Il y a ici des gens de tous les pays (France, USA, Irlande, Pérou, Canada, Espagne, Italie…) qui passent souvent leurs après-midi et véritablement toutes leurs soirées à boire de la bière et des cachaça en faisant des compétitions sur qui à fait le plus ou le mieux de ci ou de ça dans son voyage au Brésil, sur celui qui reste le plus longtemps etc… de toute façon, on sait qu’on a gagné alors à quoi bon jouer, ahahahahaha !!!!


Cours de Maracatù. Le prof, avec sa caisse en acier, mène le rythme.


Nos amis français parlent donc un excellent portugais ce qui est très agréable dans nos contacts avec les gens d’ici. On parle de nos voyages, de nos vies. Ils repartent demain pour Joao Pessoa, dans le nord du Brésil… quel dommage ! Encore une rencontre formidable.

Thibaut nous dit avant de partir : « Quand vous aurez un enfant garçon, vous l’appellerez Thibaut hein ? Hein oui ? Hein oui ? Dit oui ! ».

 

Après une journée aussi riche en émotion, on a bien mérité une bonne nuit !



Intérieur du couvent Saõ Francisco.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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Mercredi 16 août 2006 3 16 /08 /2006 23:57

Olinda et Recife

Shopping Center de Recife, cinéma


 

Olinda.

Nous avions prévu d’effectuer la visite guidée d’Olinda ce matin. Mais une pluie diluvienne ne cesse de tomber depuis cette nuit. Simon va à la rencontre de notre guide pour reporter la visite à demain. Aujourd’hui, il n’y aura visiblement rien d’autre à faire qu’un bon cinoche.

 
Olinda.

Nous décidons donc d’aller dans le plus grand Shopping Center du Brésil, celui de Recife, dixit les Brésiliens du coin bien sûr !



Olinda.

45 min de bus, pendant lesquelles nous traversons des favelas qui n’ont rien à voir avec celles de Rio de Janeiro : ici, des cabanes sont construites avec les lattes de bois des caisses de fruits et de légumes des marchés. On voit donc des marques de produits divers collés sur la totalité de ces cabanes brinquebalantes. Une rivière énorme traverse la ville. Sur ces eaux immobiles stagnent les égouts de Recife. Les odeurs immondes nous accompagnent pendant une bonne partie de notre trajet. Nous croisons beaucoup de bus. Nous remarquons que la couleur de peau varie énormément selon la destination des bus. Certains bus sont remplis de gens blancs ou aux métissages très clairs comme dans le nôtre, et d’autres bus sont bondés de gens de couleurs foncés. Les catégories sociales se voient à un point dérangeant.


 

Coccinelle dans ruelle. Olinda.

Nous arrivons dans un bâtiment ordinaire qu’est ce Shopping Center qui s’ouvre en réalité sur une immense ville fermée. Cela ne semble pas si grand, sauf qu’en fait, vous ne voyez jamais le bout des allées, que c’est sur plusieurs étages également. C’est hyper hi-tech, d’une modernité et d’une blancheur qui contrastent avec les 45 minutes de misère que nous venons d’encaisser avec stupéfaction.

 

Rue bordée de bananiers.

Les magasins sont luxueux, hors de prix même pour nous. Et pourtant, quel monde ! Nous remarquons peu à peu que la population ici est exclusivement blanche et très « occidentale ». On aurait pu être à Paris ou à Milan par exemple ! Dans une pharmacie, on nous propose même une crème solaire d’une banale marque française connue pour la modique somme de 40 euros ! Aucun vêtements en-dessous de 30 euros, le café est à un peu plus de 1 euros…

Fleur de bananier.

Toutes ces boutiques sont souvent vides pour la plupart. Les gens s’agglutinent principalement dans les quelques magasins bon marché, au cinéma, dans les café. Nous en profitons pour acheter nos billets d’avion de Recife à Salvador. L’avion est ici aussi intéressant : 15 euros de plus seulement que le bus, avec lequel nous aurions mis 13 heures, et sans couchette. La TAM rivalise très souvent avec la Gol et c’est donc une fois de plus avec elle que nous voyagerons.



Vue sur les toits d'Olinda.

Nous nous baladons dans les librairies, chez les disquaires.

Nous achetons un livre écrit par un brésilien qui vient de sortir et qui s’avère en réalité illisible pour les linguiste débutant que nous sommes, le journal, un CD de samba de roda.


 
Olinda.

Le film… « Zuzu angel ». En arrivant au guichet, on a juste demandé : « y’a un film brésilien aujourd’hui ? ». C’était le seul film. Un film politique tiré d’une histoire vraie qui se déroule sous la dictature brésilienne dans les années 70-80. Un film génial, poignant, formidablement joué et mis en scène. Nous ne savons pas si le film va sortir en France, mais si ça n’est pas le cas, nous invitons l’association Jangada de Paris qui organise chaque année le festival du cinéma Brésilien à programmer ce film pour 2007.

En fait, nous ne connaissons pas grand chose de l’histoire politique du Brésil. Et nous réalisons aujourd’hui qu’aucun des brésiliens que nous connaissons ne nous a parlé de la dictature.


Sculptures modernes ans un jardin. Olinda.

Zuzu Angel, c’est le nom d’une grande couturière brésilienne des années 70. Son fils, d’environ 25 ans, est un opposant politique. Avec sa copine, ils font partis d’un groupe qui, un jour, fait un casse dans une banque afin d’avoir de l’argent pour mener à bien leurs actions envers la liberté de pensée. Suite à ce casse, son fils disparaît à tout jamais. Zuzu mène l’enquête. Elle n’a pas froid aux yeux. Les politiciens ne lui font pas peur. Et au fil de sa vie, elle découvre que son fils a été arrêté et torturé à mort par la police militaire d’alors, sans que personne du gouvernement ou de la police, ne lui révèle la vérité. On ne vous en dit pas plus sur la fin de l’histoire.

Olinda.

Toujours est-il que plusieurs cas comme celui-là on été découverts suite à la chute de la dictature et sont aujourd’hui mis au grand jour.


Lanchonete d'Olinda.



Ce film nous rappelle une petite phrase que nous avait dit Renata à Belo Horizonte. On parlait alors des prochaines élections au Brésil, et elle nous avait confié : « vous savez, quand on a vécu comme moi, plus de dix ans de dictature, c’est pas facile de voter. Il faut apprendre à regarder les programmes des hommes politiques, il faut apprendre à penser par soi-même et à choisir. C’est compliqué. ».


Olinda.

Cette réflexion prend encore beaucoup plus de sens après ce film. Quand, pendant des années, on n’a pas eu le droit de penser sous peine d’être arrêté, torturé ou tué, on comprend que le vote ne soit pas une chose facile en effet. D’autant plus qu’il est obligatoire à partir de 16 ans, âge où l’on commence à travailler.

 

On sort du ciné tout bouleversés par ce film.

 
Olinda.

La nuit est tombée, il est plus prudent de rentrer en taxi. A l’auberge, Glayce, la réceptionniste, nous dit que ce film fait beaucoup de bruit au Brésil, justement parce qu’il soulève des problèmes que certains voudraient oublier ou plutôt nier.

 
Olinda.

Dans la soirée, en préparant notre dîner dans le jardin, on retrouve une famille française, un père et ses deux enfants, eux aussi en vacance au Brésil. Ils viennent passer quelques jours à Olinda avant de repartir dans le nord du pays, où ils ont des amis. Voilà qui nous permet de nous détendre un peu en discutant de choses et d’autres !



Olinda.

 

NOTE: comme nous n'avions pas pris notre appareil photos pour Recife, ces photos datent des jours antérieurs.




Olinda.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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