Fernando de Noronha
Balade en bateau, dauphins, plongée libre et farniente
Des dauphins nagent autour de notre bateau.
L'excursion en bateau qu'on avait réservé par l'intermédiaire de la pousada s'annonce sous les meilleurs hospices. Le ciel est clair et presque ensoleillé, pas une goutte de pluie à l'horizon.
A 7h30, un minibus vient nous prendre à notre pousada pour nous emmener vers le port de Santo Antonio, au nord de l'île. Et là, surprise, nous retrouvons une famille française, elle aussi en vacance au Brésil. Ils ne parlent pas un mot de portugais, on essaye donc de jouer les interprètes pour qu'ils comprennent comment va se dérouler l'excursion et pour les aider à louer masques et tuba au prix de vente chez Decathlon ( !).
Le tour en bateau doit durer un peu plus de trois heures, le temps de longer la côte nord de l'île et de s'arrêter faire un peu de plongée libre sur l'une des plages. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, on a encore payé cette excursion la peau des fesses, et pour ce prix là, la compagnie ne fournit même pas un masque et un tuba pour aller plonger. Le même genre de tour en bateau, dans les îles grecques, coûte deux fois moins cher, pour une balade d'une journée (et non pas une matinée) et fournit le matériel.
Dauphins à Noronha.
On embarque donc à 8h00, direction le nord de l'archipel, pour faire un tour des petits îlots inhabités. Si les îlots en eux-mêmes sont complètement inintéressants (des rochers tout gris au milieu de l'océan), le spectacle est ailleurs. Des dizaines dauphins ont décidé de se joindre à nous, et de faire un bout de chemin en suivant ou devançant, comme des petits chiens tout joyeux, notre bateau. Par groupe de 4 ou 6, ils nagent à côté de nous, en s'amusant.
Des dizaines de petits groupes sont éparpillés autour de nous. Au total, il y a sans doute une bonne centaine de dauphins ! L'eau est transparente, on les voit donc très nettement. On les entend même respirer quand ils remontent à la surface. De temps en temps, ils font un petit saut, une petite vrille, histoire de nous montrer qu'ils sont contents et qu'ils s'amusent bien. Nous sommes comme des enfants émerveillés et on s'écrit « ohhhhh ! ahhh ! regaaaaaade !!!!! ohhhhhhhhhohohohohoho !!!! ». Nous sommes tous véritablement émus de les voir si près, de les touchers presque. Rien que pour ça, on est content d'être là. Cela restera un grand moment de notre voyage.
Le bateau ralentit, tourne sur lui-même, et les dauphins suivent. Ils tournent avec nous, ralentissent ou accélèrent au rythme du bateau, c'est incroyable. Quand on dit que ce sont des animaux intelligents, c'est vrai, ils semblent vouloir communiquer avec nous,sortent de l'eau et nous regardent. Tout le monde est en extase. Les dauphins nous suivent pendant encore un quart d'heure, puis disparaissent. C'est bien beau de s'amuser, mais ils ont sans doute autre chose de plus sérieux à faire !
Baia do Sancho oú nous effectuons une plongée libre.
Nous aussi d'ailleurs, après les îlots du nord, le bateau file le long de la côte. On aperçoit toutes les plages qu'on avait visitées la veille avec le buggy. Mais le spectacle est beaucoup moins beau vu de l'eau. On ne voit qu'une petite bande de sable et derrière, des falaises noires et une végétation pas terrible, pas du tout tropicale en tout cas. Nous, on l'a déjà vu du haut des falaises, on apprécie donc un peu mieux cet autre point de vue. Mais la famille française qui est avec nous a commencé son séjour par le tour en bateau et reste un peu perplexe. « C'est ça l'île paradisiaque de Noronha ? Ce ne serait pas une grosse arnaque touristique cet endroit par hasard ?».
Ben oui, c'est ça, Virginie se souvient de ses discussions avec Tatiana qui est déjà venue à Noronha. Elle ne s'est jamais étalée sur le sujet, sauf pour dire que tout était effectivement très cher. A-t'elle vraiment aimé cette île ? On ne peut même pas parler d'un tourisme de luxe car rien n'est luxueux ici. C'est juste comme ailleurs, mais en 3 à 4 fois plus cher. Au Brésil, sur la côte du Nordeste, il y a de partout pour Noronha. Ne serait-ce pas plutôt cette propagande qui influence les gens ? Elle en tant qu'habitante brésilienne à l'époque, comment a-t'elle perçu cette île ?
Bon, c'est super joli et calme, c'est vrai, mais des milliers d'autres endroits comme celui là existent dans le monde.
Le frère de Nemo déguisé en bleu.
On en profite pour discuter un peu plus avec cette famille. Eux aussi font un petit circuit au Brésil, et au fil de la conversation, on s'aperçoit que Kevin, le fils de 15 ans, fait lui aussi de la capoeira à Paris, et devinez avec qui ? Avec Jorge, notre prof, dans le même groupe que nous ! Hasard, destin, appelez ça comme vous vous voudrez, car il y a 96 groupes de capoeira à Paris, toujours est-il que le monde est vraiment petit. Nous n'avions jamais rencontré Kevin car il a commencé lorsque nous nous sommes arrêtés il y a plus d'un an.
Simon, Virginie, Kevin et sa famille.
Avant Fernando de Noronha, ils sont passés par Olinda, notre prochaine destination. Ils ont trouvé la ville très jolie, mais selon eux, on en fait vite le tour. Dommage, on y reste une semaine ! Bah, on verra bien?
Le bateau file toujours le long des plages. Un nouveau groupe de dauphins nous rejoint quelques minutes, le temps de s'amuser un peu. Nouvelle extase et émotions ! Mais ils repartent plus vite. On passe devant la Baia dos Porcos, toujours aussi impressionnante avec ses eaux transparentes et ses deux gros rochers plantés dans l'océan « Os dois irmoes » (« les deux frère »), puis on atteint la Baia dos Golfinhos, où il n'y a pas l'ombre d'un dauphin ! Bizarre ces bê-bêtes là ne sont jamais là où on les attend !
les poissons s'agglutinent sous le bateau.
Nous arrivons enfin à l'extrémité sud de l'archipel, où un énorme trou dans la roche laisse entrevoir les vagues de l'autre côté. Petite photo souvenir avant de repartir vers la Baia do Sancho. On n'avait pas pu descendre sur cette plage la veille, car le chemin depuis le haut de la falaise était truffé d'échelles et de marches bien glissantes après une petite pluie tropicale de 1h00 et quelques. Aujourd'hui, l'accès est beaucoup plus simple avec le bateau, qui jette l'ancre à quelques mètres seulement du sable. On enfile nos masques et nos tubas, et c'est parti pour une petite heure à se faufiler entre les poissons.
Autant la baie d'Atalaia nous avait déçus la veille, autant là, on ne sait plus où donner de la tête. On se croirait un peu dans « Nemo », il y a des centaines de petits poissons de toutes les couleurs, des coraux. Virginie n'est pas trop rassurée car elle entend dire par les nageurs qu'il y a une grosse murène sur un rocher juste au-dessous de l'eau, alors elle décide de rester à quelques mètres de la côte. Mais même là, elle voit des tas de poissons multicolores qui viennent lui dire bonjour en famille en lui faisant des bécots sur les jambes puis, une fois les présentations faites, repartent en se dandinant de gauche à droite.
Un poisson bleu...
Je décide d'aller un peu plus loin, vers les rochers, où paraît-il, avec un peu de chance, on peut voir des tortues et de petits requins inoffensifs. Trop petit pour béqueter des grosses bêtes comme nous ! Malheureusement, la chance nous manque un peu depuis notre arrivée sur l'île ! Pas de tortues ni de requins, donc, mais quand même des tas de petits poissons à moitié fluorescents, des anémones géantes, une murène, ça me fait regretter de ne pas pouvoir faire de baptême de plongée ! Notre appareil photo ne peut plonger à plus d'1 mètre sous l'eau, dommage. Il faut descendre à 2 mètres pour voir des poissons en plus grande quantité.
Simon appelle les poissons en claquant des doigts dans l'eau...
L'heure passe en une minute, et on doit déjà repartir ! Je suis le dernier. Je n'arrive pas à remonter tant je suis émerveillé par ce spectacle que je vis pour la première fois. Je m'apprête à remonter sur le bateau, mais autour de l'hélice, je vois des dizaines de poissons à rayures jaunes en train de manger les petites algues collées à la coque. Encore quelques minutes à m'étonner de ce spectacle, et je remonte définitivement sur le bateau.
Le retour est beaucoup plus calme. Les dauphins sont partis faire la sieste, et on ne les reverra plus. Avant d'arriver au port, on s'arrête quand même cinq minutes devant un énorme rocher. Notre accompagnateur nous dit de tendre l'oreille, on entend comme un grondement de fauve. Une petite fente de quelques mètres dans le rocher (de plusieurs mètres de haut) laisse passer le vent qui, en s'engouffrant, produit cette espèce de ronflement sourd. Impressionnant.
Retour au port à 11h30, comme prévu. La veille au soir, dans notre infâme petite cantine, nous avions discuté avec un habitant de l'île qui nous avait dit : « allez au port quand la marée est en train de monter, on peut voir des tortues ». Après confirmation des horaires des marées, la responsable de l'agence de tour en bateau nous conseille de revenir vers 3 ou 4 heures pour voir les tortues. On a donc le temps de rentrer à la pousada pour se reposer et manger un peu. Le minibus qui nous avait emmené le matin nous ramène, et le chauffeur nous assure qu'un bus de la commune passe toutes les demi-heures dans la rue principale. Il nous permettra de retourner au port dans l'après-midi pour voir les tortues.
Côte de Fernando de Noronha.
On décide de retourné dans notre petit resto du premier jour, pour remanger ces délicieuses moules au lait de coco. Il n'est que 2 heures, encore un peu de temps avant d'aller prendre le bus. Juste de quoi aller faire une petite balade sur la plage et se tremper les pieds dans l'eau !
A 3h15, on décide de remonter pour prendre le bus de 3h30. Un premier bus passe, mais il va dans la direction opposée. 3h45, 4h00, 4h15... toujours pas de bus... agacés, on retourne sur la plage pour passer le reste de l'après-midi... c'est à dire encore 1h00 avant la tombèe de la nuit. Tant pis pour les tortues, on en verra sans doute plus tard sur la côte bahiannaise.
L'une des deux rue de Noronha, face à la commune.
On décide quand même de changer de plage, pour essayer de voir un beau coucher de soleil. Direction la Praia do Cachorro (littéralement plage du chien), charmante petite anse aux eaux toujours turquoises. Un petit bar a installé des tables et des parasols sur le sable, on s'y installe. Voilà qui promet une fin d'après-midi des plus tranquilles ! On commande un coca et une bouteille d'eau, toujours hors de prix?
On passe cette fin de journée à observer le paysage? et les gens sur la plage. Beaucoup de touristes italiens, à Noronha. Des brésiliens et des espagnols aussi. Les brésiliens semblent enchantés par le lieux, étrangement, les étrangers un peu moins.
Le coucher de soleil est, pour la première fois, un vrai coucher de soleil, sans nuage. Magnifique, le soleil disparaît lentement derrière les rochers plantés dans la mer.
Fernando de Noronha.
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