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tour du bresil en direct !
carnet de voyage en 80 jours et ao vivo !

Suite à notre voyage, nous avons répertorié dans ce carnet toutes les recettes que nous avons récoltées, photos à l'appui pour la plus grande majorité d'entre elles.
Nous les classerons par région. Nous commençons une partie du Nordeste.
NOTE: il nous est impossible de répondre à la majorité des commentaires laissés car aucune adresse mail ne nous est laissé dans  le corps du commentaire. Merci d'y penser !

Nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans grâce à la capoeira. Nous avions tous deux un rêve : faire un grand voyage au Brésil. Aujourd'hui, notre histoire commune nous permet de réaliser ce souhait.

Nous faisons partager ce carnet de voyage en direct à nos familles, nos amis, aux amoureux du Brésil qui désirent, eux aussi, parcourir ses terres.
Nous mettons dans ce blog toutes les infos, contacts et prix pêchés depuis les préparatifs jusqu'au séjour sur place.

                                                                                                              

Notre départ remonte au 30 juin et notre retour au 14 septembre 2006.
 
Virginie & Simon


Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /2006 23:45

Olinda

Le Centre historique

 

Olinda. Vue depuis la Praça da Sé


Après un mois et demi de voyage et d’excursions, on est véritablement exténué. On a qu’une envie, se poser un peu, et se sentir un peu « chez nous ». L’auberge de jeunesse d’Olinda est l’endroit qu’il nous fallait.

 
Mode de transport d'une certaine partie de la population locale.

Le matin au petit-déjeuner, on discute un bon moment avec Emilie, une québécoise qui loge à l’auberge, avec qui on avait fait connaissance la veille au soir lors de la préparation de nos repas respectifs. Elle est au Brésil depuis deux mois, et repart pour le Québec demain matin. On s’échange nos expériences, nos parcours, nos histoires, et aussi nos impressions sur ce pays si contrasté qu’est le Brésil. Elle n’a pas du tout fait le même parcours que nous. Elle est surtout restée dans le Nord-est, dans la région de Salvador, Recife et Natal. Pourtant, on se rejoint sur beaucoup de points, beaucoup de constatations et d’observations sur la société brésilienne. C’est très intéressant d’avoir l’avis d’un étranger autre qu’un français sur ce pays.

 

Comme nous, elle trouve que le Brésil est un « pays des extrêmes », de contrastes. Le juste milieu est difficile à trouver ici, et on passe vite d’un extrême positif à l’extrême négatif. Un pays énormément injuste également. Les enfants qui mendient partout dans le Brésil nous laissent vraiment perplexes. Comment est-ce que cela peut encore exister ? Mais lorsque vous voyez une énorme voiture rutilante doubler une charrette tirée par un cheval décati sur une quatre voies, vous avez compris le Brésil en une image. Et nous voyons cette image partout depuis l’Amazonie, de ville en ville, et ici plus que jamais.

Un tronc d'arbre commun dans une rue d'Olinda.

Accessoirement, Emilie nous déconseille très fortement d’aller à l’auberge de jeunesse de Porto de Galinhas, à cause de l’ambiance glaciale qui y règne provoquée par une femme « colonnel » qui ne supporte ni la lumière, ni les gens qui parlent, ni qu’on touche à la cuisine commune, ni rien en fait. Elle épie les gens en silence, cachée dans le noir, et tout le monde part très vite de son auberge. Pas de chance, on a déjà réservé et payé la moitié de nos nuits là-bas ! La propriétaire de l’auberge semble complètement sectaire, obsessionnelle des règles et de la propreté… et indifféremment, laisse traîner ses revues des Témoins de Jéova un peu partout. Pas vraiment le genre d’ambiance qu’on recherche dans une auberge de jeunesse pour nos vacances au Brésil ! Bon, on va annuler, essayer de se faire rembourser et chercher autre chose.

 

Autour de plusieurs Café da Manha, la conversation dure un bon moment sur tout et rien, et on ne décolle qu’en fin de matinée. Aujourd’hui comme hier, on n’a pas tellement envie de faire une visite de la ville avec un guide, et on décide plutôt de poursuivre notre découverte d’Olinda en solitaire. On se dirige vers un autre quartier de la ville (quartier, vu la taille du centre historique, c’est un peu prétentieux…), histoire de changer un peu.

 

Maison au coeur d'Olinda.

Les petites « ladeiras » sont toujours aussi charmantes, avec leurs maisons de toutes les couleurs. Le soleil tape dur, et il est bien difficile de trouver la force de monter ces rues qui montent à n’en plus finir. Mais après avoir braver les tarentules d’Amazonie, plus rien ne nous arrête, et on se dirige vers les hauteurs de la ville… en réalité une petite colline qui surplombe le centre.

On n’est pas déçu d’avoir fait tous ces efforts surhumains sous un soleil de plomb qui vous met en eau en quelques minutes. Depuis la petite butte d’Olinda, on a une vue absolument magnifique sur le centre historique, avec l’océan turquoise en toile de fond. Les églises coloniales de la ville se détachent au milieu des palmiers et de la végétation luxuriante. Elles semblent posées sur l’eau.


Olinda et Recife en toile de fond...
 

Olinda est la quatrième ou cinquième « ville coloniale » que l’on visite. On est très surpris de voir que toutes ces villes sont malgré tout très différentes les unes des autres. Chacune a son ambiance, son style propre, qu’on ne peut ressentir qu’en y allant.


On descend tranquillement le long de la « ladeira da Sé » et on profite du paysage. Derrière Olinda, au loin, on aperçoit les gratte-ciels de Recife. Le contraste est saisissant, et il symbolise à lui seul tous les extrêmes de la société brésilienne. Extrême modernité d’un côté, avec des buildings rutilants, et de l’autre côté, un autre siècle, une autre époque, avec ces vieilles maisons colorées, ses charrettes dans les rues et ses petits artisans qui gravent le bois. Le tout sur fond de plages et d’océan turquoise et sûrement de requins sournois qui ont élu domicile aux fonds des eaux.

Sortie d'école à Olinda


Le long de la rue qui longe la Praça da Sé (« Sé » est l’abréviation du siège de la ville, et il y a une Praça da Sé dans toutes les villes qui possèdent une cathédrale), des baraques de souvenirs se sont installées. On y trouve de tout, de l’artisanat, d’une qualité très variable, et surtout sans grand intérêt contrairement ce qu’écrive les guides. Rien de transcendant comparé à ce que nous avons vu jusqu’ici.

 

Danse du carnaval typique du Pernambuco : le frevo.


Dans la cours d’un magasin, deux gamins nous font une petite démonstration de Frevo, danse typique du carnaval de Recife qui s’effectue avec un petit parapluie multiclore qu’on agite dans tous les sens. Ils ont tout prévu, le poste de musique, les costumes, et ils font une démo pour qui veut (contre une contribution libre, évidemment). Ils nous disent qu’il y a des cours certains soirs, juste à côté. On est bien décidé à y aller !

 

Une impasse à Olinda.

On s’arrête manger un petit morceau sur la terrasse d’un resto qui domine Olinda et offre un point de vue superbe. Puis on redescend doucement vers l’auberge de jeunesse.


Jardin et piscine de l'Auberge de jeunesse d'Olinda.



Notre journée n’a pas été très violente, mais on a quand même bien mérité un petit plongeon dans la piscine entourée des hibiscus orangés, des manguiers en fleurs et des bougainvilliers !

 

Eglise Praça da Sé à Olinda.

Là, sur une chaise longue, on retrouve Emilie qui sèche, et avec qui on passe la fin de journée. On reprend de plus belle notre discussion du matin. Elle nous raconte des anecdotes de son voyage, comme cette jeune fille de 18 ans qu’elle a rencontrée à Salvador. Emilie la prend pour un garçon, car elle a des cheveux courts et pas de poitrine. Cette jeune fille soulève son tee-shirt pour lui montrer : sa poitrine atrophiée et son corps brûlés. Elle lui raconte son histoire en riant… elle vient d’une favela, et sa maison a un jour été incendiée par des flics mafieux. Elle y était avec sa mère, ses frères et sœurs. Elle s’en était sortie, mais les cicatrices de ses brûlures lui valent depuis le surnom de « a queimada », ce qui veut dire « la brûlée ». Ca fait rire les gamins qui écoutent l’histoire, comme on raconterait une anecdote du boulot de la veille.



Olinda.

Heureusement, on a aussi des sujets de conversation plus gais ! On propose à Emilie de venir voir avec nous le lieu dont nous ont parlé les petits danseurs de Frevo. Après une bonne caïperinha assis dans la piscine, nous nous décidons à repartir vers la Praça da Sé.

Malheureusement, le local de Frevo est fermé toute la semaine car on est en août nous disent les gens (pourquoi en août ? On n’en sait rien).  Mais ce sera ouvert tout le week-end avec des cours de capoeira et de samba aussi. Le quartier de la Praça da Sé, envahi le matin par les boutiques de souvenirs, a été pris d’assaut par les vendeurs d’acarajé, de tapioca et de fromage grillé.


Cabine téléphonique publique en forme de parapluie typique du Frevo.


On s’assoit sur un muret pour admirer au loin Recife toute illuminée.

Un homme s’approche de nous. Il vend des CD de musique traditionnelle de la région (Forro, Baiao, Coco…), et pour nous convaincre de les acheter, il chante tous les chansons du disque les unes après les autres. Il suffit de lui dire un numéro et hop ! Il chante la chanson correspondante !

On se promène dans Olinda. C’est très calme. On ne sait dans quel bar aller… pas de musique dansante à l’horizon. Tant pis !

 

On rentre finalement à l’auberge pour dîner et finir la soirée au bord de la piscine à papoter jusqu’aux adieux. Emilie part à 5h00 demain matin.


Petit observatoire à Olinda.

Le mardi, nous ne faisons rien d’autre que de nous promener dans les rues d’Olinda en prenant notre temps, en se laissant émerveiller par ces toutes petites maisons. En plongeant dans notre belle piscine. Nous ne sommes qu’une petite poignée de pensionnaires et personne ne semble se laisser tenter ! Nous nous faisons notre plâtrée quotidienne de pâtes, nos jus de fruits frais (souvent de fruits de la passion).



Nous nous baladons également sur « l’esplanade » d’Olinda qui longe la mer. Stupéfiant : les égouts se déversent directement dans la mer. Et naturellement, les familles les plus démunies, sûrement ceux qui n’ont pas l’argent pour se payer le bus jusque Recife, s’y baignent. Les enfants jouent avec les détritus.


Les enfants jouent dans la mer remplie des égouts d'Olinda.

Il faut savoir qu’ici, les enfants pauvres s’accrochent souvent aux fenêtres extérieures des bus pour pouvoir effectuer un trajet d’un point à un autre. Les distances au Brésil sont immenses, et à pieds, cela peut paraître énorme à faire !

 

"Homme" politique faisant sa propre propagande publicitaire
dans les rues d'Olinda !


Maison "siège" de Lula et de son sénateur local à Olinda.

Le tout rythmé par les musiques à fonds des chars publicitaires de la campagne électorale qui a en fait débuté ce week-end. Toujours les mêmes rengaines « votre vie va changer si vous votez pour lui ! Vous aurez à manger si vous votez pour moi ! ». Les centres d’intérêts politiques sont loin des discours sombres et obtus de nos politiciens. Ici, malheureusement, le populisme est de rigueur si on souhaite être compris de la majorité.



Simon à Olinda.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 22:28

Olinda, Recife

Départ de Fernando de Noronha, arrivée à Olinda


Au 1er plan : Olinda, au loin : Recife.


L’avion pour Recife n’est qu’à 13h15, on a donc le temps de retourner faire un petit tour à la plage pour une dernière plongée avant le départ. Malheureusement, le temps a décidé de nous jouer des tours une fois de plus, et à peine arrivés à la Praia do Cachorro, une pluie diluvienne nous tombe dessus. On se réfugie sous les tentes d’un café pendant une demi-heure. Les gens d’ici sont vêtus d’impers longs et de bottes de pêcheurs bretons. La pluie passe, mais le temps est toujours gris et froid, on décide donc de rentrer à la pousada.

 


Olinda.

Virginie en profite pour écrire quelques pages du blog. Moi, à moitié malade à cause l’immonde bouffe de la veille (ou de l’avant-veille, qui sait), je fais une sieste toute la matinée.

A midi, le minibus pour l’aéroport passe nous chercher. L’employée de la pousada semble bien triste de nous voir partir. Elle dit sans cesse d’un air désespéré : « Oh Nossa ! Nossa ! Nossa ! Il pleut ! » Ou bien « Oh nossa ! Ca doit être beau la neige ! » Ou encore, «  Oh Nossa ! Nossa ! Vous partez déjà ? » (« Nossa » est l’abréviation de Nossa Senhora, c’est une interjection courante au Brésil).


"Oh linda !"
 

Elle nous dit qu’elle espère nous revoir un jour, mais je crois qu’il y a peu de chance qu’on revienne ! L’île est effectivement très jolie, mais ce n’est absolument pas le paradis que les guides et les agences de voyage essayent de nous vendre. Encore moins un lieu unique. Des tas d’îles, en Europe ou ailleurs, offrent des paysages comparables et une faune tout aussi intéressante. Bref, pardonnez-moi l’expression mais Noronha est un bel attrape-couillon !

 

Une rue d'Olinda.

Autant dire qu’en ce samedi matin, l’impression de s’être fait plumer nous met le moral à zéro et nous donne envie de partir au plus vite. L’attente à l’aéroport nous donnera l’occasion de pester une dernière fois. Les magasins sont une nouvelle fois hors de prix, il y a environ 80 personnes à prendre l’avion, et seulement une dizaine de sièges pour patienter pendant 2h00 (pas le choix, ce sont les bus de la commune qui vous ramènent à l’heure qu’ils veulent).

 
Olinda.

Nouveau passage au bureau du ministère de l’environnement brésilien pour s’assurer que nous avons payé notre taxe de « préservation de l’environnement ». On nous remet un petit papier nous demandant si nous sommes satisfaits de la pousada. Virginie d’énerve et écrit un petit message disant que le problème n’est pas la qualité des pousadas, mais la gestion dramatique de l’état du Pernambuco, incapable d’utiliser les taxes qu’il prélève à autre chose qu’à engraisser ses dirigeants. Peut-être que ça ne sert à rien de s’énerver, mais au moins ça soulage ! Elle remet son papier à la douane avec un grand sourire de soulagement.

 

Une maison d'Olinda.

Arrivés à Recife, nous prenons directement le taxi pour Olinda. Il fait toujours aussi gris et pluvieux. Le chauffeur, très sympa, nous confirme que Recife est une ville assez violente et dangereuse. Il nous dit que beaucoup de gamins sniffent de la colle et se baladent en bandes. Au mieux, ils peuvent nous faire les poches, au pire, des agressions à mains armées arrivent de temps en temps. Un homme averti en vaut deux ! Nous ne sommes pas mécontents d’avoir choisi Olinda, bourgade plus tranquille à 7 Km de Recife.


Olinda.

Pour rejoindre Olinda, nous longeons la plage de Boa Viagem, le « Copacabana de Recife ». Partout, des panneaux avertissent : « dangers, requins, pratique du surf interdite, baignade au-delà du récif interdite ». C’est drôle ! Le chauffeur nous explique que la côte le long de Recife est protégée des requins par une barrière de corail… sauf à Recife justement. Pas de corail le long de la plage de Boa Viagem, et les gentils squales de 2 mètres 50 de longs en profitent régulièrement donc pour faire leurs courses pour la semaine. Au menu, surfeur sur sa planche en grillade et touriste en maillot de bain aux petits oignons !


Olinda.

 

On traverse ensuite la vieille ville de Recife. Notre chauffeur nous confie qu’il vaut mieux éviter de s’y balader le week-end, car tout le monde est à la plage, et les rues désertes sont peu sûres. A-t’on vraiment eu raison de venir dans cette région ? Déjà à Noronha, tout le monde s’horrifiait à l’idée qu’on aille à Recife. Notre copine Gey qui vit en France est de Recife. Et elle ne nous a rien dit de tel au contraire !!!!

 

Une des églises d'Olinda.

Nous arrivons finalement à l’auberge de jeunesse d’Olinda. Après notre mauvaise expérience de l’auberge de Sao Luis, on était un peu inquiets à l’idée de se retrouver de nouveau dans un taudis sans fenêtre. Mais bonne surprise, l’auberge d’Olinda est magnifique. De petites maisonnettes sont réparties autour d’un jardin intérieur fleuri, au milieu duquel trône une petite piscine carrelée. Notre chambre est calme, à l’écart de la rue, propre, aérée, avec une terrasse et un hamac juste pour nous. Il y a une petite cuisine commune en plein air super bien fournie… que demander de plus ! Pour 2 à 3 fois moins cher que la plupart des pousadas que nous avons faites, on a une qualité au moins équivalente si ce n’est mieux. Il est dommage que l’Amazonie ne possède aucune auberge de jeunesse. Pourquoi ?

 
Olinda.

Après un mois et demi à manger tous les jours au resto ou dans des lanchonetes, on est ravis d’avoir une petite cuisine et de pouvoir se faire notre tambouille. A peine installé, on file au supermarché le plus proche faire nos courses de la semaine. On en profite pour tester un ou deux fruits locaux, la fameuse viande séchée, spécialité locale également. La soirée est courte, et après une bonne plâtrée de pâte à la sauce tomate (oh que ça fait du bien après un mois à manger du poisson, du riz et de la salade de tomate concombre 2 fois par jour !), on file au lit.


Atelier d'artiste: personnage du folklore local.


Le lendemain s’annonce tranquille. Après notre mauvaise expérience à Noronha, on a décidé de s’accorder une journée de repos pour repartir du bon pied. Grasse matinée donc, et petit-déj’  excellent de l’auberge avec œufs en omelette faite lorsque vous posez le pieds sous la table. Tous les dimanches, un grand marché d’artisanat se tient dans le vieux Recife, on projette donc d’y faire un tour (d’autant que l’artisanat de la région est, paraît-il, très beau). Malheureusement, le marché s’arrête à midi, et des petites galères pour trouver un distributeur de billet (que nous ne trouverons jamais) dans Olinda nous empêchent d’être prêts à temps.

 

Tant pis pour le marché, on se rabat sur une visite tranquille d’Olinda, histoire de s’imprégner de l’ambiance.


Porte d'une maison à Olinda.


Olinda a été la première capitale de l’Etat du Pernambuco, à l’époque où la canne à sucre faisait la richesse de ce qui n’était encore qu’une colonie portuguaise. De cette époque, la ville a gardé un centre historique parfaitement conservé, classé par l’Unesco patrimoine de l’humanité. Comme à Ouro Preto ou Sao Luis, on retrouve ici les petites ladeiras, ces rues pentues bordées de maisons colorées, richement décorées. Mais l’ambiance est ici beaucoup plus tropicale. Les rues sont envahies de palmiers, on aperçoit la mer d’une couleur verte claire depuis les hauteurs de la ville, les façades des maisons sont vivement colorées, pour beaucoup fraîchement repeinte.
 

 
Olinda.

Les gens sont également différents. Les métissages se font sentir de façon plus forte. On voit peu de « blancs tout blancs» ou de « noirs tout noirs ». On lit sur les visages tous les mélanges entre européens, indiens, africains. Les habitants d’Olinda nous rappèlent les gens du Minas Gerais : très gentils, discrets. A l’exception des guides qui nous proposent toutes les deux minutes de nous faire visiter la ville, et qui insistent...

 
Olinda.

Notre balade est des plus agréables. La ville est magnifique, chaque rue est un spectacle de couleurs. Quelques vieilles églises, certaines en ruine, rappellent le glorieux passé de la ville. De nombreuses galeries d’arts et boutiques d’artisanats parsèment les rues. Les peintres sont tous présents dans leurs ateliers, et, tout comme chez nous trop souvent, vous bassinent de paroles sans que vous ne puissiez regarder et apprécier leur travail Dommage... on en ressort aussi vite.

 

Maison d'Olinda transformé en support publicitaire pour les futures élections présidentielles.


Au Mercado da Ribeira, on s’arrête quelques instants pour admirer le travail des artisans qui sculptent et peignent des morceaux de bois. Ils récupèrent des des planchers, des charpentes, qu’ils sculptent d’images représentant les maisons d’Olinda, de personnages de la culture Nordestine ou des scène religieuses (selon son centre d’intérêt !).

 

Dans sa petite boutique, Luiz nous montre presque gêné son album photos. Des cadres, des entourages de portes ou de fenêtres qui lui ont été commandés par des Américains, des Portugais, des habitants de Sao Paulo, qui sont tombés amoureux de son travail. On comprend… ce qu'il fait, c’est magnifique. C’est d’ailleurs un artiste qui s’est tue lorsqu’on a fait le tour de son atelier. Cela se dispensait de parler à ce moment lá. Oh merci !!!

 
Olinda.

A côté de chez Luiz, une galerie expose des costumes traditionnels et des masques du carnaval d’Olinda. Un peu plus loin, on rentre dans une petite boutique de vêtements. Une jeune femme pleine de talent explique que c’est elle qui dessine les modèles, et qui sont ensuite réalisé dans son atelier, juste derrière le magasin.

 

L'atmosphère est réellement très agréable et nous promet de belles balades. Cette bourgade nous rappelle une île dans la lagune vénitienne : Burano. L'ambiance y est tout aussi paisible.

On décide donc de finir tranquillement la journée à l’auberge, au bord de la piscine, une caiperinha à la main, des noix de cajou grillées dans l'autre... en bruit de fond, retentissent les slogans publicitaires des futures élections électorales qui nous font plus rires les uns que les autres avec leur refrain de karaoké !

Le bonheur, parfois, c’est peu de chose…


"Ici, on vend de la bière et des rafraîchossements!".


 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Recife / Olinda
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Vendredi 11 août 2006 5 11 /08 /2006 17:49

Fernando de Noronha 

Balade en bateau, dauphins, plongée libre et farniente


Des dauphins nagent autour de notre bateau.


L'excursion en bateau qu'on avait réservé par l'intermédiaire de la pousada s'annonce sous les meilleurs hospices. Le ciel est clair et presque ensoleillé, pas une goutte de pluie à l'horizon.





A 7h30, un minibus vient nous prendre à notre pousada pour nous emmener vers le port de Santo Antonio, au nord de l'île. Et là, surprise, nous retrouvons une famille française, elle aussi en vacance au Brésil. Ils ne parlent pas un mot de portugais, on essaye donc de jouer les interprètes pour qu'ils comprennent comment va se dérouler l'excursion et pour les aider à louer masques et tuba au prix de vente chez Decathlon ( !).



Le tour en bateau doit durer un peu plus de trois heures, le temps de longer la côte nord de l'île et de s'arrêter faire un peu de plongée libre sur l'une des plages. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, on a encore payé cette excursion la peau des fesses, et pour ce prix là, la compagnie ne fournit même pas un masque et un tuba pour aller plonger. Le même genre de tour en bateau, dans les îles grecques, coûte deux fois moins cher, pour une balade d'une journée (et non pas une matinée) et fournit le matériel.


Dauphins à Noronha.


On embarque donc à 8h00, direction le nord de l'archipel, pour faire un tour des petits îlots inhabités. Si les îlots en eux-mêmes sont complètement inintéressants (des rochers tout gris au milieu de l'océan), le spectacle est ailleurs. Des dizaines dauphins ont décidé de se joindre à nous, et de faire un bout de chemin en suivant ou devançant, comme des petits chiens tout joyeux, notre bateau. Par groupe de 4 ou 6, ils nagent à côté de nous, en s'amusant.



Des dizaines de petits groupes sont éparpillés autour de nous. Au total, il y a sans doute une bonne centaine de dauphins ! L'eau est transparente, on les voit donc très nettement. On les entend même respirer quand ils remontent à la surface. De temps en temps, ils font un petit saut, une petite vrille, histoire de nous montrer qu'ils sont contents et qu'ils s'amusent bien. Nous sommes comme des enfants émerveillés et on s'écrit « ohhhhh ! ahhh ! regaaaaaade !!!!! ohhhhhhhhhohohohohoho !!!! ». Nous sommes tous véritablement émus de les voir si près, de les touchers presque. Rien que pour ça, on est content d'être là. Cela restera un grand moment de notre voyage.

 

Le bateau ralentit, tourne sur lui-même, et les dauphins suivent. Ils tournent avec nous, ralentissent ou accélèrent au rythme du bateau, c'est incroyable. Quand on dit que ce sont des animaux intelligents, c'est vrai, ils semblent vouloir communiquer avec nous,sortent de l'eau et nous regardent. Tout le monde est en extase. Les dauphins nous suivent pendant encore un quart d'heure, puis disparaissent. C'est bien beau de s'amuser, mais ils ont sans doute autre chose de plus sérieux à faire !

 

Baia do Sancho oú nous effectuons une plongée libre.


Nous aussi d'ailleurs, après les îlots du nord, le bateau file le long de la côte. On aperçoit toutes les plages qu'on avait visitées la veille avec le buggy. Mais le spectacle est beaucoup moins beau vu de l'eau. On ne voit qu'une petite bande de sable et derrière, des falaises noires et une végétation pas terrible, pas du tout tropicale en tout cas. Nous, on l'a déjà vu du haut des falaises, on apprécie donc un peu mieux cet autre point de vue. Mais la famille française qui est avec nous a commencé son séjour par le tour en bateau et reste un peu perplexe. « C'est ça l'île paradisiaque de Noronha ? Ce ne serait pas une grosse arnaque touristique cet endroit par hasard ?».


 

Ben oui, c'est ça, Virginie se souvient de ses discussions avec Tatiana qui est déjà venue à Noronha. Elle ne s'est jamais étalée sur le sujet, sauf pour dire que tout était effectivement très cher. A-t'elle vraiment aimé cette île ? On ne peut même pas parler d'un tourisme de luxe car rien n'est luxueux ici. C'est juste comme ailleurs, mais en 3 à 4 fois plus cher. Au Brésil, sur la côte du Nordeste, il y a de  partout pour Noronha. Ne serait-ce pas plutôt cette propagande qui influence les gens ? Elle en tant qu'habitante brésilienne à l'époque, comment a-t'elle perçu cette île ?

Bon, c'est super joli et calme, c'est vrai, mais des milliers d'autres endroits comme celui là existent dans le monde.

 

Le frère de Nemo déguisé en bleu.

On en profite pour discuter un peu plus avec cette famille. Eux aussi font un petit circuit au Brésil, et au fil de la conversation, on s'aperçoit que Kevin, le fils de 15 ans, fait lui aussi de la capoeira à Paris, et devinez avec qui ? Avec Jorge, notre prof, dans le même groupe que nous ! Hasard, destin, appelez ça comme vous vous voudrez, car il y a 96 groupes de capoeira à Paris, toujours est-il que le monde est vraiment petit. Nous n'avions jamais rencontré Kevin car il a commencé lorsque nous nous sommes arrêtés il y a plus d'un an.



Simon, Virginie, Kevin et sa famille.


Avant Fernando de Noronha, ils sont passés par Olinda, notre prochaine destination. Ils ont trouvé la ville très jolie, mais selon eux, on en fait vite le tour. Dommage, on y reste une semaine ! Bah, on verra bien?

 

Le bateau file toujours le long des plages. Un nouveau groupe de dauphins nous rejoint quelques minutes, le temps de s'amuser un peu. Nouvelle extase et émotions ! Mais ils repartent plus vite. On passe devant la Baia dos Porcos, toujours aussi impressionnante avec ses eaux transparentes et ses deux gros rochers plantés dans l'océan « Os dois irmoes » (« les deux frère »), puis on atteint la Baia dos Golfinhos, où il n'y a pas l'ombre d'un dauphin ! Bizarre ces bê-bêtes là ne sont jamais là où on les attend !

 

les poissons s'agglutinent sous le bateau.


Nous arrivons enfin à l'extrémité sud de l'archipel, où un énorme trou dans la roche laisse entrevoir les vagues de l'autre côté. Petite photo souvenir avant de repartir vers la Baia do Sancho. On n'avait pas pu descendre sur cette plage la veille, car le chemin depuis le haut de la falaise était truffé d'échelles et de marches bien glissantes après une petite pluie tropicale de 1h00 et quelques. Aujourd'hui, l'accès est beaucoup plus simple avec le bateau, qui jette l'ancre à quelques mètres seulement du sable. On enfile nos masques et nos tubas, et c'est parti pour une petite heure à se faufiler entre les poissons.

 

Autant la baie d'Atalaia nous avait déçus la veille, autant là, on ne sait plus où donner de la tête. On se croirait un peu dans « Nemo », il y a des centaines de petits poissons de toutes les couleurs, des coraux. Virginie n'est pas trop rassurée car elle entend dire par les nageurs qu'il y a une grosse murène sur un rocher juste au-dessous de l'eau, alors elle décide de rester à quelques mètres de la côte. Mais même là, elle voit des tas de poissons multicolores qui viennent lui dire bonjour en famille en lui faisant des bécots sur les jambes puis, une fois les présentations faites, repartent en se dandinant de gauche à droite.


 

Un poisson bleu...

Je décide d'aller un peu plus loin, vers les rochers, où paraît-il, avec un peu de chance, on peut voir des tortues et de petits requins inoffensifs. Trop petit pour béqueter des grosses bêtes comme nous ! Malheureusement, la chance nous manque un peu depuis notre arrivée sur l'île ! Pas de tortues ni de requins, donc, mais quand même des tas de petits poissons à moitié fluorescents, des anémones géantes, une murène, ça me fait regretter de ne pas pouvoir faire de baptême de plongée ! Notre appareil photo ne peut plonger à plus d'1 mètre sous l'eau, dommage. Il faut descendre à 2 mètres pour voir des poissons en plus grande quantité.

 

Simon appelle les poissons en claquant des doigts dans l'eau...


L'heure passe en une minute, et on doit déjà repartir ! Je suis le dernier. Je n'arrive pas à remonter tant je suis émerveillé par ce spectacle que je vis pour la première fois. Je m'apprête à remonter sur le bateau, mais autour de l'hélice, je vois des dizaines de poissons à rayures jaunes en train de manger les petites algues collées à la coque. Encore quelques minutes à m'étonner de ce spectacle, et je remonte définitivement sur le bateau.

 

Le retour est beaucoup plus calme. Les dauphins sont partis faire la sieste, et on ne les reverra plus. Avant d'arriver au port, on s'arrête quand même cinq minutes devant un énorme rocher. Notre accompagnateur nous dit de tendre l'oreille, on entend comme un grondement de fauve. Une petite fente de quelques mètres dans le rocher (de plusieurs mètres de haut) laisse passer le vent qui, en s'engouffrant, produit cette espèce de ronflement sourd. Impressionnant.

 

Retour au port à 11h30, comme prévu. La veille au soir, dans notre infâme petite cantine, nous avions discuté avec un habitant de l'île qui nous avait dit : « allez au port quand la marée est en train de monter, on peut voir des tortues ». Après confirmation des horaires des marées, la responsable de l'agence de tour en bateau nous conseille de revenir vers 3 ou 4 heures pour voir les tortues. On a donc le temps de rentrer à la pousada pour se reposer et manger un peu. Le minibus qui nous avait emmené le matin nous ramène, et le chauffeur nous assure qu'un bus de la commune passe toutes les demi-heures dans la rue principale. Il nous permettra de retourner au port dans l'après-midi pour voir les tortues.


 

Côte de Fernando de Noronha.


On décide de retourné dans notre petit resto du premier jour, pour remanger ces délicieuses moules au lait de coco. Il n'est que 2 heures, encore un peu de temps avant d'aller prendre le bus. Juste de quoi aller faire une petite balade sur la plage et se tremper les pieds dans l'eau !

 





A 3h15, on décide de remonter pour prendre le bus de 3h30. Un premier bus passe, mais il va dans la direction opposée. 3h45, 4h00, 4h15... toujours pas de bus... agacés, on retourne sur la plage pour passer le reste de l'après-midi... c'est à dire encore 1h00 avant la tombèe de la nuit. Tant pis pour les tortues, on en verra sans doute plus tard sur la côte bahiannaise.

 

L'une des deux rue de Noronha, face à la commune.


On décide quand même de changer de plage, pour essayer de voir un beau coucher de soleil. Direction la Praia do Cachorro (littéralement plage du chien), charmante petite anse aux eaux toujours turquoises. Un petit bar a installé des tables et des parasols sur le sable, on s'y installe. Voilà qui promet une fin d'après-midi des plus tranquilles ! On commande un coca et une bouteille d'eau, toujours hors de prix?


On passe cette fin de journée à observer le paysage? et les gens sur la plage. Beaucoup de touristes italiens, à Noronha. Des brésiliens et des espagnols aussi. Les brésiliens semblent enchantés par le lieux, étrangement, les étrangers un peu moins.

 

Le coucher de soleil est, pour la première fois, un vrai coucher de soleil, sans nuage. Magnifique, le soleil disparaît lentement derrière les rochers plantés dans la mer.


Fernando de Noronha.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Fernando de Noronha
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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /2006 14:16

Fernando de Noronha

Tour de l´île en buggy, plongée libre à Atalaia

Fernando de Noronha


Le chauffeur du buggy nous ramasse à 8h00 à la pousada, direction Atalaia où se trouve une piscine naturelle protégée. Seules 100 personnes par jour sont autorisées à se baigner pendant 1/2 heure.



Piscine naturelle de la Praia d'Atalaia


Manque de bol, il fait gris, il bruine, la mer est si forte que des vagues passent au-dessus du récif et éclatent dans la piscine naturelle, d'où certainement l'absence de poissons et de tortues ce jour là. Nous nageons avec quelques poissons gris à rayures jaunes mais c'est tout. Il est vrai cependant que l'eau est vraiment limpide.

 

Virginie à Noronha .

Nous partons ensuite en buggy sur le long de la côte. Nous nous arrêtons au début d'un chemin qui s'effectue à pied. Nous voilà partis sur les chemins escarpés et rocailleux de Noronha jusqu'au Mirante dos Golfinhos, le point d'observation des dauphins.

Simon...

Une fois arrivés, 3 filles du centre Tamar, centre qui s'occupe de la protection des tortues de mer et des dauphins, sont là à observer avec des jumelles géantes dignes d'un Tex Avery. Elles ont des feuillets sur lesquels elles prennent des notes, comptabilisent les dauphins qui pointe l?aileron hors de l'eau avec un compteur. Nous sommes à 50 mètres au-dessus de la mer, et nous ne les apercevons qu'en tout petit. Ils s'agitent comme des fous dans l'eau. Notre guide demande à l'une des filles combien elles en ont compté ce matin : 725, rien que dans cette baie. En effet, c'est ici dans cette baie que vivent les dauphins. Il est d'ailleurs interdit à tout bateau de s'en approcher.

Simon observe les dauphins.

 

Nous poursuivons notre petite randonnée le long de la côte en marchant toujours plus haut. Malgré la grisaille, nous apercevons alors quelques-unes des plus belles plages de Noronha, dont la Praia dos Porcos. Les quelques mètres d'eau turquoise aux bords de 3 ou 4 plages contraste avec le ciel gris et le sable doré presque rose. Pendant notre marche, la pluie reprend. Nous nous réfugions sous un abri apparemment prévu à cet effet avec d'autres randonneurs trempés de la tête aux pieds.


Lézards qui lézardent.

On attend que ça se calme un peu puis on repart toujours plus loin pour admirer d'autres plages que l'on contemple en silence en écoutant la mer, en regardant le cortège de milliers d'oiseaux dans les arbres. Le guide (qui est notre chauffeur de buggy en fait) nous parle également de certains arbres que nous rencontrons, de leurs bienfaits, de leurs dangers. Beaucoup d'arbres fruitiers bien différents de ceux de l'Amazonie longent notre chemin. Ils seront en fleur dans quelques semaines à peine et en fruits vers Noël. Plus on discute avec les Brésiliens, plus on s'aperçoit que la période la plus belle et la plus agréable pour venir visiter ce pays, c'est octobre novembre. Les pluies n'ont pas encore commencé, l'hiver est fini, la plupart des arbres et les plantes sont en fleurs.


Fernando de Noronha.


Sur le chemin du retour vers le buggy, il nous montre une issue possible pour accéder à une plage : une échelle de plusieurs mètres de haut, à pic entre deux rochers. Les gens y vont, mais le vertige me prend et je reste paralysée à ne plus pouvoir ni avancer ni quitter le vide des yeux. Simon descend pour voir si c'est dangereux. Non, ça ne l'est pas, mais je ne peux pas, le guide nous dit alors que de toute façon on peut y accéder en bateau le lendemain. C'était bien la peine de se fiche une frousse pareil !
 

 

Nous reprenons notre buggy pour aller visiter une autre plage. Il est presque 13h00 et le chauffeur nous propose de déjeuner à l'une des paillotes en bordure de plage. La femme qui tient le lieu, vêtue et lunettée de Chanel (véridique !!!), nous annonce le prix de son poisson « haute couture » et de ses frites congelées : 20 euros le plat. Vous y croyez à ça ? Dans un pays où le Smic est à 100 euros ??? On éclate d'un rire de stupéfaction, car l'Amazonie ne nous avait pas habitué à ces prix ni à cette qualité de Mac Donald's.





Coco Chanel baisse outrageusement son prix en 2 secondes, mais écoeurés, on refuse en coeur. Les Brésiliens n'ont pas trop l'habitude du refus. Ils ne le prennent pas mal du tout, mais sont assez mal à l'aise. On explique ensuite à notre chauffeur que l'on n'en est pas à notre premier poisson frais et que depuis la veille, que tous les prix de l'île donne juste envie d'en partir. On lui demande ensuite de nous emmener dans la cantine locale, dégueulasse, mais tant pis. On a super bien mangé pour des prix corrects jusqu'à présent partout où l'on est passé au Brésil, on pourra survivre pendant 3 jours.


Simon et le chauffeur de buggy.


L'après-midi est consacrée aux balades sur les plages, à leur visite. Nous stationnons 30 à 45 minutes sur plusieurs d'entre elles, histoire de se donner une petite idée pour y revenir le lendemain par nous-mêmes. L'île n'est quand même pas sans rappeler les côtes bretonnes et ses îles en plein été. Et encore plus la Corse bordée elle aussi d'eaux turquoises par certains endroits et de fonds marins magnifiques.

 

Mais quel plaisir d'être seuls sur une plage et de s'élancer dans les vagues comme des fous ! Lorsque le soleil revient, il cogne dur. Entre deux ondées, j'oublie ne serait-ce que 20 minutes de me retartiner de crème solaire et c'est la catastrophe : coups de soleil rouge vermillon qui met en émoi toute l'île de Fernando de Noronha ! Il est terrible le soleil ici. C'était pourtant de l'indice solaire 50 que j'avais mis avant la pluie !

 

Fernando de Noronha.


 

Simon sous la pluie.

Un peu surpris de constater qu'en réalité, aucun aménagement écologique n'est prévu ici plus qu'ailleurs alors que l'on paie une taxe d'entrée pour ça, nous avons un peu discuté avec notre chauffeur en lui demandant selon lui à quoi servait l'argent concrètement.

 

Fernando de Noronha.


Réponse du chauffeur : à engraisser les politiciens véreux de l'Etat de Pernambuco qui cultivent des champs de drogue dans l'arrière-pays, qu'est-ce que vous croyez ! Rien ne revient à l'île contrairement à ce qu'on vous fait croire. Les chemins ne sont même pas entretenus. C'est ce qui bousille les voitures et du coup elles polluent plus. Rien n'est entretenu ici, les pauvres de Noronha se sont jamais aidés alors que tout le monde est riche ici. De même pour le collège d'ici qui est lamentable et pas entretenu. Rien n'est fait pour nous les habitants. On envoie tous nos enfants à l'école de Natal quand on peut?

 

On a cru comprendre que ce chauffeur faisait partie du conseil municipal de la commune afin de faire avancer les choses. Il nous raconte qu'à la dernière assemblée générale, il s'est insurgé contre le gouverneur de l'île (c'est ce qu'on a compris mais on n'est pas sûr) en lui disant que si la commune utilisait réellement tout l'argent des taxes des touristes, Noronha aurait les écoles les plus riches du monde, les chemins les plus beaux et qu'il n'y aurait pas de pauvres.

Le gouverneur lui répond : mais vous êtes un terroriste !

Le chauffeur : non monsieur, je pense juste que Noronha serait sûrement bien plus riche que la France si l'argent n'était pas reversé à l'Etat de Pernambuco. Il faut révolutionner la politique de cette île !!!

Le gouverneur : c'est bien ce que je dis, vous n'êtes qu'un terroriste !

 

Fernando de Noronha.

Le chauffeur nous explique que c'est souvent comme ça au Brésil. Le fait de contester, c'est être un terroriste. Si vous aviez vu la tête gentille de notre terroriste? Notre chauffeur-terroriste nous explique alors que tout le monde sur l'île souhaiterait faire partie de l'Etat Rio Grande do Norte, là où se situe Natal que tout le monde adore ici, et surtout pas de Recife qui ne fait parler d'elle qu'en termes de violence, de drogue et de corruption politique.
 

 

En nous promenant le soir dans Noronha, nous constatons en effet qu'il n'y a aucune âme dans cette île, aucune vie réelle. Les quelques habitants travaillent tous dans les pousadas, dans la poignée de restos ou dans le domaine des excursions, des bus ou des buggys. Le chauffeur nous avait expliqué que, en gros, lui, il travaillait ici 6-8 mois de l'année et retournait ensuite sur le continent pour « parler avec des vraies gens et s'aérer la tête », nous précise-t-il.

 

Pour le dîner, nous retournons dans une autre cantine toute aussi pas terrible que la première, mais tellement sympa avec ses touristes et sa mamae qui parle chaleureusement avec tout le monde. Les quelques terrasses de restos aux tarifs comiques sont pratiquement vides. Les salles internet également, et ce, sûrement pour les même raisons. Nous longeons la mairie, bâtiment rouge rutilant, seule endroit entretenue et « riche » de l'île. Nous finissons à l'unique épicerie de l'île pour racheter de la crème solaire et des cartes postales. Le tarif de la crème solaire est deux fois celui des produits haut de gamme des pharmacies en France !

Douche en bord de plage.

Simon et Virginie à Noronha.

On voulait un plan de l'île également, mais apparemment il n'en existe pas. Ah si, de très grande rutilante, encadrée à emporter comme souvenir !!!

Tiens au fait, pourquoi la commune n'a t'elle pas instauré un point d'information touristique vu que l'île n'est couverte exclusivement que de touristes ?

 

Commune de Noronha.

Nous prenons notre mal en patience. Cependant, ce soir, l'un comme l'autre, on donnerait n'importe quoi pour quitter cette prison dorée et revenir à Natal avec Marco qui ne fait que des bourdes et se reposer sur notre petite plage de Ponta Negra, à condition qu'elle soit ensoleillée bien sûr !

 

Demain s'annonce une excursion de taille : la balade en bateau, les dauphins et la plongée libre.



Fernando de Noronha.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Fernando de Noronha
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Mercredi 9 août 2006 3 09 /08 /2006 13:52

Fernando de Noronha

Arrivée, plages

 

"Os dois Irmoes" (les deux frères), rochers symboles de Fernando de Noronha.

Il pleut sur la ville comme il pleut sur nos cœurs. On décolle dans la grisaille, quel dommage. N’oublions pas que sur la côte ouest du Brésil, nous sommes en plein hiver, dans la période la plus froide de l’année. En fait, la température ne baisse pas. Ce sont le vent et la pluie qui glacent.


Simon devant le petit avion qui nous mène à Fernando de Noronha.

Nous atterrissons à Noronha sous un soleil resplendissant. On nous fait payer des taxes  exorbitantes pour la protection de l’environnement car nous arrivons dans une île protégée et en échange on nous offre un sac poubelle. La cargaison de touristes qui part attend que nous sortions tous de l'unique avion quotidien en provenance de Natal pour  y monter. Les hôtesse d'accueil qui nous tamponnent bruyamment nos "autorisations d'entrée sur le territoire écologique" de l'île font toutes la tête. Là d'un coup comme ça, on se sent un peu comme du bétail. Est-ce la fatigue de la veille ? La lassitude des transports qui commence à s'installer ? Ou véritablement l'ambiance étrange qui flâne dans cet aéroport?


Fernando de Noronha.

Dehors, il fait chaud. Mais nous sommes sur une île en plein océan Atlantique et le vent doux n’est pas sans nous déplaire. Un bus collectif réservé par les pousadas de l’île nous emmène en « centre ville », c’est à dire à à peine 10 minutes de l’aéroport, dans une bourgade de 10 maisons à peine. L’île est couverte de pousadas… étonnant pour un endroit protégé où soit disant 400 touristes par jours sont autorisés à poser le pieds.

 

Pailottes où l'on déguste les sururus, minuscules moules locales.

Nous nous installons… nous avons payé une fortune pour une chambre très modeste. Mais propre, ce qui est déjà ça. De toute façon, les guides préviennent leurs lecteurs : le rapport qualité prix de Noronha est très mauvais.




La gentillesse de Fernando, de sa femme Veronica et de leur employée Lilia font tout oublié.

Nous discutons des balades à effectuer dans l’île. Fernando est au courant de toutes les sorties prévues et des prix… exorbitants. Nous souhaitions effectuer un baptême de plongée mais le coût proposé couvre la totalité de notre budget prévu pour nos 3 jours à Noronha !



Nous décidons d’aller directement à la plage et d’y manger. Nous avons faim, car le paquet de cacahuètes que nous a offert l’avion pour tout repas du midi fut un tantinet léger. Nous descendons les ruelles escarpées tissées de pierres énormes. Il n’est pas rare à Noronha de voir les gens péter leurs tongs dans les pierres en se tordant les pieds. La sandale de marche à velcro est ici exigée.

 

Plage de Fernando de Noronha.

Nous comprenons très vite l’utilité d’un buggy tant les chemins sont fatigants à pied. Le buggy n’est pas ici un loisir de touriste en mal de sensations fortes mais une nécessité.

Nous descendons sur les deux premières plages. C’est joli, très très joli. Les rochers noirs tombent à pic dans de l’eau parfois turquoise. Il n’y a presque personne, pas de parasols, pas de vendeurs ambulants, pas de brouhaha de voitures en toile de fond, juste des oiseaux, un cheval et son cavalier, une famille en train de nager, un plongeur en train de remonter. Un Noronhese promenant son chien.

 

Nous nous asseyons à l’unique paillote du lieu et commandons un plat local : des minuscules moules à la crème de coco. Une fois rassasiés, nous choisissons l’une des plages pour aller nous y allonger. C’est très calme. Pas de cris, pas de musique, pas de bruit tout simplement. Une plage à perte de vue bordée de rochers noirs très impressionnants. Nous regrettons cependant que la nature soit si monotone, si peu tropicale. Nous nous attendions à quelque chose de plus verdoyant. De plus exotique aussi.

 

Fernando de Noronha


Nous ne nous lassons pas d’observer les oiseaux. Il y a ici 24 espèces d’oiseaux marins ! Dont certains, énormes, plonges à pics comme des avions dans la mer pour en ressortir la gorge pleine.

 

Une forte pluie nous oblige à retourner nous abriter sous la paillote.

Nous rentrons à la pousada et décidons d’opter pour une journée en buggy le lendemain afin de faire le tour de l’île, ainsi qu’une matinée en bateau le surlendemain afin de longer la côte, mais surtout de voir des dauphins, et d’effectuer une plongée libre au masque et au tuba.

 

Le soir, le village est désert, sans animation. Le coût prohibitif des petits restos nous oblige à nous rabattre sur les conseils de nos guides pour une cantine locale bon marché.

 



Là, nous retrouvons les familles de Français et d’Allemands et autres gens du nord de l’Europe. Nous avons rencontré énormément d’Italiens et d’Espagnol cet après-midi mais qui voyagent apparemment sans leurs enfants. La nourriture de ce lieu est vraiment bas de gamme, mais ici, tout est plus cher qu’à Paris !!!

 


Simon au coucher du soleil, Fernando de Noronha.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Fernando de Noronha
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Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /2006 12:14

Natal

Plages en Buggy dans le Nord de Natal

 


Virginie, Simon et le couple de Brésiliens dans le buggy.


Notre buggy vient nous prendre comme prévue à la pousada. Marco nous avait promis qu’on ne serait que tous les deux, manque de bol, on va être 4. Un peu les uns sur les autres dans ces buggys tape-cul, mais le jeune couple de Brésiliens qui est avec nous est sympathique. On décide d’un commun accord que l’on prendra la place du devant à tour de rôle.


Et nous voilà partis sur les routes de la périphérie de Natal avec notre petit buggy qui arrive au ras du bas des camions et des bus fous. Pas très rassurant. Nous croisons énormément d’autres buggy tous aussi bondés que le nôtre. C’est rigolo. Au bout de 10 minutes, avec Simon, on s’étonne de toujours aller vers le nord de Natal.


"Parking de buggy dans les dunes".

On demande au chauffeur du buggy si on va bien dans le sud vers Praia de Pipa. Pas du tout, on va dans le nord, là où justement Marco nous avait recommandé de ne pas aller à cause de la quantité de buggys qui y va chaque jour mais surtout, pour le fait que nous revenions juste des Lençois Maranheses et que « ça y ressemble en moins bien », nous avait-il dit. On en avait eu la preuve par l’album photos perso de Marco.



 

Tempête d'hiver dans les cocotiers au nord de Natal.

Le chauffeur s’arrête, de son téléphone portable il appelle sa société pour qu’un autre buggy vienne nous chercher pour Praia da Pipa. Mais il est trop tard. Il aurait fallu partir une heure plus tôt à cause d’une plage couverte par la marée haute après 9h00 du matin en direction de Praia de Pipa. Visiblement, c’est encore Marco qui s’est gouré dans la réservation. Le chauffeur nous demande ce qu’on veut faire, venir dans le nord ou retourner à la pousada. Vu que l’on part demain pour Fernando de Noronha, nous choisissons d’y aller quand même. On est à la fois en colère après Marco qui a vraiment la tête dans les nuages, et après nous, pour ne pas avoir effectué nous-mêmes cette réservation.

 

Bon, allez, y’a plus grave dans la vie que de ne pas voir Praia de Pipa… ça nous obligera à revenir un jour comme ça !

 


 

Embouteillage de buggys !

Nous arrivons peu de temps après à un embarquement de buggys pour traverser une rivière. Une véritable autoroute de buggys mal entretenus qui polluent à mort. Lorsque nous sommes sur l’embarcation poussée par un bateau à moteur comme en Amazonie, une barque s’approche avec un photographe qui mitraille chaque buggy avec ses passagers. Le chauffeur nous explique qu’ils viendront nous vendre les photos plus tard dans la journée. Incroyable…

 
Photographes ambulants de buggy remplis de touristes.

Nous nous élançons ensuite à travers des hameaux de maisons, jusqu’aux gigantesques dunes en bordure de mer. Nous suivons tous les buggys, d’autres nous suivent. Drôle d’ambiance de rally !

 


Pause buggy au milieu des "vendeurs" en tout genre.


Effectivement, c’est rigolo, les dunes sont larges tout comme les plages, mais rien à voir avec les Lençois Maranheses. Elles n’ont pas vraiment de charme. Par contre, on se marre bien quand le buggy dévale des dunes immenses qui tombent à pics, prend des virages qui nous font décoller de terre, remonte de biais certaines dunes pour ne pas glisser. « Vous voulez de la sensation ? », nous dit le chauffeur. « Ouiiiiiiiii !!!!!!! », s’écrit-on en cœur.

 

Et hop ! Nous revoilà partis de plage en plage où bien naturellement il n’y a pas un rat… seulement des colonies de buggys.

 


Rallye dans les dunes.


Nous nous arrêtons, avec tous les autres buggys, exactement aux mêmes endroits visiblement prévus à cet effet. Là encore, tout un tas de vendeurs de maillots de bains, de casquettes, de coquillages pas du tout de la région, nous attendent et nous harcèlent. Franchement, il n’y a pas d’autres mots. C’est usant. Même si parfois certaines personnes nous touchent beaucoup...

 


 

Arrêt des buggy sur une plage au nord de Natal.

 

Il bruine et la mer est tellement agitée qu’il nous est impossible de se baigner chaque fois que l’on marque un arrêt.

 


Un tout petit singe grimpe craintivement dans le cou de notre chauffeur.

Nous repartons pour de nouvelles sensations où parfois, il vaut mieux fermer les yeux sous peine de penser qu’on va basculer sur le côté ou en avant. La musique à fond dans notre petit buggy et le chauffeur qui lance ses bras en l’air en rythme… ça vaut son pesant de cacahuètes !

 

En pleine descente aventureuse d’une dune, un autre buggy arrive en sens inverse avec toujours le même photographe qui nous mitraille une fois de plus. On se croirait dans un film comique tellement toute cette mise en scène parfaitement rodée nous paraît invraisemblable.

 


Plage de Genipabu.


Nouvel arrêt sur la plage de Genipabu où des dromadaires importés d’Espagne attende le touriste pour une promenade. On se dit qu’on ira bien un jour au Maroc. On verra à ce moment là.

 

 

Nouveau rally dans les dunes où malheureusement on ne s’arrête jamais lorsqu’on le souhaiterait. Nous traversons de jolis paysages que nous avons à peine le temps de voir et on s’arrête chaque fois dans des lieux parfaitement inintéressant. Cette fois, ce sont des enfants avec des singes et des iguanes apprivoisés qui font payer pour faire une photo. Ou bien des luges qui dévalent les dunes. Mais tout cela est payant. Il y avait la même chose dans les Lençois en mille fois plus beau et jamais personne ne demande de l’argent ! On ne peut pas s’empêcher de comparer tant cette promenade en buggy est vraiment surfaite. Bon, ça reste très rigolo quand même.

 


Le clou du spectacle est lorsqu’on s’arrête le midi pour déjeuner dans des paillotes aux prix hallucinants. Le coût du poisson ici vaut de l’or ! Naturellement,y’a rien d’autre aux alentours. Pas le choix, faut se nourrir un minimum. La mer, visiblement bien polluée, est remplie de bateaux de pêche à l’arrêt.

 


Iguanes dans le sable.



Les vendeurs ambulants ne nous lâchent toujours pas et commencent à nous mettre de mauvaise humeur. Ils viennent nous voir jusqu’à 5 fois de suite et le chauffeur en rajoute une couche en vendant les mérites de ce qu’ils vendent (des nappes de table de 3 mètres de long, des coquillages de Tahiti et des hamacs !). Un type arrive avec les photos de la matinée déjà tirées sur papier. Naturellement, à un prix fortement dissuasif et pratiquement personne n’achète… sauf les Brésiliens comme souvent.

 

 

La pluie arrive de nouveau et nous empêche de repartir tout de suite. Lorsque cela se calme, nous repartons en sens inverse. Mais une heure après à peine, la pluie est telle qu’elle nous oblige à nous arrêter sous le porche d’une maison. Nous restons là presque 1h30 à se les peler sévère, à se prendre des rafales de vent mouillées en pleine figure. On grelotte, on a tous les lèvres violettes. Comme la pluie ne s’arrête jamais, nous décidons de retourner directement à Natal.






 

Manque de bol, notre buggy ne possède une toiture de plastique que pour les passagers du devant. Pas pour les 3 passagers de l’arrière. La Brésilienne qui est avec nous, depuis le matin, trouvait ça nul d’être devant. Elle préférait se la jouer aventurière assise le cul sur le capot le cheveu au vent. Cette fois, elle ne demande l’avis de personne et s’installe devant à côté du chauffeur, sous la capote, en voulant à peine prendre notre sac pour ne pas qu’il soit trempé. C’est le chauffeur qui finit par le lui mettre dans les jambes. Son mec est assis avec nous avec sa malheureuse serviette de plage sur la tête. Nous, nous sommes blottis sous un paréos qui stoppe juste les rafales de vent et de pluie. Plus d’1h30 de route avec la nuit qui arrive à grands pas, les embouteillages dans Natal et les gaz d’échappements puants qui nous arrivent dans le nez. On est trempé jusqu’aux os. On claque tous les 3 des dents pendant que l’autre pétasse devant raconte sa vie au chauffeur.

 

Cette heure et demi dans la pluie en maillot de bain sous un paréo qui ressemble à une serpillière non essorée, nous a semblé la plus longue de notre vie. Pour positiver, on se raconte tous les bons moments qu’on a passé au Brésil depuis notre arrivée, puis comme le temps se fait encore plus long, on remonte dans le temps jusqu’aux 3 ans passés ensemble. On finit par avoir envie de manger un cassoulet au coin du feu (même si chez nous on n'a pas de feu !), d’être dans notre lit à Paris avec une bonne tisane.



 

Dunes au nord de Natal

 

Lorsqu’on arrive à la pousada, on a si froid qu’on se met dans le lit avec nos duvets. On prend de quoi ne pas se chopper la grippe. Bref, pas de resto ni de sortie car la tempête bien bretonne nous oblige à se faire une soirée Occillococcinum !

 

 

Je finis quand même par aller chercher notre linge à la lavanderia et un plat chaud au resto du coin. Sur l’esplanade, un gamin vêtu d’un sac en plastique percé pour laisser passer les bras, se réfugie sous mon parapluie.

 

Moi : qu’est-ce que tu fais dehors à cette heure ci sous la pluie ? Tu devrais être chez toi ?

 

Le gamin : chez moi il n’y a pas à manger et là je cherche à manger.

 

Ca me fend le cœur et je culpabilise à mort de croire que cette journée a été gâché. Comme il s’en va, je le rappelle et je lui donne de l’argent pour qu’il mange et lui fait promettre de ne rien acheter d’autre que de la nourriture. Le gamin est super content. Alors que je lui ai donné 3 fois rien. Il sautille sous la pluie en me remerciant puis part en courant. Cela s’est passé très vite. Tout le monde dit ici qu’il ne faut jamais donner de l’argent, que cela sert plus à la drogue qu’à l’achat de nourriture. J’aurais dû l’emmener dans un resto et lui payer le repas. Mais bon, je lui fais confiance.



 

Plage au nord de Natal

 

De retour à la pousada, Marco est encore en train de se gratter le front en se demandant pourquoi il s’est trompé dans l’organisation de notre journée. Il est tétanisé de honte et ça aussi ça me fait culpabiliser. C’est pas grave, on a bien rigolé la moitié du temps, c’est ça l’important.

 

Simon finit par accepter de sortir de son duvet. On va dîner dans la salle à manger de la pousada, salle à manger des plus agréables avec des tas de collections allant du vieux fer à repasser aux coques de bateaux brésiliens. Marco est toujours devant un film français.

 

On prépare nos sacs de voyage pour la énième fois puis on se couche dans nos sacs de couchages.

 

Dehors, la tempête a fait rage toute la nuit.

 


Un bar les pieds dans l'eau

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Natal
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Lundi 7 août 2006 1 07 /08 /2006 11:44

Natal

Plage de Ponta Negra

 

Plage de Ponta Negra à Natal.

L’arrivée à Natal se fait sous un soleil radieux. La petite plage de Ponta Negra à 10 km du centre ville de Natal est des plus charmantes. L’ambiance est joyeusement festive, les touristes brésiliens occupent généreusement les transats et parasols, jouent aux raquettes, au ballon, mais par-dessus tout, s’élancent avec leurs planches de surf sur les grosses vagues de l’océan Atlantique. Les vendeurs ambulants de cocktails, paréos (presque tous ornés de grands drapeaux brésiliens !), lunettes de soleil et chapeaux s’en donnent à cœur joie. Les loueurs de petites planches de glisse trinqueballent leur charrette de parasol en parasol.

 

De notre chambre de la pousada Free Willy, nous voyons une petite terrasse (la nôtre, s’il vous plaît !), puis la piscine, puis l’allée de l’esplanade qui doit faire environ 3 mètres de large et tout de suite après la plage de sable fin. C’est pas beau la vie ?

 

Vue de notre balcon : la piscine, l'esplamade, le sable, l'océan.


Nous sommes ravis de cette pousada très familiale. Les gens qui y travaillent sont adorables. Nous discutons souvent avec Marco qui adore la France, apprend le français en regardant les jeux télévisés du câble genre « Pyramide » ou les films sous-titrés. C’est incroyable le nombre de Brésiliens que nous rencontrons qui sont déjà allés en vacances en France ou qui rêvent d’y aller, ou encore qui ont une personne de leur famille qui y vit. Bien sûr, comme d’habitude, un petit coup de Zidane là-dessus, et on refait le monde !

 


Intérieur Pusada Free Willy.
Collections d'objets anciens brésiliens exposés dans le séjour commun.

Nous discutons avec Marco de ce qu’il y a à faire dans le coin de Natal : rien, si ce n’est la plage et le buggy dans les dunes. Parfait, c’est juste ce qu’il nous fallait. Marco nous réserve notre Buggy.


En famille le dimanche à Ponta Negra.


Capoeiriste apprenti.

En ce dimanche ensoleillé, nous nous occupons de la lavanderia, et donc de notre excursion en buggy dans les dunes qu’on effectuera le mardi suivant, puis nous nous prélassons sur la plage jusqu’au coucher du soleil, une caïperinha à l’ananas absolument divine à la main.


"Un p'tit hula hula ma p'tite dame?"

On n’ose pas aller jusqu’à essayer le Hula-Hula que tous les Brésiliens de Natal s’arrachent : dans un ananas frais, on mélange donc la  chair de l’ananas avec de la cachaça, de la vodka, du lait concentré sucré, du jus de groseille et une boisson qui ressemble au Champagne, et appelée comme telle d’ailleurs, puis avec 3 tonnes de sucre en poudre. Certaines expériences culinaires nous font hésiter. On se dit désormais : on essaiera APRES l’excursion.

Vendeur de Hula-Hula.


Le soir, sur l’esplanade, plateau de langoustes grillées au citron vert qui fondent dans la bouche… on ne se refuse rien.

 

Jangadas sur la plage de Ponta Negra à Natal.

Après une bonne nuit bercée des vagues parfois houleuses de l’Atlantique, nous enchaînons sur une deuxième journée des plus fatigantes : plages, balades, resto de crevettes. Ici Internet ça marche super bien et en plus c’est pas cher (ce qui n’est bizarrement pas vraiment le cas au Brésil) ! Vive le blog, les mails à la famille. Nous avons appris qu’une grosse araignée s’était illégalement infiltrée chez nous la coquine ! N’y a t’il pas un entrepreneur sur cette terre pour fabriquer des répulsifs à araignées géantes afin d’exterminer cette espèce ?

 

"Hummm... des langoustes..."

Autre dilemme de cette deuxième journée : l’achat de maillots de bains décents. Difficile de se décider. Tout arrive au ras de tout ce que vous pouvez imaginer… mais nous ne sommes pas aussi à l’aise dans nos corps que les Brésiliens. Bon, moi je me lance. Je dis au vendeur :

Moi : oh lala, c’est trop petit ! Je vais prendre la taille au-dessus.

 


"Vas-y pour la langouste. Saude !"

Le vendeur : ah non madame, c’est votre taille ! Et les tailles au-dessus, ça n’existe pas. Vous n’en trouverez jamais.


Pour Simon, c’est moins drôle : la mode est aux slips de bain kangourous avec un gros drapeau brésilien sur les fesses !!!! On verra ce qu’on trouve plus tard. Le vieux maillot tout distendu de Monoprix d’il y a 3 ans continuera de faire l’affaire pour l’instant.



Loueurs de planches de surf au coucher du soleil vers 17h00.

 

Le midi, nous prenons un taxi jusqu’à un resto très original conseillé par nos guides et fortement recommandé par Marco. Mais nous sommes lundi et Marco a oublié de nous dire que c’était fermé ! Un aller-retour en taxi pour rien jusqu’au centre de Natal où visiblement, à part des buildings, des pompes à essence et des centres commerciaux, sans oublier les banques (qui fonctionnent !!!!) il n’y a pas grand chose à voir.

Pas grave, on va manger sur la plage de Ponta Negra… on retournera à ce resto demain soir après le buggy.

Bon, une petite pluie tropicale gâche le coucher du soleil. Tant pis, ce sera pour demain aussi.

Y’a des jours avec. Y’a des jours sans.

 

Embouteillage de Hula-Hula sur la plage de Ponta Negra.

Le soir, balade sur l’esplanade remplie de touristes brésiliens pas mal éméchées. Ils carburent tous à la cerveja et à la cachaça de manière exemplaire, si on peut dire ! On dit que les italiens ne parlent pas mais hurlent tout le temps. Ici, ils trouveraient leurs maîtres en la matière ! L’ambiance est joyeuse.


Surf à Ponta Negra.

 


Au dodo, demain on se lève tôt pour une virée en buggy dans le sud de Natal, jusqu’à la plage de Praia da Pipa à 85 km delà, certainement la plus belle plage de la région, ou en tout cas, réputée comme telle... oú il est soit disant possible de nager avec les dauphins !


Plage de Ponta Negra à Natal.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Natal
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Samedi 5 août 2006 6 05 /08 /2006 17:33

Saõ Luis, Alcantarà

Visite de Alcantarà, roda improvisée de capoeira, dîner maranhese

 

Alcantará.

Le matin, nous arrivons au petit port de Sao Luis afin d’embarquer pour l’unique bateau de la matinée en direction de Alcantarà. Une fois arrivée, la marée étant trop basse pour partir, on nous fait monter dans des taxis qui nous emmènent vers un autre embarquement improvisé depuis une plage. Les gens du port remplissent au maximum les taxis, et c’est comme ça que nous nous retrouvons avec un capoeiriste en train de lire un bouquin sur le sujet. Incroyable ! La journée commence plutôt bien. Nous discutons à bâtons rompus avec lui. Il a pratiqué la Regionale pendant 6 ans et pratique l’Angola depuis 2 ans maintenant. Nous sommes samedi et il se rend à une roda ouverte qui a lieu le soir même à Alcantarà.

 

Evaldo et Simon ouvrent la roda de capoeira.

Quel dommage que le seul bateau du retour soit à 16h30 ! Et quel dommage que nous partions le lendemain pour Natal car nous aurions pu aller dans son cours à Sao Luis. Contrairement à ce que l’on imaginait, ce n’est pas facile de trouver des cours de capoeira au Brésil. Ca le sera très certainement à Salvador de Bahia, mais ailleurs… rien. Tout comme les écoles de samba d’ailleurs qui sont fermées pendant l’hiver brésilien et ne ré-ouvrent qu’en octobre. Snif…

 

Jeu de capoeira.

Sur le catamaran qui nous mène tant bien que mal, malgré sa panne (qu’on ne remarque même plus), jusqu’à Alcantarà, le capoeiriste passe un coup de fil de son téléphone portable à son frère qui est déjà sur place.

 

"Chamada", mouvement de capoeira.

Lorsque nous arrivons 1h30 plus tard, une poignée de capoeiristes, dont le frère de de notre ami Evaldo, angoleiro jusqu’au bout du chapeau, nous attendent avec le berimbau, l’agogo et le pandeiro… Tout le monde toque et chante ! On nous propose direct là comme ça, une petite roda sur le quai à 3 cm du bateau, par 38° à l’ombre ! Dur… on demande juste un peu d’ombre… alors on remonte les quelques mètres qui séparent le tout petit port au village de Alcantarà, tout en marchant solennellement au rythme du berimbau. On s’installe à l’ombre des arbres, sur une terrasse de café vide (ou peut-être bondée de fantômes, on ne sait pas...).




Les capoeiristes prennent les chaises en plastiques du bar et les installent en rond afin de créer l’ambiance imaginaire de la roda. Avec Walid et Simon, on s’installe tous les 3 sur les chaises pendant que le frère entame une ladainha toute spéciale pour moi puisque j’avais demandé au capoeiriste du bateau s’il y en avait des particulières à la région.

 



Puis la roda s’ouvre, avec Simon et Evaldo. Quelques petits jeux d’angola gentils mais qui les épuisent et les mettent en eau l’un comme l’autre. Simon est aux anges. Les gamins capoeiristes qui accompagnent les plus grands sont très fiers d’être de la roda avec des Français ! Tout cela est bon enfant… quel bon moment !

 

Jeu de capoeira.



Il est presque 13h00. Les capoeiristes nous conseillent un petit resto où déjeuner. Nous ne les reverrons malheureusement plus.

 

Au fil des rues de Alcantará...


Le resto est une autre aventure humaine. La cuisinière, chef du lieu « mondialement connue sous le nom de Baxà » nous dit-elle, nous reçoit dans sa salle à manger. Elle nous concocte quelques plats locaux à base de poule cuite dans son sang et de légumes, le tout servi dans des feuilles de bananier. Un délice.


Simon, Baxà et Walid.


Danse de samba maranhese.

Baxá devant son restaurant à Alcantará.

Walid discute beaucoup avec elle, de tout et rien d’abord. Il a le contact facile avec les gens, et du coup, ça nous facilite les choses. De discussion en éclats de rire, nous en venons à parler de sa passion pour une danse folklorique locale tirée de la samba. Walid la pousse un peu sur le ton de la rigolade, et hop ! En deux trois temps mouvement, voilà Baxà, 65 ans au minimum, qui enfile sa jupette à froufrous et qui nous fait une démo. Les petites filles de 7 ou 8 ans arrivent et hop ! Démo familiale avec la mamie qui bat le rythme en tapant sur la table à coups de poing.
 

 

Alcantarà.






Et puis, Baxà discute beaucoup, elle nous raconte aussi qu’elle a perdu 10 enfants en bas âge sur 17… « mais c’était il y a longtemps », preciset-elle des larmes dans le coeur. « Ce n’est plus comme ça maintenant ».

No comment.

 



Alcantarà.





Les vestiges du marché aux esclaves au coeur de Alcantará.

Il est 14h30, et nous ne connaissons d’Alcantarà que les 20 mètres qui doivent désormais nous séparer du port. Mais tellement plus du Brésil !

 

Alcantarà.


Après de longues embrassades avec Baxà qui nous demandent de dire à tous les Français que l’on connaît d’aller manger chez elle (c’est chose faite !), nous partons Walid, Simon, et moi-même sur les chemins de pierres vieilles de plusieurs siècles des ruelles de Alcantarà.

 

Alcantará.

Des maisons colorés parfois très bien rénovées, mais la plupart du temps abandonnées, témoignent d’un passé d’une grande richesse. On se demande où sont les cachés les habitants. Il est vrai que le soleil cogne dur (pas un arbre dans les rues) et qu’il nous donne à nous aussi envie de nous réfugier dans une maison fraîche jusqu’à la tombée de la nuit.


Le gamin entoure sa bouteille d'eau vide avec le fil de son cerf-volant.


On a l’impression que c’est un magnifique décor de film qui aurait été abandonné depuis des siècles, et qui serait désormais habités par des gens de la mauvaise époque. Comment ne pas aimer Alcantarà ?

 





Au fil des rues, l’un des gamins de la roda de capoeira du matin rattrape Simon et lui dit :

Le gamin : je t’ai vu faire de la capoeira ce matin, tu joues drôlement bien !

Simon : boh… pas terrible quand même.

Le gamin : oh si ! Moi aussi je vais jouer comme ça quand je serai grand ! Tu t’appelles comment ?

Simon : Simon, et toi ?

Le gamin : Vitore. T'aime bien mon village ? C'est beau ici hein ?

Vitore vient vers moi et regardant ma peau de rouquine rougir sous lesoleil :

Vitore : toi t’es une bonne petite blanche ! Faut te mettre de la crême solaire !

Virginie : j’en ai mis plein déjà !

Vitore : ah bon??????????????


 

Vitore et Simon devant une maison carrelée d'azulejos.

Vitore est béat d’admiration devant Simon qui a juste eu l’impression de faire tout le temps les 3 mêmes coups et la même esquive, et ne comprend vraiment pas ce que ce gamin raconte. Mais le gamin ne le lâche pas, il lui parle de ses cours de capoeira. Et tous les deux discutent de Alcantarà. Vitore connaît son village sur le bout des doigts. A un croisement de rue, il dit qu’il doit prendre un autre chemin pour rentrer chez lui, et hop ! Il disparaît et on ne le reverra jamais plus.

Etait-ce un fantôme ? Le fruit de notre imagination ?
 

 
Alcantarà.

Nous nous baladons dans les étranges rues de Alcantarà où Walid nous fait goûter de l’acerola fraîche (un vrai délice !) cueillie à même les arbres, des biscuits locaux à la noix de coco, nous parle de l’historique de la ville et de toutes sorte d’autres choses… jusqu’à l’heure du départ où là encore le bateau a décidé d’être en avance et ne nous a pas attendu. Walid qui ne recule devant rien, demande à la vendeuse de ticket le numéro de portable du commandant de bord pour lui téléphoner et qu’il revienne nous prendre ! Et bien entendu, il ne reviendra pas. Ouf… un autre bateau suit un peu plus tard. C’est, comme d’habitude, à n’y rien comprendre.

 

Walid et Simon.

La traversée avec le coucher du soleil a finalement été des plus agréables.

Nous rentrons nous reposer à la pousada avant de repartir chez Filomèna et Walid pour le dîner du soir.

 

Alcantarà.


Eux aussi habitent dans un building complètement fermé parmi d’autres buildings, dans la ville nouvelle de Sao Luis. Ici, ce ne sont que centres commerciaux, banques et buildings modernes. Aucune âme comparée à la vieille ville. C’est pourtant l’endroit favori des Brésiliens… pour vivre. On imagine que cela doit être dangereux de vivre à Sao Luis...
Leonidas, qui vit lui aussi dans le centre historique de Sao Luis, nous avait dit que les Brésiliens n’aimaient pas beaucoup vivre dans l’ancien ni rénover. Ce n’est visiblement pas dans leur culture. Le « top du top » comme disait Leonidas, c’est de vivre dans un de ces immeubles modernes.

 

Alcantará.

Nous sommes très bien reçus et Filomèna nous a préparé deux sortes de poissons locaux ainsi que des crevettes cuisinées, et un dessert proche du tiramisu, mais avec de la banane grillée à la place des boudoirs. Très bons !

 


Moto taxi à Alcantarà.

Elle me donne certaines de ses recettes, et m’offre des petits livrés de recettes typiquement brésiliennes aussi…

Walid et Simon discutent beaucoup de la vie des Brésiliens. Décidément, c’est un sujet que les Brésiliens et nous mêmes aimont aborder. Eux, se considèrent comme des gens riches alors que pour nous ils vivent tout à fait "moyennement", comme nous en France quoi, normalement, sans excès de richesse comme on pourrait se l'imaginer. Mais il est vrai que tout est relatif. Au Brésil, cela peut paraître pour « riche » ! Difficile de savoir…



Pour notre dernière soirée, nous souhaitons fortement aller nous promener dans le Centre Historique où, en fin d’après-midi, des musiciens s’installaient à toutes les terrasses de bars et de restos. Walid et Filomèna désirent nous accompagner afin de nous guider. Mais bizarrement, ni l’un ni l’autre ne sont décidés de nous y emmener réellement. Ils nous font faire le tour de la ville historique en voiture, loin du centre animé. Cela dit très agréable et intéressante de nuit.


Simon se protège du soleil de cet fin d'après-midi.

Lorsque nous nous arrêtons en voiture, nous en profitons pour leur dire que nous souhaitons rentrer à pieds par le centre animé de bars. On leur dit qu’ils en ont déjà fait assez, ce qui est vrai, mais qu’ils peuvent aussi, s’ils le souhaitent, nous accompagner à pieds. Ils ont l’air horrifiés quand on leur propose ça. Nous nous disputons presque lorsque l’on dit que l’on souhaite marcher et ne plus aller en voiture, mais ils semblent terrorisés de ce qui pourrait nous arriver. Franchement, même dans les guides, il est écrit qu’il n’y a pas grand chose à craindre à Sao Luis. C’est plein de touristes français et brésiliens qui sirotent tous tranquillement un verre aux terrasses au rythme des pandeiros et cavaquinhas… rien à faire, ils ne nous écoutent pas et nous obligent à repartir en voiture pour refaire le tour de la ville jusqu’à notre pousada alors qu’elle se situait à 7 minutes à pied à peine de là où on se trouvait.

 

Coucher de soleil sur le vieux Saõ Luis.


On a beau leur expliquer qu’on a fait plusieurs fois le chemin avant de les rencontrer et que tout va bien, qu’on prend la responsabilité d’une attaque, d’une agression voir même d’un assassinat, ou autre et pour toute réponse : « vous rentrez dans la voiture ». Etrange, là encore… on n’a pas tout compris. Surtout que Walid a dit à Simon dans la soirée : « Ici à Sao Luis, vous n’avez rien à craindre ! ». Fatigués de discuter sans être écoutés, nous finissons par monter dans la voiture.

 


Saõ Luis.


Une fois plus, nous ne comprenons rien de ce qui nous arrivent.

 

De retour à la pousada, on attend qu’ils partent pour ressortir faire un petit tour à pieds. Mais il est tard et tous les bars sont presque fermés maintenant.  On s'était dit avec Leonidas qu'on se croiserait focément au coin d'un bar... tant pis.

 
Saõ Luis.

Malgré tout, la journée fût exceptionnellement excellente, riche en émotions de toutes sortes !

 

Demain matin, nous prenons l’avion pour Natal, et rejoignons donc la côté ouest du Brésil.


Capoeiristes á Alcantará.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Sao Luiz / Lençois Maranheses
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /2006 15:27

Lençois Maranheses

Journée à caburé, retour à Sao Luis avec accident de camion, dîner sur la plage de Sao Luis

 


En blanc, la superficie des Lençois Maranheses.
Les grandes Lençois à gauche et les petites Lençois à droite.

Le lendemain, après un plongeon dans la piscine, autre balade le long du fleuve. Je marche avec Leonidas alors que Simon nous suit en canoë kayak. Petites pauses sous les cocotiers lorsque nous en croisons un.


Simon en canoé.


Nous discutons énormément avec notre guide. Principalement de nos points de vues réciproques sur les brésiliens et le Brésil. Ce guide est en fait étudiant en doctorat de littérature. Il a pas mal voyagé et principalement en France qu’il semble adorer. Il est un des rares Brésiliens que nous avons rencontré jusqu’ici à avoir un point de vue lucide sur son pays, et surtout, à se poser des questions, à partager des avis. Nous parlons de nos modes de vies, de nos salaires, des salaires des personnes de nos familles, de nos vacances, de nos dépenses etc… nous essayons de nous faire une idée plus précise de nos modes de vie, au-delà des idées reçues d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.

 


Maisons et bateau de pêcheurs de passage à Caburé.

On dit toujours, et surtout les Brésiliens, qu’il n’y a dans ce pays que deux classes : les très riches 5% et les très pauvres 95%.

Il nous dit : vous pensez, vous, qu’il n’y a vraiment pas de classe moyenne comme en France ici ? Moi, je ne me trouve pourtant ni riche ni pauvre.

 



Nous : on trouve sincèrement qu’il y a une classe moyenne ici. Vu la quantité de touristes brésiliens qui voyage dans ce pays qui n’est pas bon marché du tout ! Ce ne sont pas des milliardaires, ni des riches, et encore moins des pauvres.

Leonidas : c’est bien ce que je pense. C’est une mauvaise image qu’on donne de notre propre pays.

Leonidas sur la rive du fleuve.

Plus on côtoie les Brésiliens, et plus on se demande si ça ne les flatte pas de se croire très riches dés qu’ils vivent correctement. Ils s’enferment dans des immeubles grillagés dans la peur excessive des « pauvres », mais cela ressemble plutôt à une peur des « autres » et du monde en général. Dans leurs tours, il y a tout : des magasins, salle de sports, piscine… Et vous voyez des tours et des tours dans les centres villes de Rio de Janeiro, de Belo Horizonte ou de Belém ! Si vraiment tous ces gens cloîtrés là-dedans étaient des « riches », le Brésil serait un paradis sur terre !

 


Pause sous les arbres : Simon et Virginie.

Une chose est certaine, nous rencontrons régulièrement des gens très pauvres partout où nous passons. On sait par les journaux que la violence dans les grandes villes reste latente. Il ne faut surtout pas la nier. Des riches, par contre, (et quoiqu’ils en disent) jamais, dans le sens où on l’entend nous, c’est-à-dire les quelques pourcents de la population brésilienne qui détiennent toutes les terres, les entreprises, en un mot, toutes les richesses du Brésil. Nous ne pensons pas que ces gens là feraient les excursions avec nous.

Leonidas partage cet avis, est heureux de pouvoir en parler avec nous, et pense d’ailleurs que c’est un constat et une ouverture positives pour son pays.

 

Caburé : quelques paillotes de pêcheurs, une plage, la mer, un fleuve.

Nous repartons dans l’après-midi pour Barreirinhas. Là, un bus nous attend pour 3h30 de route jusque pour Sao Luis.

 


Pause sous les arbres : Leonidas.

La route fût des plus mouvementée avec un chauffeur cette fois complètement taré de chez taré. C’est pourtant un mini bus oùon doit être 12 personnes à tout casser. Par deux fois nous finissons au milieu de la route en zigzagant pour soit disant « un animal qui vient de traverser » puis « un bus qui a freiné trop vite de vant nous ».les routes sont ici aussi complètement défoncées et le mec nous dit : bin, quoi, je roule à 90, c’est autorisé !!!!

Pour la première fois, nous voyons des Brésiliens se rebeller. A l’arrêt pipi, les brésiliens font un siège de grève autour du chauffeur en essayant de le convaincre avec leur gentillesse naturelle de ne plus rouler si vite. Le mec répète toujours la même chose « …limite 90°… limite 90°… » et agacé, dit comme tout bon chauffard qui se respecte : « bon bin je vais rouler à 20 à l’heure alors ! ».


Chapeau de soleil dernier cri de Leonidas !


Là, les brésiliens se montrent plus autoritaires et une femme, sans vraiment lui demander son avis, s’imposer à lui comme co-pilote sous les applaudissements de tous. Il faut savoir qu’au Brésil, tous les chauffeurs de bus de ligne sont enfermés dans des cabines dans lesquelles ils s’enferment à clé. Il est donc impossible de communiquer avec eux. Le reste du trajet se fait effectivement plus calme. Jusqu’à ce qu’on tombe avec un énorme camion qui venait juste de se renverser au milieu de la route à peine 5 minutes avant notre arrivée.


Leonidas dans les sables mouvants en 1er plan
et Simon dans son canoë en second plan.


Le chauffeur a le bras en sang mais fait le constat de son camion l’air de rien. En France, y’aurait eu 15 voiture de flics, deux ambulances et un hélico. Dix minutes plus tard, une petite voiture avec deux flics arrivent puis une ambulance, sans gyrophares, juste une petite lumière clignotante de rien sur le toit. Ils repartent aussi vite sans trop se soucier de la circulation ni des embouteillages qui se sont créés de chaque côté du camion de plusieurs tonnes en travers de la route. Le chauffeur de notre bus appellent la société de bus qui envoie un autre bus nous attendre de l’autre côté du camion car on nous dit qu’il y en a pour plusieurs heures d’attentes avant de dégager la voie.

 

Deux paillotes de pêcheurs à Caburé.

Et nous voilà tous les douze, avec Leonidas improvisé comme guide de tout le bus car il y a une famille de Français qui se retrouvent là toute seule avec nous sans comprendre un mot de ce qu’il se passe. Ils ont pris leur excursion dans les Lençois par une agence de voyage locale, et comme tout ce qu’on nous raconte et constate à chaque fois, c’est jamais nickel jusqu’au bout. Leur guide les a donc lâché au bus, sans rien leur expliquer de la suite. Quand on ne parle pas la langue, c’est vrai que c’est un peu dur.

 

Virginie et Simon dans la piscine.


En pleine nuit, on passe dans le champ sur le côté. Quand on arrive de l’autre côté du camion, des énormes blocs d’aluminium jonchent la route. Sao Luis possède la plus grosse mine d’aluminium  et de fer au monde (c’est ce qui est écrit dans nos guides !). Un pneu du camion aurait éclaté et l’aurait bien évidemment déséquilibré. On se dit tous que, fort heureusement nous avons prolongé l’arrêt pipi le piquet de grève, sinon, on se prenait le camion de plein fouet !

 

Ca vous dirait pas une p'tite caiperinha en tête à tête à Caburé ?

Le bus qui nous emmène roule comme un fou, décide, pour être sympa d’emmener les gens directement chez eux dans les villages dans des ruelles où l’on passe à peine. Le toit arrache des branches d’arbres, les suspensions du bus, complètement mortes, nous font croire que l’on va nous aussi se renverser à tout instant.

Cela ne fait rire personne.

 
Petite église du centre de Barreirinhas.

On arrive enfin à bon port. Leonidas téléphone à sa mère pour la rassurer. Simon appelle le père de Licia, une copine de fac brésilienne dont le père vit à Sao Luis depuis qu’il est en retraite. Il nous propose de sortir manger sur la plage alors qu’il est 22h00, mais peu importe, on se dit que nous ne voulons rater aucune occasion de rencontrer des Brésiliens.

Walid vient avec sa femme nous chercher en voiture à la pousada.

Ils nous emmènent dans un resto de poissons où Walid commande pour nous tous sans nous demander ce qu’on souhaite ni ce qu’on aime. Cela nous surprend un peu, mais on se dit que c’est peut-être la coutume, une forme d’hospitalité.

Pendant le repas composé là aussi des bons poissons et crabes locaux, Walid et sa femme nous parlent de la région, des habitudes, du folklore.

 


Barreirinhas.

Nous leur avions proposé, si ça leur faisait plaisir, de venir avec nous à Alcantarà le lendemain, village colonial à l’abandon que nous souhaitons vivement visiter. Mais ils tentent de nous convaincre de ne pas y aller : « ce ne sont que des ruines, y’a rien à voir ! Venez avec nous visiter les plages, les fabricants de vêtements etc… ». Non, leur proposition est adorable, mais on résiste. Les plages, on va faire toutes celles de la côté bahianaise, et de ce qu’on en voit là ce soir, elles sont jolies, mais on a mieux en France. C’est étrange comme les Brésiliens n’aiment pas beaucoup les choses anciennes. D’ailleurs, on ne voit que très rarement des touristes brésiliens dans les villes coloniales.

 

Malgré tout, Walid nous accompagnera demain à Alcantarà.

Sa femme restera à Sao Luis pour nous préparer un dîner typiquement local.


Fin de journée dans les rue de Barreirinhas.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Sao Luiz / Lençois Maranheses
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Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /2006 23:03

Lençois Maranheses

Remontée du Rio Preguiças, traversée des mangroves, arrêt à Vassoura, petites Lençois, nuit à Caburé… bien méritée

 

Remontée du Rio Préguiças.

Bin on dit que les brésiliens sont toujours en retard mais que ce soit le chauffeur du 4 x 4 hier ou le skipper de notre bateau aujourd’hui, ils arrivent tous plus d’une heure en avance et veulent partir tout de suite à la seconde ! A tel point qu’on demande à Leonidas si il n’y a pas un décalage horaire ici ! En route avec nos sacs dans le bateau. Nos fringues et sacs sont toujours mouillés des pluies de la veilles !!! Pour ne pas faire de jeu de mots vaseux, on est dans de beaux draps ! (lençois =draps).

 

Les mangroves.

Le skipper fait vrombir son bateau dans les mangroves. La mangrove est un écosystème particulier qui se trouve à l’embouchure des fleuves des régions tropicales et équatoriales. La végétation qui y pousse, surtout les arbres, ont leurs racines qui poussent en dehors de la terre. Il y a toujours une influence des marées de la mer sur le fleuve. Donc quand la marée est haute, le niveau du fleuve monte avec de l’eau salée et les racines des arbres sont alors recouvertes par l’eau. A l’inverse, quand la marée est basse, il n’y a plus que l’eau du fleuve, donc de l’eau douce, et les racines des arbres et des plantes sont complètements découvertes.

 

Dans ces mangroves, il y a une faune particulière qui se développe et qui s’adapte à cette fluctuation des marées. C’est donc une faune qui peut vivre aussi bien dans l’eau salée que dans l’eau douce. C’est le cas des insectes, des vers que l’on trouve dans le tronc des arbres, des crabes, des mollusques, des crevettes etc… . Nous découvrirons plus tard que tout cela a un goût bien particulier dans l’assiette, pas du tout ce que l’on connaît. Ils sont peu salés au goût, plus fruités. C’est bon !




Leonidas demande régulièrement au skipper de ralentir, voir d’arrêter le bateau pour que l’on fasse des phosos, pour qu’il nous explique le fonctionnement de tout ce petit monde. Nous croisons des gros bateaux bondés de touristes entassés… nous sommes vraiment heureux de nos choix de luxe ! Quelle bonheur de pouvoir dire : « ici ! c’est super ! on s’arrête ! C’est quoi ça, Leonidas ? Et les picots par terre là c’est quoi Leonidas hein ? Et la plante bizarre là hein dit ? Et là on peut se rapprocher pour la photo ? ».

 


Village de Vassoura au pieds des petites Lençois.

Leonidas parle un français étonnamment parfait. Chez Terra Brazil, ils nous avaient mis ce guide en nous disant qu’on parlerait brésilien si on voulait mais qu’ils  préféraient qu’on soit avec un guide francophone. A l’époque,on voulait tout faire en portugais, absolument. Mais après un mois au Brésil, cela nous fait un bien fou de parler notre langue et de comprendre les explications d’une excursion de A à Z, de se lâcher, et de ne pas réfléchir à tout ce qu’on va dire, ni de demander de répéter 15 fois de suite. Leonidas adore parler français, et nous fait mourir de rire avec ses expressions du genre « regardez ça ! ça c’est top du top ! »… donc tout va bien.


Des dizaines de singes dans la forêt des Lençois Maranheses.


Nous arrivons à Vassoura, petit hameau sur les rives du Rio Préguiças. Un petit bar-paillote s’est installé à la limite de la forêt et des petites Lençois. Et devinez ce qu’on aperçoit alors dans les arbres ? Des dizaines de petits singes d’environ 50 cm de hauteur qui attendent impatiemment qu’un touriste généreux leur donne un morceau de banane. Y’en a toujours un pour détourner l’attention pendant que l’autre chope directement la banane complète. Bah oui, c’est long d’attendre petit bout par petit bout ! Un type tend la main vers une branche sur laquelle un singe craintif regarde tout ce petit monde s’agiter. Le singe s’agrippe par la queue et recueille avec une délicatesse humaine la banane dans la paume de la main du type. Troublant.

 



Une petite chouette a également élu domicile dans le bar. Elle nous regarde l’air intriguer, la tête complètement retournée à 180°… renversant !

 

Une chouette dans le sable du bar.

Après quelques minutes d’émerveillement digne de l’enfance, Leonidas sonne le départ. Derrière ce petit hameau, s’élèvent de nouvelles dunes. Nous sommes dans les petites Lençois, une zone de dune se trouvant de l’autre côté du fleuve.  Comme son nom l’indique, sa superficie est beaucoup moins importante que les grandes Lençois. Mais elles sont toutes aussi jolies et surtout, aujourd’hui, il fait beau ! Ce qui n’en lève rien à la beauté du lieu. Nous gravissons les hautes dunes de sable doré cette fois.



Virginie dans les petites Lençois.

 


Nous retrouvons les mêmes groupes de touristes qu’hier, les français de Marojo et de Sao Luis qui daignent enfin nous dire bonjour avec le sourire et non en soupirant, ceux rencontrés de la veille aussi avec qui nous discutons un bon moment au creux d’une dune, à la sortie d’un bain d’eau tropicale. Ils sont de Laval, non loin de Nantes d’où est originaire Simon, ce qui est plutôt amusant. Et comme d’habitude, nous partageons nos voyages réciproques au Brésil, car ici, tout le monde fait de grands circuits pendant facilement 1 mois. On partage tous la même stupéfaction pour l’extraordinaire beauté des Lençois Maranheses.


Craquement de dune un lendemain de pluie.


Les petites Lençois à perte de vue.


Nous poursuivons notre balade dans les dunes. On ne cesse de pivoter à 360° en perdant facilement nos regards sur l’infini du sable et des piscines. On s’imprègne de cette beauté surnaturelle. On ne cesse de se le dire et de se le répéter : c’est un endroit unique au monde.

 

Quelques rares touriste au gré des petites Lençois.

Notre petit bateau à moteur file de nouveau dans les mangroves vers d’autres villages et hameaux qui longent le fleuve. Nous montons dans le phare du coin afin d’admirer le paysage d’un peu plus haut.


 

Le phare du village de Mandacarú.



Puis nous arrivons enfin à destination en début d’après-midi, au hameau de Caburé. Les gens disent ici que c’est un village, mais il doit y avoir 20 habitants à tout casser. Il y a surtout 3 pousadas qui ont élus domicile sur cette magnifique avancée de sable entre le fleuve et l’océan. La côte est parsemée de paillotes de pêcheurs qui jettent l’ancre pour la nuit.


Vue de Mandacarú depuis le haut du phare.

Notre pousada est situé à 20mètres du fleuve, à 70 mètres de lamer, et notre bungalow se situe à 10 mètres de la piscine. Pas facile de se décider pour la baignade. La vie est dure, on en convient !

Nous avons quartier libre jusqu’au retour de notre bateau demain après-midi. Le bon-heur… rien faire si ce n’est buller. Nous sommes réellement crevés par toutes nos excursions…
 

 

Donc au programme : déjeuner du midi, sieste dans le hamac de notre terrasse de bungalow, balade au bord de la mer et ramassage intensif de coquillages, piscine.Puis en fin d’après-midi, on retrouve Leonidas pour une balade au coucher du soleil sur le fleuve. Nous le longeons tranquillement, croisons quelques crabes d’eaux douces, une embarcation de pêcheur.

 

Coucher de soleil à Caburè devant notre hôtel.

Le soir, caïperinha les pieds dans le sable sous les cocotiers à regarder les autres bosser (amarrage de bateau, préparation du resto etc…) pfff… terrible.

 

Terrasse du bungalow à Caburé.


Hutte de pêcheur à Caburé.


Les cigales font leur concert nocturne. La petite poignée de touristes brésiliens font leur dernier plongeon dans la piscine.

 


"Amour, gloire et beauté" remake à Caburé immortalisé par Leonidas !

Les gros lézards qui grimpent sur leur papattes de devant pour mieux vous voir mon enfant, sont eux aussi partis se pieuter. Tant mieux. On peut donc rentrer dans le bungalow sans crainte de marcher sur l’un d’eux.

La nuit à Caburé, au bord de l’océan, fût des plus agréables.

 

Enfants de Barreirinhas.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Sao Luiz / Lençois Maranheses
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