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tour du bresil en direct !
carnet de voyage en 80 jours et ao vivo !

Suite à notre voyage, nous avons répertorié dans ce carnet toutes les recettes que nous avons récoltées, photos à l'appui pour la plus grande majorité d'entre elles.
Nous les classerons par région. Nous commençons une partie du Nordeste.
NOTE: il nous est impossible de répondre à la majorité des commentaires laissés car aucune adresse mail ne nous est laissé dans  le corps du commentaire. Merci d'y penser !

Nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans grâce à la capoeira. Nous avions tous deux un rêve : faire un grand voyage au Brésil. Aujourd'hui, notre histoire commune nous permet de réaliser ce souhait.

Nous faisons partager ce carnet de voyage en direct à nos familles, nos amis, aux amoureux du Brésil qui désirent, eux aussi, parcourir ses terres.
Nous mettons dans ce blog toutes les infos, contacts et prix pêchés depuis les préparatifs jusqu'au séjour sur place.

                                                                                                              

Notre départ remonte au 30 juin et notre retour au 14 septembre 2006.
 
Virginie & Simon


Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /2006 23:36

Lençois Maranheses

Barreirinhas - Survol des Lençois en avion – 4 x 4 jusqu’aux dunes

 

Dunes des Lençois Maranheses et piscines naturelles. Vue d'avion.

Nous voici donc au seuil d’un nouveau périple, cette fois-ci dans le parc des Lençois Maranheses, à environ 150 kilomètres à l’est de l’île de Sao Luis.

 


Notre guide vient nous chercher à 5h30 à l’hôtel, pour un trajet de quatre heures de bus jusque Barreirinhas, petite bourgade qui sert de point de départ vers le parc nationale des Lençois ou la forêt protégée.


 


Les Lençois Maranheses vues d'avion.

A peine arrivée, nous avons tout juste le temps de déposer nos affaires à l’hôtel, avant de repartir vers l’aérodrome de la ville, où un vieux coucou bringuebalant, digne des premières années de l’aéropostale, nous attend pour un survol du parc ! On trépigne d’impatience.

 
Piscines naturelles.


Petite explication touristique sur ce site. Les Lençois sont un immense désert de sable blanc, qui s’étend sur environ 155 milles hectares. Désert, d’accord, mais nous sommes proche de l’équateur, et les pluies tropicales sont ici abondantes. Résultat, des piscines d’eau douce se forment naturellement chaque année dans le creux des dunes, donnant au paysage un aspect surréaliste.

 

Virginie devant le "coucou".

On décolle. Waouuuu !!!! On est quatre dans le petit coucou. On s’élance au-dessus de certainement l’un des plus beaux sites du monde. Vu du ciel, le spectacle est exceptionnel. A perte de vue, s’étendent des dunes de sables blanc (d’où le nom Lençois, qui signifie « draps » en portugais), entrecoupées de lagons turquoises. Quelle beauté ! On en a le souffle coupé !

 

La forêt jouxte le désert de dunes et de piscines naturelles.



Le parc est à la fois bordé par l’océan, la forêt tropicale et le Rio Preguiças. L’ensemble constitue un paysage plein de contrastes, où des dunes dignes du Sahara mais blanches comme neige côtoient une forêt exubérante, une mer turquoise et des lagons d’eau de pluie.

 


Jeu d'avion, courses au-dessus des Lençois... grrr...

Notre guide, Leonidas, nous en dit un peu plus sur cet étrange phénomène de piscine dans le désert. Le sable est ici légèrement argileux, de sorte que, au lieu d’absorber directement l’eau de pluie, il la retient, permettant la formation de ces lagons. Certains se remplissent et s’assèchent selon les pluies, d’autres restent pleins toute l’année.

 


Les quarante-cinq minutes de survol passent en un instant. L’avion tremble, on fait la course avec un autre coucou, on pense plusieurs fois qu’on va s’écraser et que notre dernière heure est arrivée, mais malgré tout, on en redemande en riant, tant le spectacle est époustouflant.

 
Piscines vides argileuses et piscines pleines aux eaux tropicales turquoises.



Après un atterrissage épique et un déjeuner léger (nous comprendrons pourquoi par la suite), nous partons en 4x4 pour les Lençois, vues de la terre cette fois-ci. La route est en réalité une piste de sable défoncée au milieu de la forêt, et les traversées de fleuve se font sur une petite barge poussée par une barque à moteur… on est vraiment au bout du monde !

Caburé vue d'avion.

Mieux vaut ne pas manger une grosse feijoada avant le trajet, sous peine de ne jamais arriver vivant à destination ! Sensations et fous rires garantis, on imagine ce que peuvent ressentir les pilotes de rallye ! On s’accroche ! Après une heure de ce qui pourrait être une animation de fête foraine, nous arrivons dans un petit hameau de trois paillotes et deux hamacs. Malheureusement, une nouvelle fois, une pluie diluvienne s’est invitée dans notre programme, et nous devons patienter quelques minutes sous les toits en palmiers avant de pouvoir faire les quelques mètres qui nous séparent des dunes à pied.


Le couple grille des noix de cajou et fabrique de la vannerie au pieds des dunes.




Montée de la dune menant vers les Lençois Maranheses.

Heureusement, la famille qui habite ce hameau vend des noix de cajou grillées, un délice qui fait passer le temps beaucoup plus vite que prévu ! Notre guide demande à un jeune homme si la pluie va durer longtemps. Sûr de lui, il nous répond :« non, à 2h30 la pluie va s’arrêter ». A 2h30, la pluie s’arrête… respect !

 

Les Lençois Maranheses à pieds.

On en profite pour traverser à pieds un étang puis grimper sur une première dune bien raide comme il faut, et là, le spectacle s’offre à nous. A perte de vue, du sable, des dunes, des lagon. Le ciel est gris-noir, et le sable mouillé n’a donc plus cette couleur blanche éblouissante qui caractérise ce désert. Mais ces gros nuages noirs donnent une lumière magnifique, mystérieuse. L’ensemble est lunaire. On a plus du tout l’impression d’être sur terre, tant ce paysage est étonnant et inhabituel. La perception de l’espace est totalement bouleversée, on ne se rend plus compte des distances. On a l’impression d’être au milieu d’un immense morceau de coton imbibé d’eau. Ou bien dans les nuages.

 

Simon dans une piscine sous la pluie.






Temps orageux dans le désert de piscines.

Premier arrêt au bord d’une piscine à l’eau turquoise, première baignade. On est au milieu de nulle part, tous seuls avec notre guide, plus rien d’autre n’existe.

Etonnamment, des petits poissons arrivent à se développer ici. Leonidas nous explique que le sol argileux est toujours l’explication de ce phénomène. Même quand les piscines sont sèches, le sol reste très humide, et les œufs arrivent à se développer dans  cet environnement. Quand les lacs se remplissent, les œufs éclosent, et la vie reprend.



Les Lençois Maranheses.



Virginie dans les Lençois Maranheses.

On profite de cet environnement magnifique, en essayant de s’imprégner des moindres détails, de mémoriser les moindres sensations, et de profiter au maximum de ce moment unique. On se baigne sur la lune ? Y’a un peu de ça. On se balade de lagon en lagon en gravissant et descendant en courant les immenses dunes.

 

Les Lençois Maranheses.

Soudain, des 4x4 découverts, gros comme des minibus, arrivent alors les uns après les autres, bondés de touristes. Notre 4x4 à nous étant couvert, nous avons pu braver la tempête sans problème. Ces petites fourmis humaines qui commencent alors à courir partout coupent un peu le rêve. On se dit qu’on a sacrément bien fait de choisir cette excursion absolument unique de manière plus intime, avec le luxe d’un guide et d’un chauffeur persos. On ne se refuse rien, beh oui…

 

Traversée d'une rivière en 4x4.

Leonidas nous propose de nous emmener à un autre point des Lençois. Après une nouvelle demi-heure de 4x4, quelques traversées de rivières mouvementées où nous voyons l’eau arriver au niveau des portes de la voiture, nous arrivons sur ce second site.

 


Les Lençois sous la pluie.

Une nouvelle pluie tropicale nous surprend (et accessoirement nous trempe jusqu’aux os), mais ne nous arrête pas. Nous grimpons sur une nouvelle dune, et de nouveau, spectacle éblouissant. Le paysage est légèrement différent de la première fois. Les lagons sont beaucoup plus foncés, plus ocres. Leonidas nous expliquent que ce sont les algues présentes dans les piscines d’eau douce qui sont la cause de ces nuances de couleurs. Nouvelle baignade aux lueurs du soleil couchant, nouveau paysage lunaire… c’est beauuuuu !




Le spectacle est d’autant plus magnifique que le parc des Lençois est très peu connu, même des Brésiliens. Peu de touristes donc, et on se retrouve de nouveau pratiquement seul au monde pour admirer cette merveille. La cinquantaine de fourmis de tout à l’heure n’est rien comparé à ce qu’on aurait pu imaginer avec un spectacle comme celui-ci !

 

Simon et Leonidas sous une pluie tropicale dans les Lençois Maranheses.

On se résout à rentrer vers Barreirinhas. La lumière baisse, et vue l’état des chemins, il est beaucoup plus prudent de rentrer tant qu’il fait encore jour.

 


Lençois Maranheses.

Le soir, nous allons manger dans un petit resto du village tenu par deux associés français, Thierry et Gilbert, installés depuis plusieurs années à Barreirinhas. Ils nous parlent un peu de leur expérience au Brésil, de la douceur de vivre dans la région. Ils nous encouragent à suivre leur trace… ouvrir une petite affaire ici, et couler des jours heureux sous le soleil. « Y’a pas besoin de beaucoup d’argent ici pour vivre le paradis ! ». Du rêve à la réalité, il y a un sacré pas à franchir, mais nous gardons quand même l’idée dans un coin de notre tête.



Repas succulent de poisson et de crevettes à la sauce de fruits de la passion du jardin, le tout servi au bord du fleuve et au son du forro, musique typiquement nordestine, executée de main de maître par un petit groupe local. Virginie a bien envie de danser, je suis un peu plus réservé… pour me rassurer elle me montre à quel point tous les danseurs ont l’air ridicule et que c’est ça qui est drôle ! Promis, la prochaine fois, je me force un peu ! Bon, de toute façon demain on se lève une fois de plus aux aurores et Leonidas préfère qu’on aille se coucher.

 





Coucher de soleil dans les Lençois Maranheses.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Sao Luiz / Lençois Maranheses
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Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /2006 23:55

Saõ Luis

Visite du centre historique

Saõ Luis sous l´orage.


Et voilà, le mois d’août arrive déjà ! Un mois que nous sommes au Brésil, et tout cela réellement passe très vite. On a l’impression d’être partis hier. Mais ne nous laissons pas abattre, une bonne petite journée de visite nous attend de nouveau.

 

Saõ Luis.


Visite de Saõ Luis, donc, au programme de cette première journée d’août, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les dieux bresiliens du ciel ne sont pas avec nous. Au réveil, temps gris et occasionnellement pluvieux, voilà qui n’est pas l’idéal pour une petite balade urbaine. Il va donc falloir compter avec la pluie durant cette journée et jongler avec les orages. Heureusement, notre parapluie contre le soleil acheté à Belém est là pour nous sauver la vie !

 


Une rue de Saõ Luis.

Nous commençons par flâner un peu dans les rues de Sao Luis, admirant les magnifiques façades couvertes d’azulejos, ces petits carreaux de faïence souvent dans les tons blancs et bleus, originaires du Portugal et qui sont devenus le symbole de la ville.

 


Azulejos de la devanture de la Pousada Colonial.

Sao Luis a connu une expansion importante au 17° et 18°, grâce au cycle de la canne à sucre. L’isolement géographique de la ville et la fin de l’exploitation de la canne à sucre ont peu à peu conduit au déclin de cette cité. Résultat, le centre historique est resté à l’abris des promoteurs immobiliers, et l’ensemble architectural coloniale a été en grande partie conservé. Classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, la ville a entrepris un vaste programme de rénovation du centre historique, appelé « reviver ».


Maison transformée en cours de musique.

Pour notre plus grand bonheur, des centaines de maisons coloniales, couvertes d’azulejos s’offrent à notre regard. On a du mal à croire qu’on est dans une ville qui compte 800.000 habitants ! Comme à Ouro Preto, on se retrouve dans un autre siècle, une autre époque. Quelques maisons en ruine sont occupées par des arbres, les autres abritent musées, bars et habitations.

 

La vie tranquille de Saõ Luis.

Une première pluie tropicale vient interrompre notre parcours, et nous décidons de nous réfugier dans un petit musée, la « Casa do Maranhao », qui présente une exposition de costume de « Bumba meu boi ». Le Bumba meu boi est une fête folklorique du nordeste brésilien, particulièrement vivace à Sao Luis. Sorte de carnaval, elle est basée sur la légende de Pai Fransisco, esclave qui aurait tué un bœuf pour satisfaire sa bien-aimée enceinte, prise d’une soudaine envie de langue de bœuf (si si,véridique !). Découvert par le seigneur de la fazenda, Pai Fransisco aurait finalement réussi à faire ressusciter le bœuf avec l’aide d’un shaman indien.


Effigie du folklore Bumba Meu Boi devant la maison du Maranho.


C’est cette résurrection qui est fêtée aujourd’hui, au travers d’une fête joyeuse et colorée. Malheureusement, cette fête se déroule au mois de juin et juillet, et le dernier défilé a eu lieu le 30 juillet… avant hier ! A deux jours près, on rate l’une des expressions de la culture populaire brésilienne la plus intéressante et la plus joyeuse ! On se rattrape en achetant un DVD du défilé, mais ça n’est pas vraiment la même chose. Mais on n’en veut un peu à la fille française de l’agence de voyage « Rendez-vous au Brésil » de n’avoir su nous conseiller sur aucune des fêtes populaires importantes du Brésil. Nous avions également appris à Belém par Rafaelo  que la partie qu’elle nous avait conseillé de faire en bateau sur l’Amazone était la moins intéressante. Elle a réellement confondu avec la deuxième partie : Santarêm/Belém.

 

Intérieur typique d'une maison maranhese - Ici, Maison du Maranhaõ.

La pluie ayant décidé d’aller dormir pour quelques heures, nous en profitons pour reprendre notre tour de la ville. Un détour par le petit marché du centre nous permet d’admirer des étales entiers de crevettes séchées, de noix de cajou ou de poissons fraîchement péchés, de savons à la mandiroba ou au babaçu. Forcément, notre ventre ne tarde pas à crier famine, et après un petit repas, pour changer, de poisson, nous reprenons notre balade contemplative.

 

Une maison léguée à la végétation dans le centre de Saõ Luis.

La chaleur est toujours très forte, en cette après-midi d’août, mais l’humidité est moins importante qu’à Belém, ce qui rend l’air un peu plus respirable. L’alternance entre pluie diluvienne et soleil brûlant est malgré tout très fatigante. Une petite mamie rencontrée sous un porche en attendant la fin d’une ondée tropicale, nous confie que ce temps est typique du mois d’août à Sao Luis. C’est le début de la saison sèche, et les « restes » de pluie de la saison humide alternent avec le soleil écrasant de l’été, ce qui est usant physiquement.


Fenêtre et porte des maisons coloniales.



Moins d’humidité qu’à Belém, moins d’animaux également. On ne voit plus les centaines de libellules énormes ou de vautours aperçus en Amazonie. Seule la rencontre avec un papillon géant nous rappelle que la forêt Amazone n’est pas très loin, avec sa faune si étonnante pour un européen.


Papillon rencontré au fil des rues.


Nous entamons beaucoup plus facilement la conversation avec les Brésiliens qu’en Amazonie. L’ambiance a changé. Les gens sont plus ouverts, plus souriants. Les Français sont très bien vus à Sao Luis. La ville a été fondée au 17° par les Français, dans ce qui était alors appelé la France équinoxale.


Sol carrelé de l'époque coloniale.

Si la présence française a été courte, les habitants semblent avoir toujours conservé une haute estime de notre pays, et ils nous le font savoir. Deux petits vieux nous interpelant au coin d’une rue pour nous montrer qu’on venait d’omettre de lever la tête pour admirer une petite colombe sculptée sur un pignon et qui symbolise de la France, sont très fiers de nous dire : « vous savez, ce sont les Français qui ont fondé la ville, il y a une statue du premier gouverneur français de la ville sur une place tout près d’ici, il y a un théâtre par là-bas, une maison de l’alliance française… ». Est-ce pour cette raison que nous rencontrons autant de touristes français à Sao Luis ? Nous entendons parfois plus parler français que brésilien.
 

 

Toits des maisons du centre historique de Saõ Luis.

Nouvelle pluie diluvienne, nouveau musée ! Consacrée cette fois aux arts visuels, et qui présente une belle collection d’azulejos et de tableaux d’artistes locaux. Le lieu, une grande demeure du 18° siècle, est très impressionnant.




Les œuvres exposées sont charmantes, et le surveillant du musée nous donne des tas d’infos très intéressante sur la ville et la région : de l’utilisation de la noix du babaçu, un palmier local, à la structure des demeures de Sao Luis, nous passons près d’une heure à déambuler dans ce chaleureux petit musée au cœur duquel trône discrètement une bibliothèque entièrement consacrée àl’histoire de Sao Luis, son architecture, ses azulejos.

 

Eglise de Saõ Luis.

La pluie ayant définitivement pris congé, nous en profitons pour aller prendre un petit apéro dans notre nouveau « QG » de Sao Luis, le resto Antigamente, où nous recroisons la famille française que nous avions vue à Marajo. Ils semblent aussi embêtés que nous de se retrouver « entre français » à l’autre bout du monde ! De l’apéro au repas, il n’y a un qu’un pas, vite franchi, surtout quand on est en terrasse et qu’un petit groupe de musique est en train de s’installer.


Fontaine dans Saõ Luis.

On commande une petite grillade censée être pour deux… qui en fait pourrait facilement combler trois ou quatre gros appétits ! Ce qui nous vaut une nouvelle fois cette interrogation : pourquoi donc, dans un pays où tant de personnes ne mangent pas à leur faim, les restos servent-ils des portions aussi énormes, impossible à terminer ? Quel gâchi.


Marée basse à Saõ Luis.

Repus, nous rentrons a l'hotel pour une bonne nuit. Demain, une nouvelle excursion nous attend dans les lençois Maranheses. Le soir, alors que l'on est devant l'ordinateur de la pousada, notre guide des 3 jours à venir vient se présenter. C'est Leonidas, il a l'air sympa comme tout. Il parle un français pratiquement parfait... ça vous énerve !


Virginie et Simon au balcon du Musée des Arts Visuels.




Nuit dans les rues de Saõ Luis.

 


Par Virginie et Simon - Publié dans : Sao Luiz / Lençois Maranheses
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 /07 /2006 23:30
Bélem et Sao Luis
L’Ile aux perroquets – Le vieux Belém – Arrivée et soiree à Saõ Luis du Maranho

 

Envol de milliers de perroquets au levé du jour.

4h30 du matin. Nouvelle excursion pour l’ile aux Perroquets, celle qu’on avait annulée jeudi dernier pour cause de "déshydratation". Un guide bresilien, Rafaelo, passe nous chercher à l’hôtel avec un minibus. Nos amis cariocas sont avec nous puisqu’on a convenu hier soir de faire cette excursion ensemble. Ils ont appelé l’agence la veille (et oui même un dimanche, au Brésil, tout est possible !) et ont demandé pour nous accompagner. Nous nous entendons très bien avec eux.


 

Nous passons donc les prendre à leur hôtel puis direction un petit bateau amazonien à moteur. On file dans la nuit sur l’un des multiples cours d’eau qui sillonnent la région de Belém. Refaelo, qui parle lui aussi un français parfait (il a vécu 3 ans en Albi en France et parle avec l'accent du sud !), pour le bonheur de tous, ne s’exprimera qu’en portugais. Il parle à la vitesse de la lumière, pas simple. On comprend l’essentiel : l’île  que l’on va approcher est habitée exclusivement de perroquets d’une seule race, celle proche des perruches que l’on connaît. Tous les matins, aux premières lueurs du jours, ils s’envolent dans le ciel au-dessus de l’ile et se parlent par cris. Les perroquets, exclusivement monogames (« contrairement aux Brésiliens » dixit Rafaelo), voyagent par couple. Dans la journée, ils vont rejoindre l’ile d’en face pour se nourrir de fruits. C'est a ce spectacle que nous allons assister.


 


Levé du soleil au large de Bélem.

Nous attendons dans la nuit noire, tous feux du bateaux eteint, y compris le moteur. Une douce lueur de jour à peine anthracite pointe le nez. Un cri d’oiseau traverse la nuit. Quelques secondes après, un deuxième cri. La seconde qui suit, des milliers de milliards de billiards de perroquets se mettent à hurler ensemble. Cette cacophonie invraisemblable tant elle est subite nous laissent tous bouche bée. 



Au fil des eaux bélémoises...

D’un seul nuage gigantesque, les envolées de couples qui se cherche dans cette fin de nuit et qui se forment tourbillonnent sous nos yeux, au-dessus de nos tetes. Cela n’en finit pas. Les couples de perroquets traversent le fleuve dans un levé du soleil aux teintes roses et jaunes vifs. Les derniers quittent l’ile une fois le jour levé. Impossible de prendre des photos correctes tant il fait sombre et tant ils volent vite. Dommage...


Au fil des mangroves dans les environs de Bélem.

Pour finir, nous faisons une balade dans les igarapes des alentours. Nous ne nous lassons pas d'observer ces petites habitations indigenes, ces paillotes sur pilotis dans le fleuve ocre. Rafaelo nous explique que les enfants sont ramasses chaque matin en pirogue communale pour aller a l'ecole et il nous montre l'ecole qui elle est construite en dure un peu plus en amont du fleuve. Une petite balade dans la forêt s'impose. Nous croisons quelques uns de ses habitants, tous pieds nus, qui embarquent et debarquent du bois, des palmes de palmiers, des graines pour la fabrication des bijous etc...

 
Parterre de fleurs fuschia tombées d'un arbre dans la forêt.

De retour à l’hôtel vers le milieu de matinée, une tache importante s'impose a nous : nous délester de certains de nos bagages. 20 kg sont renvoyés à Paris... et oui, déjà. Nous renvoyons egalement nos vêtements "d'hiver" mineirois puisque desormais, seul l'été sera avec nous. Nous renvoyons l'un de nos deux hamac qui pèse une tonne et demi au moins, des graines de guarana que nos copains de la capoeira ont eu la bonne idée de nous demander et qui ne se vendent qu'au minimum de 1 kg ici ! Nous ne renvoyons quand même pas le jeu d'echec en pierre a savon de 4 kg que Simon a eu la bonne idee de s'acheter a Ouro Preto. Nous le traînerons jusqu'au bout celui-la... On espère juste que nos 20 kg arriveront bien...



Vue sur le fleuve de Bélem depuis la Maison des Onzes Fenêtres.

Midi. Nous prenons un taxi pour aller visiter le vieux Belém.  Nous longeons quelques rues qui paraissent être de campagne. Là, on fabrique les filets de pêhce, les briques, on restaure de vieux meubles. Toujours ces vieilles maisons pour certaine rénovées, D’autres endommagées par le temps mais qui ne demandent qu’à renaître. La vieille ville possède une âme poignante. Une envie irresistible de se tourner vers demain.


Vieux quartier  de Bélem.


Dernier passage dans notre QG : les docks réaménagés du port. 

En fin d’après midi, nous prenons notre avion pour Sao Luis dans l’état du Maranho.

Après un vol sans encombre, nous arrivons tranquillement dans la capitale de l’Etat du Maranhao. Tranquillement disions-nous ? Oui, mais pas pour longtemps. On avait réservé par internet une chambre à l ‘auberge de jeunesse de la ville. Le gérant nous avait prévenu que les chambres étaient « très simple », on avait quand meme demande par precaution si il y avait des fenetres (ce qui ne va pas de soi au Bresil).



La maison des Onze fenêtres à Bélem.

Sauf qu’en arrivant, nous découvrons de petites cellules, sans fenêtres contrairement a ce qu'ils nous avaient dit, de 4 mètres carrés, dont la porte ferme à peine, avec une grille sans fenetre et sans moustiquaire au plafond. Après moult hésitations, nous décidons de changer d’auberge et nous entamons une grande migration pour la pousada voisine, plus chère mais absolument charmante, avec des chambres claires et bien aérées, dans une maison coloniale typiquement maranhese de surcroit ! Nous perdons 2 nuits payees d'avance, mais tant pis. Le choix s'impose. L'auberge de jeunesse de Sao Luis ne possede en realite qu'un seul dortoire ayant des fenetres. Le  guide ecrit le contraire : " fenêtres avec moustiquaires etc...". Sont-ils venus jusqu'ici un jour dans leur vie ?


 


Intérieur jardin. La Maison des Onze fenêtres à Bélem.

Seconde mission de la soirée, trouver quelque chose à se mettre sous la dent a 11h00 du soir. Les gens mangent tot ici, et pleins de restos sont fermes le soir. On s'est fait avoir plus d'une fois ! Et là, bonne surprise cette fois ! On décide de suivre les conseils, avisés cette fois, surtout question resto, du guide du routard, et nous dirigeons vers « Antigamente », un resto-bar du centre qui propose tout plein de spécialités succulentes et de jus de fruits frais délicieux. Nous succombons malgré tout à un petit accès de nostalgie européenne, et nous commandons une pizza, excellent d’ailleurs !

 


Mangroves.

Sur la terrasse du resto, on aperçoit quelques musiciens remballer leurs instruments. Trop tard pour le concert du soir, mais les hauts-parleurs continuent de diffuser une sympathique bossa-nova à laquelle nous ne pouvons résister. Nous achetons deux CD de cette chanteuse qui habite deux rues loin d'ailleurs, histoire de pouvoir ramener un peu de Brésil en France.


Bélem pendant la pluie.

Notre retour à l’hôtel nous permet d’entrevoir les rues de Sao Luis. L’ambiance est étrange, il n’y a pas un chat, on dirait une ville fantôme. Quelques magnifiques façades se détachent… ça promet pour la visite du lendemain !



Le vieux Bélem.

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Belém / Marajo
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Dimanche 30 juillet 2006 7 30 /07 /2006 21:13

Ile de Marajo

Pousada das Guaras – Visite d’une fazenda de buffles - Artisanat

 

Bain de buffles à Marajo.

5h30. Le petit bus climatisé nous ramasse à l’hôtel. Nous sommes toujours dans un état proche de « l’Ohio » et on se demande vraiment si c’est une désydratation, principalement parce qu’on ne peut plus rien avaler l’un comme l’autre sans se tordre de douleurs dans la demi-heure qui suit. Malgré tout, nous persistons avec nos médocs pour le bide qui ne semblent pas vraiment faire encore leur effet. Nous nous abreuvons d’un minimum de 3 litres d’eau chacun par jour,nous nous nourrissons exclusivement de riz et de légumes cuits.

 

Levée du jour sur Bélem.

Nous filons donc en bus vers les docks pour embarquer sur notre bateau.

3h30 de traversée jusque l’Ile de Marajo, une Ile grande comme la Suisse. L’ambiance du bateau est calme : tout le monde dort. Avec nous, des Français qui restent à l’écart des autres de manière ostentatoire et toujours des touristes brésiliens qui nous racontent leur vie dés qu’on a un œil ouvert. A notre arrivée, un mini-bus nous emmène à la Pousada des Guaras. Guaras veut dire « ibis » en portugais. Elle est située à Salvaterra, vers la pointe nord-est de l’île, non loin de l’embouchure de l’Atlantique avec le fleuve.



Notre bungalow de la Pousada dos Guaras à Marajo.

Nous nous attendions à tout sauf à ça. Nous sommes depuis le début habitués aux mauvaises surprises en matière d’hôtellerie. Là, des bungalows tout mignons nous ouvrent leurs portes. Autour de nous, une piscine des plus agréable, une petite plage au sable fin, des chevaux et des buffles en libertés, une mare couverte de nénuphars avec… des petits ibis sauvages ! Des types de la pousada sont là à notre disposition si l’on souhaite monter l’une de ces grosses bêtes. Les visites commencent à 14h00. Nous avons quelques heures pour nous rafraîchir dans la piscine et manger.

On se sent revivre tout doucement ! En fait, c’est un bon remède cet endroit ! On ne décolle plus de la  piscine, à tel point qu’un serveur vient passer notre commande du déjeuner avec une carte spéciale plastifiée alors qu’on est dans l’eau ! Ca, on ne nous l’avait encore jamais faite ! On hallucine à tel point qu’on en attrape une crise de fou rire ! Il nous dit de rester dans l’eau, il nous prépare une table au bord de la  piscine.

 

Simon attend son dejeuner...

Quelques instants plus tard, nous voilà dégustant du riz et des carottes mais aussi les fameux crabes d’eau douce à la mde « toc toc » (bruits des pinces qu’on éclate à coups de burin en bois sur des planches). Si je ne peux rien manger d’autres que quelques bouchées, Simon, qui va décidément bien mieux depuis notre arrivée ici, dévore tout ! Son plat et le mien ! Ces crabes sont bons mais un peu trop petit et poilu à mon goût. Ca me rappelle des souvenirs de tarentules tout ça… brrrr….

 

Toc-toc bélemois : crabes d'eau douce à casser sur une planche.

14h00. Un grand bus attend tous les touristes de la pousada avec un guide brésilien qui parle aussi anglais et français ! Et qui on retrouve ? Une famille de touristes cariocas (de Rio) avec qui on a attendu le bus pendant des heures au retour de la plage de Alter do Chao pour Santarêm une semaine auparavant. Le monde est vraiment petit ! Du coup, on discute encore plus, de nos voyages, de ce qu’on a vu… de ce qu’on va faire dans les prochaines escales !

Les uns : ah, vous avez vu ça ? Ca devait être bien… nous on n’a pas vu.

Les autres : ah, mais c’était où ça ? On n’a pas vu…

Les uns comme les autres, on a beau visiter les mêmes villes, il y a des tas de choses qu’il reste à découvrir. Impossible de tout voir. Nous survolons ces villes plus qu’autre chose tant elles regorgent de richesses et de beautés diverses.

 

Praia dos Pesqueiros, l'embouchure de l'océan Atlantique.

En route pour la fazenda de buffles. Le bus roule cahin-caha sur les seules routes de chemin de terre qui parcourent Salvaterra. Les maisons sont rudimentaires mais en dur, et entretenues avec soins. En ce début d’après-midi bien chaud, peu de gens se baladent dehors. Le bus nous arrête à un embarcadère communal : un plateau qui transporte bus, voitures et passagers de l’autre côté du fleuve.Ici,pas de pont. Une fois de l’autre côté,nous roulons jusqu’à la « Praia dos Pesqueiros », plage la plus au nord de l’Ile de Marajo, embouchure du fleuve et de l’Atlantique. Plages immenses de sables fin qui n’est pas sans rappeler les longues plages du nord de la France. La qualité du sable est exactement la même, la couleur de l’eau aussi, sauf qu’on sent que les variantes de bleus, vert, marrons, gris sont causés par les mélanges des eaux diverses et non par le ciel comme sur la Côte d’Opale France. Cependant, ici, la baignade reste périlleuse à cause des raies et des vers pervers qui se faufilent partout à ce qu’on dit ici. Les brésiliens ne font pas dans la dentelle.A marais basse, ils descendent sur le sable avec leurs voitures, choisissent l’une des tables de la plage,et mette leur auto-radio à fond la caisse. Toute la plage est longée de voitures avec des musiques différentes, des gens qui boivent de la bière en plein soleil… ambiance très drôle ! Mais ça ne donne guère envie de s’allonger et de buller un peu. Tout le monde remonte dans le bus au bout de 20 minutes.


Un petit air du nord de la France, non ?


En route vers une réserve naturelle protégée par le gouvernement brésilien.  Ici, il est interdit de chasser et de pêcher. C’est ici que s’est installée une ferme de buffles. Nous longeons pendant quelques kilomètres le seul chemin de terre (rouge comme toujours !) de la réserve, et autour de nous, se baladent des chevaux, des buffles broutent l’herbe d’un vert presque fluo. Le temps se couvre et ici, comme à Belém, nous nous prenons notre ondée tropicale quotidienne. Et comme toujours, le soleil ne relèvera pas jusqu’au lendemain. Le ciel anthracite déchiré de temps à autre d’éclair d’orange silencieux, les pâtures vert vif, les buffles noires, les chevaux bruns… un tableau de peintre se dessine sous nos yeux.

 

Buffles en liberte sur l'île de Marajo.

Nous faisons quelques halte parmi les buffles qui ne semblent pas un seul instant intrigués par notre présence, des cow-boys locaux remontent le chemin en trottinant à dos de chevaux. Nous atteignons la Fazenda, la ferme en français. On nous selle quelques buffles, pauvre bête… et voici un car de touristes, fous de joie comme des gamins,à faire la queue pour faire son tour de manège ! Que de rire et d’émotions. Surtout à la plage, un vieux du coin a embarquer avec nous. Son portugais est tel qu’on ne comprend pas tout ce qu’il dit mais qu’est-ce qu’il est drôle.
 


"Regarde ma fifille tous ces touristes qui te photographient !"

Il parle aux buffles en disant « alors ma fifille, ça va bien aujourd’hui ? ». Il dit à l’écuyer : « fait la s’asseoir ma fille pour qu’on monte dessus, sinon elle va tomber malade. Ils sont trop lourd tous ces gens ! ».

Nous allons ensuite dans la ferme. La vétérinaire de la réserve protégée nous explique son travail avec les fermiers du coin, les animaux qu’elle soigne (pas seulement des buffles, mais aussi des crocodiles malades, des serpents aussi….beh oui pov’bête !). Elle parle de son expérience avec la commune de Belém qui fait venir régulièrement des enfants des banlieues défavorisées afin de les sensibiliser à la nature.Pour cette dame, la protection de cette nature passe inévitablement pas son contact, sa rencontre. Elle ne cesse de répéter que son travail d’aujourd’hui servira, elle y croit, pour les enfants d’aujourd’hui, adultes de demain. Elle nous demande d’emmener un peu d’elle, de ses dires, avec nous, de là où nous venons. Elle vient particulièrement nous parler à Simon et moi-même afin de dire à tous les gens que nous connaissons de ne pas hésiter à entrer en contact avec cette nature sauvage et de prendre soin de la protéger. L’Amazonie est un monde rare et exceptionnel.

La vétérinaire : « dites leurs de venir ici, je leur expliquerai !».

 
Etendues de verdures et d'eau font le bonheur des chevaux.

Là, un "goûter" nous attend avec toute la production de la ferme : confiture de cupuaçu, d’acaï et d’ananas sur du fromage de buffle, de la mozzarella de buffala, du fromage blanc de buffala également, du jus de caramboles aux teintes dorées toujours aussi impressionnantes. Je ne mange pas grand chose, mais Simon ne manque pas de me faire les commentaires de toutes ses expériences culinaires. J’en déduis que le fromage de buffala est extrêmement fort en goût, et que le mélange habituel brésilien fromage + confiture ou compote est presque indispensable pour atténuer les deux saveurs excessives sucrées-salées.

 

Simon cultivateur.

On s’attendait à ce que la ferme en profite pour vendre sa production, mais non, pas du tout, ils fabriquent juste pour eux, font des « goûters pour les touristes », pour « leurs apprendre à manger des choses simples mais bonnes », c’est tout. Ils vivent des buffles et de la Réserve Ecologique.

 

Nous retournons vers la pousada, en s’arrêtant dans des petites fabriques familiales grandes comme deux paillotes de plage, produisant du cuir de buffles, de la vanneries, de poterie typique de Marajo aux motifs amazoniens, de reproductions de masques de d’argile de chamanes etc… autant de d’artisans haut en couleurs par leur approche de leur profession.

 
Bain de buffles.

Le soir, impossible pour nous d’assister aux danses folkloriques de Marajo. Je tombe de fatigue, Simon n’est pas bien vaillant non plus. Nos douleurs ne passent pas et aucun des médicaments ne fait son effet 3 jours après. Il n'y a que la fievre qui aie a peu pres disparu. Je sens que ce n’était pas du tout une déshydratation, mais quoi ? On n’est pas médecin.

On s’endort avec la musique et les chants (notre bungalow est juste derrière la grande paillote commune où l’on mange et où il y a les fêtes. Dommage qu’on soit dans cet état, car franchement, c’est excellent. Enjoué, le chanteur a une voix magnifique, la musique n’est pas exagérée mais au contraire toute en harmonie.

Le dimanche, matinée libre jusqu’au bateau en début d’après-midi. On serait bien allé se promener dans Salvaterra, surtout que deux amis hollandais nous raconte leur folle nuit dans un bar du village et de leur changement de programme de voyage : ils restent ici pour quelques jours de plus, avoue l’un d’eux les yeux pétillants.

Notre programme fou à nous : dodo, piscine, sieste, volley dans la piscine, riz, carottes, sieste, balades parmi les buffles de la pousada, balade sur la plage, piscine, bus, bateau, Belém, docks de Belém pour resto avec riz et carottes, puis dodo.

Ce soir, j’ai eu une idée lumineuse : et si on prenait nos antibiotiques ? Ca ne peut être qu’une bactérie qui fait des ravages dans nos intestins depuis le fameux restos du mercredi midi dernier…

 


Les bungalows bordent la plage.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Belém / Marajo
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Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /2006 20:53

Bélem

Urgences de l’hôpital de Belém – Visite du Ver-o-Peso et du marché artisanal – Balade sur les docks

 

Caisse d'acerola, vitamine C naturelle cueilli dans les arbres de la forêt et des jardins.


La nuit du mercredi au jeudi a été très fiévreuse. Simon va mieux, mais moi je me tords de douleurs au ventre et la fièvre a bien du mal a baisser.

Le matin, je suis dans un tel état de fatigue que je suis bien incapable de me lever. Mon mal de ventre continuel pousse Simon a demander l’adresse d’un médecin et un taxi climatisé au mec de l’hôtel car je ne supporte plus la moindre bouffée de chaleur. Ils nous envoie direct aux urgences où on nous prend tout de suite. Ici, les gens semblent avoir des sortes de carte de sécu car ils ne paient pas, mais nous, nous avons payé plus cher qu’en France !


 


Le marché Ver-O-Peso de Belem.

Le médecin me demande ce que j’ai, ne m’ausculte pas, ne me regarde à peine et conclue en 5 minutes que c’est une déshydratation. Il me dit qu’on doit me perfuser pendant une heure pour me réhydrater. Je lui demande si c’est indispensable, et il me répond que « non, pas du tout, vous pouvez boire aussi ! ».



Le marché de Bélem.

Je choisis la deuxième solution et Simon lui demande de me prescrire l’équivalent de la perf’ en médicament. Cela n’existe pas apparemment. Le médecin me prescrit juste des comprimés pour la reconstitution de la flore intestinale et me dit de continuer mes médicaments pour la fièvre et le reste.

On se demande un peu ce qu’on est venu faire là.


Les vendeurs de rues viennent se raviltaller au grand marché de Bélem.


"Casseuse" de noix de cajou

"Montrez moi la photo pour voir si j'ai pas les bras trop gros !"

De retour à l’hôtel, Simon file dans une pharmacie pour acheter des sels de réhydratation, des minéraux ou autres. Et bien cela existe bien  mais il fallait une ordonnance ! Il me prend la seule et unique boîte de vitamines et oligo-éléments qui existe dans la pharmacie et qui coûte, là aussi, plus cher qu’en France !

 


Papayes.

Je passe la journée et la nuit qui suit au lit. Simon est patraque lui aussi. Sans fièvre, mais mal au ventre par moment et il dort tout le temps. Finalement, il ne veut pas sortir et préfère faire la sieste lui aussi. Surtout que le chauffeur de taxi nous a dit que cela dépassait les 40° aujourd’hui et que bien peu de lieux sont climatisés dans cette ville.

Le jeudi matin devait être consacré à l’Ile des Perroquets.Simon annule et remet ça au lundi suivant. Avec les Brésiliens, de ce côté là, il n’y a jamais de problèmes !

 

Préparation de filets de légumes sur le marché Ver-O-Peso.

Après une deuxième nuit de fièvre et de douleurs intestinales, le vendredi matin, cela va beaucoup mieux. Simon ne semble plus avoir mal au ventre, même s’il est tout flagada. Je me remets sur pieds et on s’apprête à aller voir le fameux marché Ver-o-Peso. On décide de ne se déplacer qu’en taxi climatisé. Au prix d’environ 3 € la course dans le centre, on aurait tort de s’en priver. Et on reviendra dormir pendant les heures brûlantes du début d’après-midi, car je serai bien incapable de marcher une journée entière.

 

On visite donc pas mal Belém en taxi et les chauffeurs nous déposent toujours dans de chouettes endroits. Les rues sont joyeusement animées, l’architecture délabrée de la ville donne une ambiance nostalgique de vieille carte postale. Il y a quelque chose d’envoûtant dans Belém.

 

Vendeuse de jus de Manioc (Tucupi) exténuée par la chaleur.

La matinée commence avec le marché Ver-o-Peso dont l’architecture est un mélange de construction baroque et art déco assez élégant, sur la rive du fleuve. La structure en fer a été importée en pièces détachées de Grande-Bretagne en 1900. On imagine alors ce que ce marché pouvait donner avec la fièvre du caoutchouc de l’époque !

 


Vendeur de crevettes séchées.

Aujourd’hui, c’est un vaste marché de poissons comme à Manaus, de fruits tropicaux, de plantes médicinales, de potions magiques de sorcières amazones, de bijoux des indiens, de masques de plumes d’oiseaux rares et certainement interdits à la chasse (dans la forêt, on se rend vite compte que rien n’est interdit). Tout ce bric-à-brac, cette foule de vendeurs et d’acheteurs se tapent dans le dos, se mouillent régulièrement la tête pour ne pas cuire au soleil, il n’est pas rare d’en voir certains assoupis de fatigue sur leur stand.



Le port de Bélem.

 
Détail de l'architecture du Ver-O-Peso.

Le Ver-O-Peso est devenu le symbole de Belém et on comprend pourquoi ! C’est ici qu’on perçoit le mieux le mélange des cultures, des influences indiennes et européennes propre à cette ville, aussi bien dans l’architecture que chez les gens. A Manaus, le type physique des gens est réellement amazonien, dans le sens indien de la forêt. Très objectivement, en Amazonie, les visages sont magnifiques. Parfois même d’une beauté rare.

A Santarêm, on sent la différence avec les descendant des indiens qui ont été soumis à l’esclavage et les descendants des colons portugais, qui sont très européens de peau. L’esclavage dans la région était très intense pour la fabrication du caoutchouc, du latex. Il y a donc les deux. Ici à Belém, il y a toujours ces 2 profils, mais aussi beaucoup de gens noirs, certainement descendants d’esclaves d’Afrique. Il en résulte une grande mixité de peaux aux variantes des moins dorées au plus sombres.


 

Stand de piments.

Nous longeons le fleuve jusqu’à la place Dom Pedro, cœur de la vieille ville. L’ancien fort qui protégeait Belém a été réaménagé en petit musée sur la culture des Indiens qui peuplaient la région avant leur massacre. C’est touchant et intéressant, bien fait et aussi climatisé, ce qui ne gâche rien ! Depuis les remparts, où ils restent quelques vieux canons, on a une très belle vue sur le Vero-O-Peso et l’ensemble des docks. Virginie reste à l’ombre et ne s’aventurera pas jusque là.

 

Le port de Bélem.

La chaleur est  toujours au rendez-vous, et on se dit qu’une petite pause/sieste à l’hôtel serait une drôlement bonne idée pour reprendre quelques forces. Après une petite heure de fraîcheur dans la chambre, on repart pour la vieille ville et la place Dom Pedro. Là, le musée d’art sacrée de la ville, niché dans son beau petit palais, nous tend les bras. Tous les guides écrivent qu’il ne faut surtout pas passer à côté de cette visite, alors on se lance !

 


Morue séchée.

Comme toujours (ou presque) dans les visites que nous avons faites jusqu’ici, un guide (une guide en réalité) se propose de nous raconter, gratuitement, l’histoire du lieu et des œuvres que nous allons voir. Ça nous change des musées parisiens, avec leurs horribles casques qui coûtent une fortune et donnent des explications rébarbatives sur les œuvres. La guide de ce jour là a étudié l’histoire artistique de Belém à l’université. C’est une passionnée qui parle avec le cœur. Elle est passionnante !

 


"Sorcières" de Bélem
"Une contrariété ma p'tite dame? Mal quelque part?".

Le musée est installé dans une ancienne église construite par les jésuites. Elle a été longtemps abandonnée, et reconvertie en musée. A l’intérieur, une belle collection de sculptures, de tableaux datant du 18 ou 19°siècle. L’éclairage du lieu et des œuvres (créer par un français, cocorico !!) est magnifique.


Visite passionnante donc, même si notre guide parle beaucoup trop vite pour nous ! On arrive quand même à comprendre l’essentiel et à poser quelques questions. Comme toujours dans les églises brésiliennes de l’époque, les noirs n’avaient pas le droit d’entrée. Un couple de touristes brésiliens nous avait rejoint en cours de route pour profiter de ces explications, et la femme, de couleur noire, dira à cette occasion : « mais le Brésil était un pays raciste alors et surtout la religion catholique ! ». Et la guide de lui répondre : « oui madame ! ». Preuve peut-être qu’ici comme en France, les atrocités commises pendant l’esclavage ne sont pas forcément bien connues.


Potion magique "natuelle" !!!!


A la sortie du musée, surprise, la pluie s’est invitée dans notre programme. Et oui, on est à Belém, la ville de la pluie éternelle, où même durant la saison sèche, il pleut au moins une fois par jour. Surtout en fin d’après-midi, et toutes les nuits, il y a de l’orage.

Inquiet, on demande au gardien si la pluie va bientôt s’arrêter. Lui, rassurant, nous affirme que ce n’est qu’une courte pluie. Dix minutes ? Un quart d’heure ? « Non, dans une heure ou deux ça devrait s’arrêter » ! Effectivement, nous n’avons pas la même conception d’une « petite » pluie.


 


Les docks de Belem.

Heureusement, les taxis sont là, toujours aimables, pas chers et serviables, et on décide d’aller s’abriter un peu dans un endroit couvert. L’estaçao das docas semble être l’endroit parfait. Ce sont les anciennes docks dans lesquelles était déchargé le caoutchouc, lieu réhabilité par la commune et reconvertie en centre resto-commercialo-touristique.

C’est très agréable, les trois hangars ont été magnifiquement rénovés, et ils accueillent désormais de sympathiques petits bistrots, des restos, des magasins d’artisanat, et occasionnellement des expos d’art.




Unique brasserie de bière du Brésil dans les docks de Belem.


Bière bélémoise.

On en profite pour siroter une petite bière dans la seule brasserie artisanale de la ville (excellent cette bière d’ailleurs), sur la petite terrasse au-dessous des grues toutes reluisantes, avec vue sur le fleuve et les bateaux qui viennent accoster pour la nuit. Le contraste est très intéressant, entre ces docks modernes et climatisées, et les grues qui trônent le long du fleuve. Le soleil couchant donne des teintes rosées surréalistes à l’ensemble. Un lieux où l’on reviendra, c’est sûr ! Notre QG de Belém.

 

Balades des Belemois sur les docks renoves

Après une petite balade des plus romantiques sur les quais, on rentre finalement à l’hôtel, toujours bien un peu fébrile, pour essayer de passer une bonne et longue nuit réparatrice.

D’autant plus que demain, nous partons pour deux jours sur l’île de Marajo, en face de Belém, et nous prenons l’avion lundi pour Sao Luis do Maranhao.


Port de Bélem.


Intérieur des docks rénovés en bars et restos.



 

 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Belém / Marajo
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 19:27

Bélem

Praça da Republica - Musee et Jardin Emilio Goeldi


Un affluent de l'Amazone

Le mardi 25 juillet 2006, nous décollons de Santarêm pour Belém. Nous attendons avec impatience de cette ville chargée en histoire. L’atterrissage s’effectue malheureusement dans la nuit et nous n’en verrons rien avant le lendemain matin. Cependant, nous survolons de nouveau l'Amazone et ses affluents...  tout ces paysages nous laissent sans voix.


Centre de Belem. Vue de la Praça da Republica.

Ouf, l’hôtel de Belem est très correct, surtout, ce qui nous importe c’est que ce soit propre, et ici l’électricité comme la plomberie se semblent pas avoir fait subit de « bombardements » de guerre comme à Santarêm, Manaus, ou encore Ouro Preto dans le Minas Gerais.

 


Le mardi matin, comme chaque semaine lors de notre arrivée dans un nouveau lieu, matinée logistique : laverie de l’hôtel, agence de tourisme pour excursions, plan de la ville, retrait d’argent… Nous sommes dans le Centre Historique de Belém.

 


Virginie à Bélem.

Tout s’effectue simplement ici. Nous trouvons rapidement notre excursion pour le lendemain : l’ile des perroquets, et celle du week-end : l’ile de Marajo, cette fameuse île en face de Belém, grande comme la Suisse, dont la particularité est l’élevage de buffles et les ibis rouges.

 

Kiosque Praça da Republica

La vie bouillonne agréablement. Beaucoup plus de gens aisés parcourent les rues de Belém, mais aussi beaucoup plus de gens miséreux, d’une pauvreté qui se voit à outrance. Et donc beaucoup de petits boulots de rues, de « camelots », comme disent les Belémois, en Français.


Praça da republica.


Non loin de notre hôtel, c’est la rue des petits coordonniers, des cireurs de chaussures, dans une autre rue, des vendeurs de bijoux confectionnés avec les graines de la forêt, les charrettes de fruits tropicaux ici comme ailleurs sillonnent les rues , les petits kiosques de bouffes entourés de chaises en plastiques qui font le bonheur des travailleurs du quartier… il y a ici une ambiance populaire extrêmement vivante et agréable.

 

Aigrette Praça da Republica.


Bien sûr, nous sommes en vacances, sans restrictions d’horaires, alors nous joignons l’utile à l’agréable. Nous nous arrêtons sans arrêts, nous faisons 3 fois le tour de la place de la Republica tant elle est jolie et surtout ombragé, avec, en son cœur, le magnifique Théâtre opéra de la ville. Nous en profitons pour demander la programmation : manque de bol, les concerts reprennent le lendemain de notre départ !



Tant pis, il y a dans cette ville des bars de concerts de musique brésilienne et nous avons bien l’intention de nous y rendre. Une aigrette qui semble véritablement en liberté se balade parmi nous. Cela doit être d’une grande banalité car on le photographie un peu à la japonaise, comme deux gamins jamais sortis de leur trous. Les gens nous regardent un peu interpelés, mais l'aigrette ne semble pas un seul instant les intriguer. Le soleil monte et monte de plus en plus, l’humidité avec. On rêve,ou c’est encore pire qu’à Manaus ici ? A midi, nous sommes déjà trempés et devons rentrer nous doucher.


Opera de Belem


Avant de partir pour le jardin tropical et écologique de la ville, nous nous « nourrissons » dans un petit resto non loin de l’hôtel recommandé par l’un de nos guides. Nous vous en donnons le nom « Inter Restaurant » et nous vous recommandons vivement de ne pas vous y rendre. Nous vous raconterons plus tard pourquoi.



Rue de Bélem.



En rentrant dans ce resto, il fait la même température qu’à l’extérieur : 40°. C’est un self-service ao kilo, mais les plats sont sous vitres fermées et donc normalement fraîche. Je remarque bien que quelques unes ne le sont plus peut-être depuis un moment, surtout celle aux crudités et légumes cuits dont nous nous nourrissons tous les midi avec du riz et un peu de viande ou de poisson tant il fait trop chaud pour manger autre chose.

 
Ecole dans Bélem.

Le repas se passe rapidement, et nous filons commencer nos visites.

Nous remontons les avenues à pieds au lieu de prendre le bus. Cela nous permet de visiter, de découvrir bien de jolies maisons en ruines qui relatent d’un passé colonial important. Certaines sont rénovés avec goûts et flattent là aussi des immeubles plus modernes. Mais dans l’ensemble, ce qui nous marque le plus, c’est qu’à Belém, contrairement à Rio de Janeiro, la concentration d’architecture antique est beaucoup plus importante. La ville ne semble pas avoir tant souffert d’une irruption de building tout gris entourés de grilles d’acier.

Centre de Belem


A mi-chemin,il nous faut de nouveau nous ravitailler en eau fraîche tant nous buvons. Il fait une telle chaleur qu’il n’y a pas de soleil. C’est une chape de plomb qui pèse sur nos corps. On a envie de dire, pour d’autres raisons, qu’à Belém « le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… ».

 


Basilique Nossa Senhora de Nazaré.


Intérieur en mosaïques.

Nous visitons la basilique Nossa Senhora de Nazaré. Devant l’entrée sur un panneau, une énorme toile citant tous les investisseurs de sa future climatisation ! En effet, ici, aucune église ou cathédrale n’est rafraîchissante. Il y a des ventilos à chaque rangée de pèlerins. L’intérieur de la cathédrale est couvert de mosaïques d’or et de verre comme San Marco à Venise. Les vitraux possèdent des nuances de couleurs rares.

 


Musée zoologque de Bélem.

Nous continuons notre chemin jusqu’au Musée …. Nous espérons tout voir avant la nuit car ici aussi la nuit tombe vers 18h00, et donc tout ferme à 17h30. Et quand on dit tout, c’est TOUT ! Y compris presque tous les restos !



Ibis rouge.


Héron.


Nous commençons par le jardin botanique qui recueille presque toutes les espèces de toute l’Amazonie aussi bien en plante qu’en animaux. En longeant les allées d’arbres que nous avons déjà pu admirer « pour de vrai » dans la forêt, nous tombons sur des ibis rouges et un héron !


Crocodiles.




Bien que ce soit un zoo, eux sont en libertés dans le parc. Ce rouge rosé vermillon donne l’impression qu’ils ont été peints pour la photo ! L'aigrette, impressionnante par sa taille, rien à voir avec le long et fin que nous avons vu dans Belém le matin, toise tout ce petit monde en longeant chacune de ses plumes de son bec pour les nettoyer. Elle a la technique l'aigrette !

 


Simon, la tête dans les bambous.

Nous faisons tous le parc, et rencontrons, enfermés cette fois, des serpents de plusieurs mètres, des crocodiles petits et d’autres gigantesques, des dinosaures à la Spielberg ! Des panthères noires et des tigres d’Amazonie, des singes, des perroquets bleus, rouges, verts, par dizaines… dommage que tout ce petit monde vive dans cette douce prison…

 
Nénuphars géants d'Amazonie.


Nous rentrons exténués dans les distances d’un point à un autre sont grandes ici, et tant il fait chaud… nous faisons juste une halte au supermarché, de quoi se procurer des brosses à dents et autres ingrédients de survie. En voulant acheter du déodorant, nous nous apercevons alors que le rayon déo est gigantesque ! Aussi grand qu’un rayon de liquide douche et savon réunis dans un petit supermarché de chez nous.Il y en a de toutes les sortes, et surtout les conditionnements sont gigantesques proportionnellement à ce que nous connaissons. Nous comprenons pourquoi… En fait, ce sont des bouteilles d’un demi-litre en moyenne et les gens s’en mettent partout sur le corps. Une fille devant nous essaie des fragrances : elle remplie la paume de sa main et se badigeonne tout un bras… et puis l’autre avec un autre déo, et puis un autre déo pour le ventre à l’air et hop !!!

 

Nénuphars géants d'Amazonie

Nous rentrons sans ressortir le soir. Je ne sais si c’est la chaleur, les quantités d’eau froide ingurgitées ou le repas du midi qui me sont tombés sur les intestins, mais je ne tiens plus sur mes jambes.

 

Quelques heures plus tard, Simon me rejoint. C’est pas facile la vie de la « jungle » !


 

Par Virginie et Simon - Publié dans : Belém / Marajo
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Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 18:26
Santarêm
Plage de Alter do Chao



Plage de Alter do Chao en Amazonie. A gauche le lac, à droite le fleuve.

Pour les deux derniers jours, nous sommes allés passer la journée à Alter do Chao. Village à 35 km de Santarêm avec un bus qui vient quand il veut. C’est là que tout Santarêm se retrouve en famille pour le week-end. On prend une petite barque qui nous emmène sur une île de sable blanc.


Escale à Alter do Chao.

D’un côté le fleuve, de l’autre un lac. Les eaux sont jaunâtres mais transparentes. L’eau est douce. Nous n’avons jamais eu de cheveux si soyeux et la peau si bien hydratée depuis que nous sommes au Brésil. On comprend pourquoi les gens d’ici, surtout les femmes, ont des cheveux longs épais et brillants.


Paillote avec hamacs les pieds dans l'eau.

Quelques paillotes ont élu domicile et préparent des poissons en grillade avec du riz.


Poisson grillé de la famille du piranha...


...servi avec vinaigrette, farofa, haricots rouges en sauce, riz nature et riz tropeiro.


Que dire si ce n’est qu’il ne fait pas trop chaud, que nous mangeons les pieds dans l’eau au milieu des familles immenses. La coutume veut qu’après le déjeuner du midi l’on mette sa chaise dans l’eau et qu’on savoure une bière en se mouillant le corps au soleil. Les enfants sont à la fête ici ! Pas de marais, pas de profondeur inattendue, l’eau est à 26 voir 27°.





Cette douceur quand on y entre est réellement impressionnante. Pour la première fois de sa vie, Simon ne grelotte pas en entrant dans l’eau. Bien au contraire, il s’y élance et n’en sort plus !


Dimanche en famille a Alter do Chao.

Cette petite île de quelques dizaines mètres de longs et d’à peine 6 mètres de large a un goût de paradis.


Alter do Chao. Penderie naturelle.

Le 2ème jour, nous visitons le marché flottant de Santarêm avant de nous rendre à Alter do Chao. Tout comme à Manaus, de nombreux bateaux amazoniens élisent domicile dans le  port et l’on vend poissons, bananes, ananas et manioc à la criée. Ici comme ailleurs les enfants d’une douzaine d’année sont au boulot.


Petite sieste bien méritée du dimanche dans les hamacs.





D’ailleurs, sur la plage d’Alter do Chao, ce sont eux qui vendent les chips de bananes et les  bonbons naturelles de confiture et de chocolat. On achète. Les prix sont dérisoires et font mal au cœur. Mais s’il faut qu’ils soient abordables par les amazoniens autour de nous, ils n’ont pas le choix. Eux, sont de grands consommateurs de ventes ambulantes. Et on en comprend de plus en plus l’intérêt.


Virginie.

Le moindre petit boulot ici a son importance et on sent, de ce côté là, une entraide indiscutable. Ils ont souvent un mot gentil pour ces gamins, et s’ils ne veulent rien, ils le disent toujours le plus délicatement du monde. Dans Santarêm, les gamins proposent de cirer les chaussures mais la majorité des gens sont en tongs et nus pieds.


Château de sable amazonien sur la plage de Alter do Chao.



Si sur le bateau les gens rivalisent avec leur hamac, ici, ils rivalisent avec leurs maillots de bains mini on ne peut plus. La marque de bronzage est un élément primordial. Il faut montrer la différence de couleur si l’on veut montrer que l’on est bronzé. On se met de l’eau oxygénée sur le corps avec une crème bronzante. On en a demandé l’utilité à une dame, mais elle n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet.
Nous aurons peut-être la réponse une autre fois.


Simon.

Le mardi 25 juillet, nous refaisons nos sacs. La température extérieure est si élevée qu’elle ne nous donne pas la possibilité d’une nouvelle promenade. Nous sommes dans la saison sèche et pas une goutte de pluie qui serait pourtant la bienvenue.


La maison de l'açai, fruit amazonien violet sombre
utilisé dans jus de fruits, sorbets, desserts. Alter do Chaõ.


Nous allons une dernière fois à la Mascote puis montons dans un taxi direction l’aéroport, pour prendre notre avion pour Belém.


Santarêm.


Lanchonete flottante.

Nous sommes contents de notre séjour, mais ravis de partir vers cette ville aux consonances si prometteuses.




Vendeurs au marché flottant de Santarêm.


Jus de manioc aux piments locaux.


Bâteaux en attente de leur cargaisons de poissons, de légumes et de fruits.



Par Virginie et Simon - Publié dans : Amazonie / Santarêm
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 13:33
Santarêm
Visite de la ville



Pirogues le long du Rio Tapajos a Santarem

Les deux premiers jours à Santarêm se déroule à peu près de la même façon. Le matin de notre arrivée, nous filons vers une agence de voyage susceptible de nous donner des infos sur les visites à effectuer dans le coin. Elle téléphone directement à un guide d’une autre agence de voyage et le passe à Simon. En fait, depuis Santarêm, tout est loin et il faut au minimum deux jours pour la moindre excursion. Les prix qu’on nous propose sont plus élevés que les tarifs trouvés par des agences en France !




Centre ville de Santarêm.

On se résigne. Le plus beau a été fait dans le lodge à Manaus et l’autre belle excursion dans les Lençois Maranheses reste à venir. Nous préférons garder notre argent pour un séjour sur l’île de Marajo depuis Belém.
Nous profitons de notre présence dans l’agence de voyage pour acheter un billet d’avion bon marché entre Belém et Sao Luis. Vu notre état de fatigue, on ne se sent pas trop de faire 12h00 de bus sur des routes qui n’en sont pas vraiment.


Une rue de Santarem en debut d'apres-midi.


Mercado modelo de Santarêm.

Nous passons le plus clair de notre temps de ces 2 premières journées à se balader dans Santarêm. Peu de monde dans les rues. Des marchés entiers de vendeurs de tout et rien à bon marché qui tentent tous de nous rabattre dans leurs magasins ou leur stand. Ici, le touriste se fait rare. On nous dévisage tout le temps l’air intrigué et fermé. On imagine en effet ce que donnerait un amazonien dans une petite bourgade au fin fond de la France !
Mais on ressent toujours cette absence d’élan de Vie qui leur pèsent sur les épaules. Pourquoi ? La durete de leur passe toujours ancre dans le present ?


Marche et magasins dans Santarêm

Santarêm, ville de plus de 250.000 habitants ressemble plus à une petite bourgade provinciale. On en fait vite fait le tour à pied. En réalité il doit y avoir 2 ou 3 avenues goudronnées depuis lesquelles partent des rues de terre battue rouge. Les égouts coulent directement dans les caniveaux au-dessus desquels planent inlassablement des vautours. Il y a tout le temps un vent chaud qui parcourt la ville. Cette ambiance de western n’est pas sans nous déplaire. Mais là aussi, impossible de lier contact avec qui que ce soit. Les gens restent entre eux.


Une des nombreuses cabines telephoniques d'Amazonie.






Si on demande notre chemin, on nous répond sur le  bout des lèvres, plus effrayé qu’autre chose.


Une des eglises de Santarem

Il n’y a guère que le serveur de la Mascote qui est ouvert et discute avec nous. Nous nous dégottons en effet ce bon resto recommandé par nos 2 guides et savourons les spécialités locales à prix modestes.


Garota da Santarêm.

Nous y allons presque tous les jours tant les poissons des rivières locales sont succulents, les salades légères et les légumes cuits savoureux. Le soir, nous quittons la clim’ indispensable de la salle du midi pour la terrasse aeree en bordure du fleuve.


Une maison abandonnée dans Santarêm.


Square de détente au coeur de Santarêm.

Soudain, a la nuit tombée, la ville entière semble s’éveiller. L’esplanade le long du fleuve s’emplit de monde. La fraîcheur du soir de Santarêm est des plus agréables. Sous les lampadaires, des nués de moustiques et d’insectes. Mais d’un coup, des milliasses de chauve-souris venues de nulle part entament leur festin.


Esplanade de Santarêm.

Elles volent comme des folles sur l’avenue et nettoient en une heure de temps, sans en laisser une miette, la place des insectes. Personne ne semble remarquer la fête, mais quel spectacle pour 2 petits français comme nous ! Elles sont presque aussi grandes que des pigeons et nous frôlent parfois la tête. Une caïperinha et un batido de coco à la main, on savoure donc quotidiennement le bal des chauve-souris.


Esplanade de Santarêm, première, moteur... Aaaaction !!!!


"Poussez-vous là les figurants !"


Le musée de Santarêm est des plus touchants. Un vieux monsieur, artiste de profession, a rénové seul cette maison. Toute sa vie, il a collectionne les pièces d’archéologie en autodidacte et les présente dans cette demeure de style colonial.


Vue sur le Rio Tapajos depuis le musee de Santarêm.


Trottoir dans Santarêm.


La ville lui paie désormais l’électricité et l’entretien, mais pendant longtemps, Laurimar a été seul pour entretenir la mémoire de l’esclavage dans la région, celle des indiens également ! En contre-partie, il ne peut pas faire payer l’entrée, et chacun donne selon ses moyens et son envie. Laurimar se désole de ne voir jamais personne de Santarêm venir visiter son musée. Il n’y a que des touristes brésiliens, dit-il !


Simon et Laurimar dans le jardin du musée de Santarêm.


Musée de Santarêm.

Mais le clou du spectacle aura été la fête des agriculteurs de toute la région, le samedi soir. Danses folkloriques, stands de plantes médicinales, bijoux magnifiques en graines naturelles, bombons naturelles, gelées, confiture de lait, napperons au crochet, tapis tissés, bois peint à la main, des chaises et des bancs de jardins dans des bois rouge orangés magnifiques…


Un des maneges de la fete de l'agriculture de Santarem

Et puis il y a aussi les stands de jeux pour les enfants, le rodéo, les manège en tôle tels que Simon et moi n’en n’avons jamais connu. Et puis bien sûr, les stands de plats à manger sur le pouce. Tout un tas de spécialité de la région. Nous nous la jouons à la brésilienne et nous optons pour un Tacaca, soupe de crevettes séchées, de jambu (style épinards) et de tucupi (jus de manioc) et de gomme de tapioca. Pour se lancer là-dedans, il faut vraiment être un amateur de nouveautés culinaires !


Oiseau très courant au Brésil : le Bemtivi

Nous nous attablons avec les amazoniens autour d’une vielle dame qui nous sort ses gamelles. Personne ne se parle, c’est terrible. Ils ne sont vraiment pas brésiliens par ici ! Nous buvons notre soupe étrange, assez lourde, mais pas dénuée d’intérêt.


Attablé avec les Amazoniens, Simon déguste son tacaca.

Sauf que, quelques heures après, Simon regrettera son Tacaca. Comme son nom l'indique, pendant 2 jours, il n’a cessé de me dire que les crevettes entières lui courraient dans les intestins et il n’était vraiment pas bien.



Groupe folklorique de Santarêm avant leur entree en scene

Les danses folkloriques reprennent toutes les danses traditionnelles des pays qui ont colonisé la région, qui sont autant de « sources » on va dire, de la culture locale. A chaque représentation, pendant tout le spectacle, il y a un mec sur la scène qui commente la danse en hurlant, en sautant et gesticulant dans tous les sens, qui fait le show à lui tout seul ! Les gens ici sont d’un calme olympique. Personne ne danse ni ne se dandine. Il est pourtant clair qu’en voyant les gens de ces groupes culturels de  danses, que de 7 à 77 ans, ils ont le swing dans le sang !


Batida de coco au spectacle des chauve-souris.

L’avantage, c’est que personne ne se bouscule ni se marche dessus pour mieux voir. Car en effet, si le commentateur et les gigantesques baffles sont sur la scène, les danseurs sont sur la  place eu milieu de tout le monde. Chez nous, ce serait exactement le contraire. Il y a les journalistes du journal hebdomadaire de Santarêm et le lendemain, attention, une page entière sera consacrée à la fête des agriculteurs quand même !


Groupe "Dallas".

Après le spectacle, pas de musique, pas de samba. Tout le monde retourne à sa petite balade. Boh… on est un peu déçu.

Nous finissons la fête de l’agriculture en riant de voir les gens s’amuser discrètement.


Enfants jouant dans le Rio Tapajos par une belle apres-midi d'hiver

Par Virginie et Simon - Publié dans : Amazonie / Santarêm
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Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /2006 12:39
Amazonie
Croisière sur l’Amazone


Les hamacs du bateau entre Manaus et Santarem

Mercredi 19 juillet 2006. Bruno et un guide viennent nous chercher à l’hôtel à 14h00. Nous embarquons sur une petite barque à moteur qui nous emmène à l’arrière du bateau. De là, nous montons presque clandestinement par les soutes. Ils nous expliquent que le port de Manaus est privé, et qu’ils demandent une taxe exorbitante de 50 R$ par personne pour embarquer officiellement depuis le port. Visiblement, le bateau est déjà plein et tout le monde a fait comme nous. Nous devenons de vrais petits routards !


Arrivée en barque à notre bateau pour la croisière sur l'Amazone.






Le guide nous emmène à nos hamacs qu’il a installés le matin. C’est rigolo de voir cette ribambelle de hamacs aux couleurs chatoyantes se mêler et s’entremêler. Le risque étant de se faire piquer des affaires, nous emballons nos sacs à dos dans les housses de pluie. Cela pourra au moins dissuader l’ennemi.
Nous démarrons vers 17h00 au lieu de 15h00. Le bateau s’arrête effectivement au port officiel où quelques personnes montent. De là, une nuée de petits vendeurs à la sauvette se jette sur tout ce qui bouge dans le bateau. « Pao do Queijo (fameux petits pains au fromage dont les brésiliens raffolent) ! Lunettes de soleil ! Glaces ! Bombons ! Chips de bananes séchés ! … ».

Panoramique sur Manaus. Vue de la mer.

Les gens achètent. Simon est complètement tendu tant le niveau sonore est élevé. Nous sommes les uns sur les autres, avec des familles qui ont toutes des milliers d’enfants qui hurlent, et qui chouinent. Les parents, l’air hagard ne disent rien, ne parlent même pas entre eux. Impossible d’entamer la conversation avec qui que ce soit.
Nous sommes les indigènes. Dans leurs yeux, on lit clairement : « mais que font-ils là ? ».


Port de Manaus.


Embarcation au quai de Manaus.

Dans la soirée, les hommes se réfugient dans leur Nouveau Testament, les femmes s’endorment avec parfois plusieurs enfants dans leur hamac. La télévision crépite car elle ne capte pas bien, mais malgré tout, tout le monde s’acharne à la regarder la Novella du soir en la mettant le plus fort possible. La musique années 80 du bar du pont s’entrechoque avec celle des magnétos de nos voisins. Cette cacophonie dure jusque tard et sera la même pendant toute la durée de la croisière.


Pont du bateau.






Dans ce qu’on avait lu sur les divers blogs, l’ambiance était tout autre. Les gens dansaient la samba, rigolaient etc… rien de tout ça.


Escales sur l'Amazone.





La croisière fût d’un ennuie et d’une longueur absolue.
L’insalubrité des toilettes (un seul d’ouvert pour plus de 300 personnes on vous laisse imaginer les dégâts), la mauvaise nourriture de cantine bas de gamme. Voilà ce que ces bateaux font subir à leurs compatriotes dont le prix, reste pour eux un salaire minimum mensuel. C’est une honte.
Malgré les odeurs insupportables des toilettes, tout le monde va se doucher, on lave les bébés dans les lavabos… c’est impressionnant.


Stefani dort dans les bras de sa maman.


De surcroît, le spectacle du dehors est inintéressant : les rives sont beaucoup trop loin. La seule « aventure » de la journée, sont les quelques bonnes pluies tropicales qui nous ont permis d’admirer un ciel des plus inhabituels. Mais sur le pont, tout le monde boit de la bière, accessoirement jette les canettes vides dans le fleuve alors que la poubelle se trouve à un mettre ! Au bar, il n’y a rien d’autre à boire que de la bière de toute façon.


Hamacs.

Les gens du bateau comme à Manaus ne paraissent pas malheureux dans le sens où ils sont bien nourris en Amazonie. Et ils le portent sur eux ! Mais cette détresse morale qu’on lit sur les visages, cet air vide qu’ils ont pour la plupart n’est pas sans nous bouleverser. Est-ce leur tempérament réservé ?
Est-ce le niveau sonore ahurissant qui les rend ainsi ? Il est vrai que nous aussi, dans des conditions comme celles-ci, nous avons envie de nous réfugier dans un autre monde. Et pourtant c’est eux-mêmes qui provoquent cette ambiance.
Il y a quelque chose de déprimant dans cette région… réellement, une absence d’espoir, à l’opposé de Rio ou du Minas.


Simon et Virginie dans leurs magnifiques hamacs !

Après quelques escales dans des villages, une sortie de bateau par les douaniers qui détaillent nos passeports en pleine nuit sans décrocher un mot (ils sont vraiment mondialement recrutés pour leur air lobotomisé !) et descente dans la soute aux hamacs en faisant déballer les bagages des gens endormis, en soupçonnant les nounours des gamines de comporter de la drogue, nous arrivons le vendredi à 6h00 du matin à Santarêm…complètement exténués.


Simon dort niché dans son hamac.

Bruno nous avait expliqué à ce sujet qu’à Manaus les douaniers venaient seulement de découvrir le chien et qu’ils s’étonnaient dans les premiers temps d’arrêter une quinzaine de passeurs de coke par jour ! Visiblement, les chiens ne sont pas arrivés jusqu’ici.
Nous prenons donc un taxi en lui indiquant notre hôtel, adresse pêchée dans l’un de nos guides. Un endroit craignosse comme c’est pas permis, un espèce d’hôtel qui tombe en ruine, noir de crasse, avec des mecs en train de zoner aux alentours.
Le chauffeur de taxi est assez surpris que nous voulions aller à cet hôtel. Il nous en propose d’autres, tous dans nos guides également, mais dont les numéros de téléphones ne fonctionnaient pas. Manque de bol, tout est complet. Il ne fait vraiment pas bon arriver dans une ville au Brésil à l’improviste. Quelle perte de temps et quelle fatigue supplémentaire !



Ciel sous la pluie tropicale den Amazonie.

Finalement, nous en trouvons un. Repérer dans nos guides aussi. Pas terrible et cher pour ce que c’est. Là aussi il faut désinfecter les sanitaire et laver le 1 cm de poussière des meubles. Et là aussi les fils électriques pendouillent de partout. Le summum sont lesfils électriques des douches complètement à nus qui planent au-dessus de nos têtes ! Ces fils sont censés nous donner de l’eau chaude que nous n’avons nul part.
Par contre, les filles qui travaillent là sont d’une gentillesse exemplaire, ce qui rattrape le reste. Nous dormons jusque midi avec une clim’ mal en point qui nous oblige là-aussi à mettre des boules Quiès.





Le petit déjeuner n’est pas terrible non plus. Pas de clim, la chaleur fait « fondre » les aliments. Il y a des fourmis partout, dans le beurre, dans les tasses… cela ne semble gêner personne. Difficile de trouver l’appétit. Iln’y a guère que leurs jus de fruits frais,faits devant nous,quinous met l’eau à la  bouche :jus de cupuaçu toujours (comment vais-je survivre sans cupuaçu à mon retour en France ?), d’acerola (Simon ne s’en lasse pas !), et une nouveauté : jus de caramboles. Ici  les caramboles sont mûres et donc orangées. Un délice confronté à ce qu’on connaît. Un petit goût léger de citron vert mélé à l’ananas.


Ciel d'Amazonie à la tombée de la nuit.



Par Virginie et Simon - Publié dans : Amazonie / Santarêm
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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 12:03

Manaus

Le port, la hall aux poissons, balade dans la ville

 

La halle aux poissons "géants"  de Manaus.

Poissons de plusieurs dizaines de kilos.


Très tôt le matin (on ne perd pas le rythme !), nous sortons pour notre dernière visite de Manaus. Cet après-midi, à 15h00, nous prenons un bateau jusque Santarem où nous arriverons vendredi matin. Au programme de la matinée : trouver un distributeur d’argent qui fonctionne, acheter des hamacs pour le bateau, de l’eau et des victuailles.

Crevettes sechees des halles de Manaus.

 

Nous filons d’abord dans les rues de la zone franche pour acheter nos hamacs. C’est vite fait tant il y en a et tant ils sont beaux. Bruno nous a expliqué qu’ici, c’est une vraie compétition pour les hamacs ! A qui aura le plus coloré, le plus brodé avec la plus belle dentelle au crochet ! Nous n’imaginions pas qu’un hamac pèserait 3 a 4 kg… une valise supplémentaire va bientôt s’imposer.

 


Aux alentours du marché de Manaus...




Nous retournons vite fait à l’hôtel car un employé de la société de Bruno vient à 9h00 chercher nos hamacs pour les installer en avance sur le bateau et choisir de bons emplacements.

 

La hall aux poissons de Manaus vue de l'exterieur.

Nous repartons aussitôt dans les rues de Manaus.

Direction le port.

La fameuse halle aux poissons de Manaus a été construite sur le modèle des halles à Paris. Seul le port, très bien réaménagé, et quelques façades joliment restaurées, témoignent d’un renouveau récent et de l’engagement de la mairie dans la réhabilitation du centre ville.

 


Le port de Manaus

Cette hall immense s’emplit chaque matin de vendeur de poissons pêchés dans l’Amazone.Les gens viennent parfois de très loin, jusqu’à une semaine de bateau pour vendre leur poissons aux forment et couleurs inhabituelles. Aux noms invraisemblables ! Nous ne les verrons pas, mais lorsqu’ils arrivent, les poissons sont si gros qu’il faut plusieurs personnes pour les porter. Nous les verrons mais déjà découpés en filets (énormes !). L’ambiance est particulière. Les prix se négocient.

Pour certains poissons rares, Bruno nous avait expliqué que les prix montent comme dans enchères au fil de la matinée. Ici, tout le monde se nourrit de poisson.

 

Le marché aux herbes de Manaus est extraordinaire. Des petits vendeurs côtoient les plus grands.Tous préparent des petites potions magiques dans des flacons médicinaux. Les gens viennent ici avec des ordonnances, et on leur fabrique les mêmes médicaments que les chimiques mais en naturel ! Il faut savoir que si les hôpitaux sont gratuits et de très bonnes qualités (selon Bruno toujours) les médicaments sont eux payants et très chers. Le Brésil ne peut pas avoir de médicaments génériques, en raison du coût exorbitant de l’achat de « droit » d’utilisation aux découvreurs de molécules. Bien que la plupart de ces molécules aient justement été découvertes dans la forêt amazonienne. C’est révoltant. Ici, c’est système Naturel, mais qui fait son effet puisque les gens semblent réellement en parfaite santé.

 

Stand de manioc et diverses farines de manioc.

Plus loin encore, un hangar de un hectare de bananes. Toutes sortent de bananes. A Manaus, la banane ne s’achètent pas en supermarché. La banane parcourent les rues sagement assises dans des brouettes et se vend savoureusement pour quelques centimes d’euros.

 

 Un des nombreux "points" de vente de bananes des rues de Manaus.

Dans le marché aux fruits, on remarque les pommes et les fraises aux prix onéreux (fruits « exotiques » locaux en fait !). Les marchands de crevettes… toutes sortent de crevettes de toutes les tailles, des crevettes séchées qui emplissent la chaudeur de l’atmosphère d’une odeur qu’on vous laisse imaginer. Et les marchands de bijoux indiens confectionnés uniquement de graines, de toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, aux mélanges savamment pensés.


Amazonienne en pleine lecture sur le port.

 

Ici, nous sommes les indigènes. On nous regarde et on nous dévisage de manière ostentatoire. Pas ou peu de touristes se promènent  dans Manaus. Cette ville est le point de départ des excursions, mais personne ne s’y attarde, malheureusement.

On a quitté Rio et le Minas, avec sa population majoritairement blanche ou à peine métissée, ou bien noire (pour le quartiers que nous avons vu en tout cas). Ici, nous sommes en Amazonie. Les habitants sont des « caboclos », des métisses indiens et portugais. Leur physique est très marqué. Ils sont plutôt petits, trapus, la peau foncée et les yeux en amande. Ils sont farouches et réservés. C’est un autre Brésil, une autre population que nous découvrons.

 

Quartier de l'Opera de Manaus.

Direction la ville de Manaus. Nous quittons les quais et longeons les avenues qui nous mènent au Théâtre.

L’ambiance de Manaus est également très différente de ce que nous avons rencontré jusque-là. A la fois ahurissante et drôle. Outre la chaleur étouffante et moite, les rues sont très animées, bruyantes. Des voitures publicitaires roulent au pas, leur sono à fond, les bateaux à quai dans le port, les magasins, les restos, tout le monde met sa musique au maximum (des chansons qu’on imagine fort bien en bande son d’une « novella » brésilienne)!

 
Opéra de manaus.

 

Des vendeurs campent devant chaque magasin, dans le quartier de la zone franche, et nous interpellent pour qu’on rentre jeter un coup d’œil. Certains ont un micro à la main et annoncent les promotions du magasin pour lequel ils sont employés ! On rentre dans un magasin de chaussures, 3 vendeurs nous tombent dessus, nous montrent des tas de modèles qui ne nous intéressent pas dans une frénésie indescriptible, et ne nous laissent pas regarder ce qu’on veut. Bref, une ambiance de souk étonnante, et épuisante. En fait, on n’a pas envie d’acheter. Ce n’est vraiment pas dans nos habitudes.

 

Maisons abandonnées à côté du port de Manaus.
Derrière les murs, un jardin en friche, en plein centre ville.

Direction supermarché pour faire nos courses pour le bateau jusqu’à Santarem. Et bien là aussi ils emploient des DJ devant leur vitrine, et idem : le DJ fait la pub en direct ! Cette ambiance est plutôt drôle. Mais le niveau sonore est absolument ahurissant.

 

Nous nous ravitaillons de nouveau en produits répulsifs pour moustiques car leur efficacité a été prouvé : pas une piqûre à ce jour !

 

Place de l'opera de Manaus.

 

Puis nous nous réfugions une heure dans la fraîcheur climatisée de l’hôtel avant de partir pour notre fameuse « croisière » en hamac. S’ensuit quelques essaies d’appels téléphoniques avec notre hôtel à Santarem car nous allons arriver à 5h00 du matin. Les numéros des guides sont presque tous erronés. Les gens semblent changer facilement de numéros ici ! Et les communications sont super mauvaises. On ne comprend rien, la ligne coupe.


Marché de l'artisanat amazonien.


Bref… une fois plus, la réservation faite depuis la France avait déjà été oublié. Cela semble être la coutume de la région : le premier arrivé aura raison. On refait une nouvelle réservation avec, comme par enchantement, des nouveaux prix plus chers (la dernière fois c’était notre copine brésilienne Sirlei qui parlait).On renégocie, mais on ne le sent pas trop. Malheureusement, c’est le seul numéro de nos guides qui fonctionne et ici personne ne connaît d’adresses sur Santarem.


 


Installation électrique commune.


Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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