Bélem
Urgences de l’hôpital de Belém – Visite du Ver-o-Peso et du marché artisanal – Balade sur les docks
Caisse d'acerola, vitamine C naturelle cueilli dans les arbres de la forêt et des jardins.
La nuit du mercredi au jeudi a été très fiévreuse. Simon va mieux, mais moi je me tords de douleurs au ventre et la fièvre a bien du mal a baisser.
Le matin, je suis dans un tel état de fatigue que je suis bien incapable de me lever. Mon mal de ventre continuel pousse Simon a demander l’adresse d’un médecin et un taxi climatisé au mec de l’hôtel car je ne supporte plus la moindre bouffée de chaleur. Ils nous envoie direct aux urgences où on nous prend tout de suite. Ici, les gens semblent avoir des sortes de carte de sécu car ils ne paient pas, mais nous, nous avons payé plus cher qu’en France !
Le marché Ver-O-Peso de Belem.
Le médecin me demande ce que j’ai, ne m’ausculte pas, ne me regarde à peine et conclue en 5 minutes que c’est une déshydratation. Il me dit qu’on doit me perfuser pendant une heure pour me réhydrater. Je lui demande si c’est indispensable, et il me répond que « non, pas du tout, vous pouvez boire aussi ! ».
Le marché de Bélem.
Je choisis la deuxième solution et Simon lui demande de me prescrire l’équivalent de la perf’ en médicament. Cela n’existe pas apparemment. Le médecin me prescrit juste des comprimés pour la reconstitution de la flore intestinale et me dit de continuer mes médicaments pour la fièvre et le reste.
On se demande un peu ce qu’on est venu faire là.
Les vendeurs de rues viennent se raviltaller au grand marché de Bélem.
"Casseuse" de noix de cajou
"Montrez moi la photo pour voir si j'ai pas les bras trop gros !"
De retour à l’hôtel, Simon file dans une pharmacie pour acheter des sels de réhydratation, des minéraux ou autres. Et bien cela existe bien mais il fallait une ordonnance ! Il me prend la seule et unique boîte de vitamines et oligo-éléments qui existe dans la pharmacie et qui coûte, là aussi, plus cher qu’en France !
Papayes.
Je passe la journée et la nuit qui suit au lit. Simon est patraque lui aussi. Sans fièvre, mais mal au ventre par moment et il dort tout le temps. Finalement, il ne veut pas sortir et préfère faire la sieste lui aussi. Surtout que le chauffeur de taxi nous a dit que cela dépassait les 40° aujourd’hui et que bien peu de lieux sont climatisés dans cette ville.
Le jeudi matin devait être consacré à l’Ile des Perroquets.Simon annule et remet ça au lundi suivant. Avec les Brésiliens, de ce côté là, il n’y a jamais de problèmes !
Préparation de filets de légumes sur le marché Ver-O-Peso.
Après une deuxième nuit de fièvre et de douleurs intestinales, le vendredi matin, cela va beaucoup mieux. Simon ne semble plus avoir mal au ventre, même s’il est tout flagada. Je me remets sur pieds et on s’apprête à aller voir le fameux marché Ver-o-Peso. On décide de ne se déplacer qu’en taxi climatisé. Au prix d’environ 3 € la course dans le centre, on aurait tort de s’en priver. Et on reviendra dormir pendant les heures brûlantes du début d’après-midi, car je serai bien incapable de marcher une journée entière.
On visite donc pas mal Belém en taxi et les chauffeurs nous déposent toujours dans de chouettes endroits. Les rues sont joyeusement animées, l’architecture délabrée de la ville donne une ambiance nostalgique de vieille carte postale. Il y a quelque chose d’envoûtant dans Belém.
Vendeuse de jus de Manioc (Tucupi) exténuée par la chaleur.
La matinée commence avec le marché Ver-o-Peso dont l’architecture est un mélange de construction baroque et art déco assez élégant, sur la rive du fleuve. La structure en fer a été importée en pièces détachées de Grande-Bretagne en 1900. On imagine alors ce que ce marché pouvait donner avec la fièvre du caoutchouc de l’époque !
Vendeur de crevettes séchées.
Aujourd’hui, c’est un vaste marché de poissons comme à Manaus, de fruits tropicaux, de plantes médicinales, de potions magiques de sorcières amazones, de bijoux des indiens, de masques de plumes d’oiseaux rares et certainement interdits à la chasse (dans la forêt, on se rend vite compte que rien n’est interdit). Tout ce bric-à-brac, cette foule de vendeurs et d’acheteurs se tapent dans le dos, se mouillent régulièrement la tête pour ne pas cuire au soleil, il n’est pas rare d’en voir certains assoupis de fatigue sur leur stand.
Le port de Bélem.
Détail de l'architecture du Ver-O-Peso.
Le Ver-O-Peso est devenu le symbole de Belém et on comprend pourquoi ! C’est ici qu’on perçoit le mieux le mélange des cultures, des influences indiennes et européennes propre à cette ville, aussi bien dans l’architecture que chez les gens. A Manaus, le type physique des gens est réellement amazonien, dans le sens indien de la forêt. Très objectivement, en Amazonie, les visages sont magnifiques. Parfois même d’une beauté rare.
A Santarêm, on sent la différence avec les descendant des indiens qui ont été soumis à l’esclavage et les descendants des colons portugais, qui sont très européens de peau. L’esclavage dans la région était très intense pour la fabrication du caoutchouc, du latex. Il y a donc les deux. Ici à Belém, il y a toujours ces 2 profils, mais aussi beaucoup de gens noirs, certainement descendants d’esclaves d’Afrique. Il en résulte une grande mixité de peaux aux variantes des moins dorées au plus sombres.
Stand de piments.
Nous longeons le fleuve jusqu’à la place Dom Pedro, cœur de la vieille ville. L’ancien fort qui protégeait Belém a été réaménagé en petit musée sur la culture des Indiens qui peuplaient la région avant leur massacre. C’est touchant et intéressant, bien fait et aussi climatisé, ce qui ne gâche rien ! Depuis les remparts, où ils restent quelques vieux canons, on a une très belle vue sur le Vero-O-Peso et l’ensemble des docks. Virginie reste à l’ombre et ne s’aventurera pas jusque là.
Le port de Bélem.
La chaleur est toujours au rendez-vous, et on se dit qu’une petite pause/sieste à l’hôtel serait une drôlement bonne idée pour reprendre quelques forces. Après une petite heure de fraîcheur dans la chambre, on repart pour la vieille ville et la place Dom Pedro. Là, le musée d’art sacrée de la ville, niché dans son beau petit palais, nous tend les bras. Tous les guides écrivent qu’il ne faut surtout pas passer à côté de cette visite, alors on se lance !
Morue séchée.
Comme toujours (ou presque) dans les visites que nous avons faites jusqu’ici, un guide (une guide en réalité) se propose de nous raconter, gratuitement, l’histoire du lieu et des œuvres que nous allons voir. Ça nous change des musées parisiens, avec leurs horribles casques qui coûtent une fortune et donnent des explications rébarbatives sur les œuvres. La guide de ce jour là a étudié l’histoire artistique de Belém à l’université. C’est une passionnée qui parle avec le cœur. Elle est passionnante !
"Sorcières" de Bélem
"Une contrariété ma p'tite dame? Mal quelque part?".
Le musée est installé dans une ancienne église construite par les jésuites. Elle a été longtemps abandonnée, et reconvertie en musée. A l’intérieur, une belle collection de sculptures, de tableaux datant du 18 ou 19°siècle. L’éclairage du lieu et des œuvres (créer par un français, cocorico !!) est magnifique.
Visite passionnante donc, même si notre guide parle beaucoup trop vite pour nous ! On arrive quand même à comprendre l’essentiel et à poser quelques questions. Comme toujours dans les églises brésiliennes de l’époque, les noirs n’avaient pas le droit d’entrée. Un couple de touristes brésiliens nous avait rejoint en cours de route pour profiter de ces explications, et la femme, de couleur noire, dira à cette occasion : « mais le Brésil était un pays raciste alors et surtout la religion catholique ! ». Et la guide de lui répondre : « oui madame ! ». Preuve peut-être qu’ici comme en France, les atrocités commises pendant l’esclavage ne sont pas forcément bien connues.
Potion magique "natuelle" !!!!
A la sortie du musée, surprise, la pluie s’est invitée dans notre programme. Et oui, on est à Belém, la ville de la pluie éternelle, où même durant la saison sèche, il pleut au moins une fois par jour. Surtout en fin d’après-midi, et toutes les nuits, il y a de l’orage.
Inquiet, on demande au gardien si la pluie va bientôt s’arrêter. Lui, rassurant, nous affirme que ce n’est qu’une courte pluie. Dix minutes ? Un quart d’heure ? « Non, dans une heure ou deux ça devrait s’arrêter » ! Effectivement, nous n’avons pas la même conception d’une « petite » pluie.
Les docks de Belem.
Heureusement, les taxis sont là, toujours aimables, pas chers et serviables, et on décide d’aller s’abriter un peu dans un endroit couvert. L’estaçao das docas semble être l’endroit parfait. Ce sont les anciennes docks dans lesquelles était déchargé le caoutchouc, lieu réhabilité par la commune et reconvertie en centre resto-commercialo-touristique.
C’est très agréable, les trois hangars ont été magnifiquement rénovés, et ils accueillent désormais de sympathiques petits bistrots, des restos, des magasins d’artisanat, et occasionnellement des expos d’art.
Unique brasserie de bière du Brésil dans les docks de Belem.
Bière bélémoise.
On en profite pour siroter une petite bière dans la seule brasserie artisanale de la ville (excellent cette bière d’ailleurs), sur la petite terrasse au-dessous des grues toutes reluisantes, avec vue sur le fleuve et les bateaux qui viennent accoster pour la nuit. Le contraste est très intéressant, entre ces docks modernes et climatisées, et les grues qui trônent le long du fleuve. Le soleil couchant donne des teintes rosées surréalistes à l’ensemble. Un lieux où l’on reviendra, c’est sûr ! Notre QG de Belém.
Balades des Belemois sur les docks renoves
Après une petite balade des plus romantiques sur les quais, on rentre finalement à l’hôtel, toujours bien un peu fébrile, pour essayer de passer une bonne et longue nuit réparatrice.
D’autant plus que demain, nous partons pour deux jours sur l’île de Marajo, en face de Belém, et nous prenons l’avion lundi pour Sao Luis do Maranhao.
Port de Bélem.
Intérieur des docks rénovés en bars et restos.
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