
Salvador de Bahia
Départ pour
Une fois de plus, nous sommes réveillée par Vanià qui n’a pas pu s’empêcher de venir nous dire au revoir. Elle nous avait déjà téléphoné hier soir pour les adieux, on lui avait dit qu’il y avait un sac avec des petits présents pour ses enfants. Alors, elle était curieuse... normal !
Elle est un peu surprise de constater qu’il s’agit d’affaire d’écoles, de cahiers, de stylos, des crayons de couleurs, de feutres et de gomme (on avait demandé une liste à Cidinha). Une triste moue laisse finalement place à un certain contentement. Je lui fais comprendre en plaisantant qu’elle n’a plus de raison de ne pas envoyer ses enfants à l’école… elle promet qu’ils iront TOUS à l’école à la rentrée de février. Ce cadeau, ça la laisse un peu sans voix pendant 1/2 heure. Et pour que Vanià reste sans voix, il en faut beaucoup ! Bon, ça nous donne bonne conscience sans plus mais après tout, qui sait...
Vers 8h30, nous accompagnons Cidinha à une conférence politique au sujet de Lula à laquelle elle est conviée. Hier soir, elle nous a confié son rêve le plus cher qui la fait mourir de rire elle-même : être ministre de l’environnement sous le gouvernement du PT (Parti des Travailleurs, parti même de Lula).
Nous n’entrons pas avec elle bien évidemment, mais le lieu est à voir : c’est un hôtel à deux étages, avec piscine à l’eau de mer, et téléphérique ( !) entre la partie haute et la partie basse de l’hôtel. La misère n'est pas pour tout le monde ici.
Une fois plus, alors que nous arrivons au bord de la piscine en plein air, il se met à pleuvoir.
Nous prenons un expresso au bar, puis en voyant le ciel plombé au-dessus de nos têtes, nous rentrons chez Cidinha.
Bahia de Tous les Saints, dit la célèbre expression, mais après 2 semaines dans cette ville, comment peut-on imaginer un seul instant qu’un seul Saint existe ou n’aie pu exister ici ?
Nous savons d'avance que, lorsque nos copains ou autres personnes vont lire nos récits sur Salvador, nous allons nous faire fustiger. Pour ceux qui ne nous connaissent pas, nous allons nous faire taxer de "riches qui n'ont rien compris" et on nous prêtera certainement des propos et des conclusions qui ne sont pas les nôtres. Pour ceux qui nous connaissent, on nous dira tout et rien parce qu'en France actuellement, ce n'est pas dans l'air du temps de ne pas aimer la ville de Salvador, ni de refuser "la misère".
Mais tant pis, c'est comme ça à l'heure d'aujourd'hui, c'est ce qu'on ressent très clairement. Encore une fois, nous savons que beaucoup d'autres personnes ont ressentis les mêmes émotions au sujet de leur passage dans cette ville mais ne le disent pas aussi clairement, parce qu'encore une fois, ils pensent s'être trompés sur leurs ressentis vus que tout le monde ne dit que du bien du Salvador et rêve d'y aller. Mais nous n'étions pas venus chercher dans cette ville ce que nous n'aimons pas de certains aspects de notre pays : la misère morale où seul une paire de lunettes ou une fringue quelconque de marques "chers" donnent l'illusion de la "richesse" et le sourire celle du bonheur.
Néanmoins, on insiste sur un point : ce ne sont que nos impressions et rien d'autres et elles ne valent pas plus que les émotions ou les pensées de vous qui êtes peut-être en train de nous lire et qui partez demain pour Salvador.
Nous savons qu'un jour nous y retournerons, ne serait que pour revoir Cidinha et Vanià, et ce sera avec grand intérêt que nous relirons nos propres lignes.
Le voyage Salvador / Lisbonne / Paris s’effectue tranquillement et rapidement. La douane décortique tous les vivres que nous avons rapportés. Heureusement qu’ils étaient tous emballés sous-vides et les bouteilles stickés, sinon, c’était confisqué !
Pour couronner notre voyage, nos passeports se sont "égarés" dans l’aéroport de Lisbonne. Boh…
Nos compagnons de voyages, tous brésiliens, nous disent tous : "mais pourquoi êtes vous restés à Salvador, la région est tellement plus belle, plus intéressante ! Moi j'habite Itacaré c'est super, et moi j'habite un village qui s'appelle Machin Chose c'est comme ça !!!!".
Ils partent faire des études dans divers pays d’Europe : l’Allemagne,
Et bien sûr la question fatidique : « c’est comment la neige ? ».
A Orly notre chauffeur de taxi nous demande d’où on vient. On lui raconte. Il est père d’un élève de capoeira d’un groupe de Paris. Le monde est petit ! Du coup, on discute à bâtons rompus car ce père suit de très près la « carrière » du fiston de 15 ans ! On ne veut pas le décourager mais nous lui disons quand même que Salvador, où son fils rêve d’aller bien sûr, n’est pas une ville des plus sécurisantes. Malgré tout, chaque expérience reste unique, et même si effectivement le nombre de dépouillement à Salvador ou de Rio de Janeiro bat certainement des records mondiaux, il ne faut pas pour autant ne pas y aller. Mais un conseil pour les capoeiristes : n’y allez pas sans adresses de profs et de cours de capoeira avec le nom de quelqu’un de qui vous recommander. Sinon sortez les dollars et rangez les appareils photos !

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