Minas Gerais - Tiradentes
Balade dans Tiradentes et match France/Portugal
Mercredi 5, 5h30 du matin : après un réveil un peu difficile dès l’aurore, nous prenons un taxi direction la gare routière de Rio, pour prendre notre bus vers Tiradentes.
Fleurs du Brésil
Le trajet en taxi nous permet de découvrir une partie de Rio que nous ne connaissions pas, la zone nord et son fameux « Sambodrome » au pied d’une favela. Changement de registre, donc, par rapport aux quartiers que nous avions visité jusque-là. La pauvreté se fait ici plus présente, on voit de nombreuses personnes mendier aux abords de la gare. Dans la gare routière, l’agitation est déjà telle qu’on se croirait aux heures de pointes à Paris à 8h00 du matin ! Les bus scolaires sont déjà bondés et les cariocas en route vers le boulot.
Tiradentes dans les montagnes du Minas Gerais
Le voyage en bus confirmera largement l’impression de pauvreté ressentie aux alentours de la Rodovaria. Pour sortir de la ville, nous traversons toute la banlieue nord de Rio, où se succèdent des dizaines de favelas sur plusieurs kilomètres. Pourtant, ces quartiers synonymes pour nous de bidonvilles insalubres laissent apparaître une vie étonnante. Il est maintenant 7h00 du matin, et au milieu de maisons à peine terminées, construites de bric et de broc, on aperçoit un homme assis dans sa maison sans toit ni fenêtres lisant tranquillement son journal au levé du jour, un autre balayant soigneusement sa ruelle, une mère accompagnant ses enfants, cartable sur le dos, à une station de bus. Certaines maisons sont peintes en rose ou vert, comme pour mettre un peu de couleur dans la vie des habitants.
Ruelle de Tiradentes.
La suite du voyage nous permet de traverser les douces montagnes de la région du Minas Gerais. Ces paysages, probablement très ordinaires pour un brésilien, sont pour nous surprenants. Les versants les plus secs des monts laissent apparaître une terre rouge vermillon, tandis que les versants humides sont couverts de palmiers, bananiers et autres espèces tropicales luxuriantes.
Guide et son cheval dans Tiradentes.
Mais l’intérêt du voyage est aussi ailleurs. L’état des routes et la conduite sportive du chauffeur sont une fois de plus une source d’angoisse et de fous de rire. On nous avait dit que la route entre Rio et Belo Horizonte était assez bonne… on ose à peine imaginer ce que donne une mauvaise route au Brésil quand on voit les bas côtés de la route complètement cassés qui plonge à pic dans les ravins ! Et notre bus qui double camions et voitures !!!
Quelques rues de Tiradentes
Mercredi après-midi : nous arrivons finalement à Tiradentes à 13h00 (6h00 plus tard pour effectuer à peine 300km). Trois heures environ avant le début du match France/Portugal, voilà qui nous laisse de quoi faire un petit tour dans le village.
Tiradentes
Peu de personnes dans les rues. Il fait environ 26 degrés. Ce qui est reposant pour découvrir cette charmante petite cité coloniale, avec ses maisons basses, ses portes et ses fenêtres savamment peintes, ses églises et ses fontaines baroques, le tout sur un décor de montagnes basses à la terre sienne et de palmiers déplumés par l’hiver. Ici, le temps semble s’être arrêté voilà plusieurs siècles. Les ruelles sont tapissées de vieilles pierres cabossées de toutes les tailles et de toutes les hauteurs vieilles de plusieurs siècles. Les chevaux tirent leurs carrioles colorées cahin-caha.
Cheval à cariole dans Tiradentes
Plus on se balade, plus on remarque que tout semble miniaturisé à Tiredentes. Les deux uniques banques ont trouvé logis dans deux toutes petites maisons derrière la place où seuls un petit écriteau indique la fonction du lieu. Les antiquaires et marchands d’art ou d’artisanat ont redoublé d’imagination pour attirer l’œil sur leur devanture coloniale : fleurs en bois, coquillages, tissus et linge de maison aux couleurs aussi chatoyantes que les demeurres.
Simon à Tiradentes
Chez Les commerçants, nous discutons de Tiradentes, des spécialités culinaires locales, du tourisme, de notre présence, des choses à vendre… mais le principal sujet de conversation,ce qu’on nous demande chaque fois, l’œil inquiet et fasciné : « vous êtes français ? Ahhhhh ! Zizouuuuu ! Un oiseau ! Il est beau ! Je l’adore !!! ». Cela fait toujours rire les gens de réaliser qu’on est deux pauvres français perdus dans leur bled au fin fond du Minas Gerais, loin de nos compatriotes français pour savourer la peut-être future victoire du Pays ! Et chaque fois, nous sommes de nouveau confrontés aux exploits de Zidane. La moindre babiole acheté et on s’entend dire : « je tiendrais pour la France moi ! ».
Eglise de Tiradentes
Les « mineiros » (les habitants du Minas Gerais), s’ils sont bien plus réservés que les cariocas, possèdent cette incroyable gentillesse presque surréaliste. Malgré les difficultés de vivre évidente pour certains d’entre eux, ils sont toujours souriants et avenants. Malgré tout, et cela va de soi, tout le monde ici sera pour le Portugal. Et on ne nous regarde pas d’un si bon œil partout…
Détail d'une église
A 16h00, nous nous installons sous un des parasols du seul et unique café de la placette possédant une télévision. Les joueurs entrent en scène. Nous prenons la table la plus proche du 36 cm. Une seule famille brésilienne avec ses enfants jouxte la nôtre et attend avec impatience la victoire des portugais.
La terrasse se remplie dés la fin du boulot des habitants de Tiradentes et tout le monde se rejoint pour la fameuse cerveja du soir. Tout le monde cri « vai Portugaouuu vai !!! ». Et nous, on ne se gêne pas pour applaudir Zizou ! Ce qui fait rire les gens bien sûr… sauf un petit gamin d’une douzaine d’année. On ne comprend pas ce qu’il nous dit mais sa grande sœur, pétée de rire, lui met la main devant la bouche.
Cocotier dans un jardin.
17h00 : la nuit tombe à la vitesse de la lumière et un froid parfaitement glacial avec. Simon retourne vite fait à notre pousada (nom donné aux pensions familiale du Brésil) juste derrière la place et revient avec nos chaussettes et polaires. Mais ce n’est pas suffisant. Malheureusement, nous n’avons rien d’autre. La température tombe en dessous de 10 degrés et nous surprend.
Détails de fenêtre de l'architecture coloniale de Tiradentes
On comprend enfin pourquoi il y a autant de magasins de ponchos péruviens, de gants et de cache-nez ! Ici, tout le monde se couvre de parka d’hiver, alors que ce matin, au soleil, les gens étaient en tongs. Les serveurs du café sortent les poêles à charbons… depuis les restos voisins, une odeur de feu de bois nous chatouillent les narines. Les intérieurs ressemblant plus à des chalets qu’à des maisons coloniales, nous voilà définitivement plongés au cœur des montagnes du Minas Gerais.
Après-midi à Tiradentes
France/Portugal se déroule dans l’amertume et la désolation pour la terrasse d’une quinzaine de brésiliens qu’ils sont. Après le but des français, c’est l’excitation la plus absolue. On ne comprend pas tout ce qu’ils disent, mais on pense que les joueurs portugais se font ruer dans les brancards histoire de remuer un peu le jeu.
Futur champion de futebol !
Le match se termine dans la même platitude que la dernière fois. Une fois fini, on passe direct à la pub et tout le monde rentre chez soi, dégoûté, écoeuré.
Virginie à Tiradentes.
Nous fêtons notre victoire tous les deux, seuls et uniques clients du resto voisin où l’on nous sert une nourriture mineira absolument divine et réchauffante. On trinque à la santé de « Zizou » et de tous les français qui sont certainement, au même moment, en train de descendre des litres de bière en chantant !
Une fois dans la chambre : 14 degrés !!!! Ilnous faut plusieurs couches de vêtements, notre sac de couchage, lacouette et la couverture pour cesser de greloter.
Mais dans cette immense lit, sous le plafond de frisette en bois rouge local, la nuit fût excellente.
Tiradentes
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Blog de Virginie & Simon
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