Manaus

Samedi 15 juillet 2006 6 15 /07 /2006 00:02
Manaus
Survol de Brasilia et arrivée à Manaus




Centre ville de Manaus

Réveil aux aurores, ce samedi matin 15 juillet, pour prendre notre avion à 7h30 à l’aéroport international de Rio de Janeiro. Nous ne le savons pas encore, mais ce voyage va être plus mouvementé que prévu, et pour cause ! Bien que l’on voyage avec la TAM, mauvaise période pour prendre l’avion au Brésil, avec le dépôt de bilan de Varig, une des deux principales compagnies du pays. Est-ce dû à cela ou à une très mauvaise organisation de l’aéroport de Rio de Janeiro, nous n’en sommes toujours pas certains. Une seule file d’attente pour TOUTES les destinations du brésil soit une quinzaine de comptoirs et une file d’attente de plus de 2h00 alors qu’on nous demande d’être présents 1h30 avant...


Centre de Manaus. Quartier de l'opéra.

Résultat, au bout d’une demi-heure, nous n’en sommes qu’au début de la file. Heureusement, ce joyeux bordel semble être habituel et relativement maîtrisé, puisque 30 minutes avant le départ de l’avion, on finit par nous emmener pour nous faire passer devant tout le monde afin d’être enregistré en priorité avec les autres passagers en direction de Manaus.


Livreur dans Manaus, quartier de l'opera

Après un peu moins de 2 heures de vol, l’atterrissage à Brasilia, où nous avons une correspondance, nous donne l’occasion d’admirer depuis le ciel la structure si particulière de la capitale brésilienne. Le lac artificiel a très clairement la forme d’un oiseau, et la ville semble accrochée aux ailes. On distingue parfaitement les immenses avenues, les différents quartiers, les bâtiments administratifs, le tout savamment quadrillé par des sortes d’autoroutes urbaines. Aucun doute, la ville a bien été pensée et dessinée de A à Z dans un esprit moderniste et rationaliste.


Vendeur de bananes ambulant.


Un des nombreux vendeurs de fruits dans Manaus

On commence à regretter de ne faire qu’une courte escale par l’aéroport de la ville. Un sympathique groupe de 3ème âge Martiniquais en vacance au Brésil confirme ce sentiment. Ils ont visité Brasilia et ont trouvé cette ville incroyablement intéressante et surprenante. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois !


Ancienne capitainerie du port de Manaus

Mais revenons à nos aéroports ! La correspondance à Brasilia est pour nous une nouvelle source d’étonnement. A l’atterrissage, une annonce sonore en portugais, inaudible même pour les Brésiliens, semble indiquer la marche à suivre pour le changement. Une fois descendu de l’avion, pas une annonce pour nous indiquer le chemin, pas un seul panneau indicateur (« y’a même pas un panneau écrit in français dans ct’aéroport la ! » dira un de nos amis Martiniquais !) et les employés de l’aéroport nous envoient dans des directions différentes pour notre correspondance.


Aux alentours du marché couvert de Manaus,
vente de plantes amazoniennes.


Après avoir demandé 3 ou 4 fois où nous devions aller, nous finissons par comprendre qu’il faut sortir de l’aéroport, aller dans le hall d’accueil et nous débrouiller pour trouver notre vol, la porte d’embarquement… Rien de bien terrible, soit, mais comparé à notre premier transfert à Lisbonne, on est un peu laissé à l’abandon.


Une rue de Manaus.

Dans la salle d’attente, nouvelle agitation, réellement due cette fois à la faillite de Varig. On nous annonce que notre avion pour Manaus va également accueillir des passagers de vols Varig à destination de Miami (si si, véridique !) et de Porto Velho ! On nous bourre tous dans l’avion sans respecter les numéros de places. Après une heure d’attente dans l’avion avant de décoller, ces passagers doivent finalement redescendre. Les vols Varig ont, au dernier moment, pu être assurés. Bilan, plus d’une heure de retard au décollage, beaucoup d’agitation, et 15 R$ (5,20 € !) d’indemnisation pour les malheureux passagers Varig.




Finalement, après deux heures de vols au-dessus des grands plateaux verdoyants du Brésil, nous survolons enfin… le fleuve Amazone ! Immense serpent se faufilant dans la forêt amazonienne. Spectacle époustouflant, surtout lorsqu’on voit de haut, juste avant l’atterrissage, la rencontre des eaux : la partie la plus large du fleuve (plusieurs kilomètres) et divisé en deux couleurs : noir et ocre, noir pour le « Rio Preto », et ocre pour le « Rio Solimoes ». Vu du ciel cela se voit clairement.
Malheureusement, nous sommes installés au niveau des ailes de l’avion et les photos seront impossibles.



Amazonienne en shopping !

A l’aéroport, notre taxi (envoyé par l’hôtel) nous attend avec un grand panneau écrit SIMON ! L’humidité et la chaleur nous saisissent dès la sortie de l’avion. Il fait plus de 38 degrés, l’humidité avoisine les 80% et un soleil de plomb nous accable : Bem vindo em Amazonia ! (Bienvenus en Amazonie).
On se dit que ce sont les réacteurs des avions, on cherche milles excuses,mais le chauffeurs nous dit qu’il fait encore plus chaud en septembre !
Nous arrivons dans Manaus, ville de plus d’un million d’habitants perdu au beau milieu de la jungle. Dernière ville avant une forêt sans limite. Il faut savoir que l’état de l’Amazonie à lui seul est grand comme 3 fois la France ! Manaus, point de départ de toutes les excursions.


Hôtel Palace de Manaus

Notre hôtel, un joyaux vu de l’extérieur. Mais l’ « Hôtel Palace », n’a de palace que le nom, et nous décidons de sortir nous promener un peu dans la ville plutôt que de rester dans notre chambre à la salle de bain douteuseet aux fenêtres cassées. Nous n’avons pas eu la chambre que nous avions demandé lors de notre réservation (au calme, bains propres) et nous avons dû changer de chambre. Cela n’a pas changé grand-chose… L’électricité pendouille de toute part, les lavabos ne sont jamais nettoyés,une couche de poussière voile les meubles. La climatisation fait un bruit de camion. On voulait quelque chose de confortable avant le périple de la jungle qui va enchaîner avec la croisière en hamac de plusieurs jours… pas super, tant pis, on est vacances !


Cabines téléphoniques appelées "les oreilles".

Manaus est une ville très étrange. Elle a connu son heure de gloire avec l’hévéa, le célèbre arbre à latex, à la fin 19° et début du 20° siècle. Le « vol » de graines d’hévéa et leur plantation en Asie du sud-est ont sonné le glas de cet âge d’or, et Manaus est lentement retombée dans un profond sommeil. Ce n’est que depuis une vingtaine d’année, avec la création d’une zone franche, que de nombreuses industries se sont installées dans la région, et que la ville retrouve un certain dynamisme.
Résultat, on a le sentiment d’être dans une ville de petits palais qui aurait été abandonnée, et qui serait peu à peu squatée par toutes sortes de marchands ambulants, de boutiques d’électronique, de fripes et diverses babioles détaxées. Les vielles maisons de l’époque du caoutchouc côtoient d’immondes bâtiments des années… on arrive pas à les dater tellement ils sont délabrés ! L’ensemble du centre ville est décrépi et sent un peu le moisi.


Repas du midi à l'envolée sur les quais, dans la chaleur humide de Manaus.

On file dans une pharmacie pour se ravitailler en répulsifs à moustiques. On nous sert de l’eau fraîche à boire, quel bonheur. Ici, dans les pharmacies, on vend des petites glaces style Miko mais naturelles, aux fruits régionaux (cupuaçu, fruits de la passion, cajà etc…). Les gens achètent, mangent leur glace au frais de la clim des magasins puis ressortent. On choisit deux bombes répulsives de compétition. Pas de différence ici entre peau et vêtement. Rien ne tâche, tout sent bon l’aloe vera et pas les pieds de 3 jours comme ceux vendus en France !
Et ils restent également efficace 12h00. Pour moitié prix par rapport à la France (10 € pour 50 ml est le prix courant des pharmacies françaises ou Vieux Campeur à Paris), nous avons 4 fois plus de produit. Et ici, ça marche, ça respecte l’environnement. Cherchez l’erreur…


Buvette sur le port de Manaus.

Nous filons ensuite nous balader pendant un peu moins de deux heures dans les rues de la zone franche de la ville, puis nous rentrons à notre hôtel nous reposer avant d’aller dîner. Il va falloir s’habituer à la chaleur et notre départ pour la forêt demain matin n’est pas sans nous inquiéter. En deux heures de balades, nous sommes trempés de transpiration de la tête aux pieds, culottes comprises.



Rue commerçante de Manaus.

Lorsque nous ressortons vers 18h30, la nuit est tombée, et l’ambiance a totalement changé. Le niveau sonore a nettement diminué, les marchands de téléphones portables, de domino en plastique et de hamacs ont laissé la place à des petites baraques où l’on vend des brochettes trempées dans de la farine de manioc. Les rues sont envahies de barbecue ! Quelques chaises en plastique autour de chaque marchand ambulant, et hop ! Chacun se fait son petit resto.


Coccinelle sur le port de Manaus

Mais TAM ne nous ayant pas vraiment nourris de la journée, on décide d’aller dans notre première « churrascaria », le temple brésilien de la viande grillée à la broche. Et nous ne regrettons pas notre choix ! On paye par personne et on se sert à volonté (une pensée de cœur à notre cousin Richard qui se marie aujourd’hui et qui aurait été bien heureux dans un lieu comme celui-là. Nous trinquons pour eux depuis Manaus !).



Un immense buffet de salades de toutes sortes, et les serveurs passent avec leurs broches de toutes sortes de viandes qu’ils vous proposent, vous découpent dans votre assiette. Les ananas sont également grillé à la broche, et les serveurs emplissent votre table de toutes sortent de mets qu’ils se font un plaisir de vous faire goûter. Sur la table, un petit panneau qui permet de signaler aux serveurs : « oui, j’en veux encore » ou « non, merci ». Un délice gargantuesque. Il faut bien prendre des forces avec tous nos soucis de touristes de la journée !

Demain, nous nous levons à 5h30 du matin pour démarrer avec notre guide à 7h00 depuis l’hôtel.
Boa noite.


La hall aux poissons de Manaus.

Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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Dimanche 16 juillet 2006 7 16 /07 /2006 01:03
Forêt amazonienne
La rencontre des eaux - Arrivée au Lodge maloca – A la découverte de la forêt - Pêche aux piranhas



Petit vendeur de poissons sur un des divers marches de Manaus


7h30. Départ de l’hôtel où Bruno, français, vient nous chercher. Bruno tient le lodge Maloca avec sa femme amazonienne Nilda. Il nous emmène en 4x4 jusqu’au port de Manaus. On fait vite fait le tour de la Halle aux poissons en nous donnant les noms et les prix de certains. Ici, on mange un poisson par famille ou tablée.


Poissons ouverts en signe de grande fraîcheur.

Quand on en achète un, il faut dire si on est 2 ou 20. Voyant que Simon et moi on se lèche les babines, il appelle Nilda de son téléphone portable et lui dit qu’il va rapporter du poisson pour le midi et donc de ne pas préparer de la viande comme prévu.


La rencontre des eaux a Manaus

Puis nous filons jusqu’à un second petit port de pêche beaucoup moins professionnel et grandiose que les Halles. On embarque sur un bateau à moteur avec un skipper et nous partons au milieu du fleuve Amazone pour admirer, à cette heure matinale, la fameuse rencontre des eaux.




Après quelques minutes, nous arrivons au milieu du large fleuve. On se sent bien petit.Nous restons côté « obscur » des eaux, c’est à dire du côté du fleuve Rio Negro, dont la particularité est son fort PH, une acidité qui repousse les moustiques et insectes.


"Boutiques" le long du petit port.

De l’autre côté, à quelques mètres de nous, le Rio Solimoes, de couleur ocre qui regorgent d’insectes, d’animaux et de maladies. Au beau milieu trône un horrible paquebot kaki de l’armée, qui ne fait rien, ne sert à rien, selon Bruno, qui semble être là juste pour impressionner les éventuels « pirates » de l’Amazonie.


"Je veux les bonbons au cupuaçu, là haut !"

Cette rencontre des eaux est un centre énergétique extrêmement important nous explique Bruno,un des plus puissants au monde (mais depuis le début de notre voyage, tout au Brésil est « plus » que le reste du monde !!!).


Station balnéaire au coeur de l'Amazonie.

Nous revenons vers le petit port. D’un côté du chemin, une ribambelle de petits stands où les vendeurs présentent consciencieusement les entrailles des poissons qu’ils vendent. De l’autre côté du chemin, des stands de bombons toujours et encore, des stands de fruits, de petit matériel de pêche, de bombonnes d’eau.


Rio preto da Eva - Station balmeaire amazonienne.


L’ambiance est surprenante. Les familles font leur course ici, bien plus qu’aux halles où seuls les restaurateurs semblaient venir se ravitailler. Toutes les femmes sont en short de jeans et en top sans bretelles, les hommes en short de sports aux marques assez connus chez nous pour la plupart. Les gamins comme partout ailleurs bavent devant une sucette et choisissent là aussi la plus colorée.


Marché couvert de Rio Preto da Eva - Dernière "ville" avant la forêt.


Farine de manioc et oranges vertes.

Nous repartons sur de bonnes routes (c’est suffisamment rare pour le remarquer) pour nous arrêter 80 km plus loin à Rio Preto da Eva. Petite bourgade fort sympathique et inattendue au bord du fleuve Rio Preto da Eva justement qui nous apporte une fraîcheur toute relative comparée à la ville de Manaus.



Cachaça au crabe en apéro et poissons tropicaux en brochettes pour le déjeuner.



On est dimanche et tout Manaus vient se rafraîchir dans le fleuve. Le lieu s’est transformé en station balnéaire et tout le monde se baigne, rit, se bronze, se photographie, prend une caiperinha dans le petit marché couvert du village, se fait griller un bon poisson. Cela sent un peu au bout du monde. Après, il n’y a plus rien, si ce n’est la forêt, nous signale Bruno.



Les gens ici, sont tout en réserve. On nous regarde un peu mais pas tant que ça. C’est juste une petite mémé qui se marre bien quand avec Simon on lui demande les noms de ses fruits et légumes qui ont tous pour nous des têtes inconnus. On en achète. On demandera au cuisto du lodge de nous les préparer pour nous les faire goûter.


"Tu nous cadres bien là tous les trois?"


Nous repartons de nouveau, sur des chemins de terre rouge cette fois.Plusieurs kilomètres de batailles entre les trous jusqu’à une petite embarcation ou une pirogue à moteur et son « pilote » nous attendent.


Pirogues à moteurs.

Nous embarquons avec Bruno toutes les victuailles et achats divers qu’il a effectué pour le lodge. Puis nous démarrons. 40 km sans civilisation, dans les igarapés (les nombreux petits canaux de la forêt) et les igapos (la forêt inondée). Nous apprenons que les petits arbres que nous voyons surgir de l’eau ne sont que la cime d’arbres de plus de 10mètres de haut. En cette saison sèche, la forêt est inondée.


Navigation au coeur des arbres innondés par les eaux.


Nous slalomons entre les arbres, partant parfois d’une large clairière d’eau pour s’engouffrer en quelques secondes dans un entrelacs impressionnants d’arbres et de cimes couvertes de nid d’oiseaux immenses, d’orchidées fanées pour la plupart malheureusement à cette époque. Il y a quelque chose d’émouvant à se laisser conduire ainsi dans l’immensité du poumon de notre Terre. Quelque chose de magique qui nous laisse sans voix tant tout ici nous est inconnu et insoupçonné. Nous attendions ce moment depuis 2100 jours (7 mois de 30 jours environs que nous avions acheté nos billets d’avion). Et nous y sommes enfin…


Les igarapes au coeur de la foret amazonienne

40 km plus tard, la pirogue ralenti sa course effrénée devant des jolies cabanes aux chapeaux de pailles sur une plage de sable blanc, le lodge Malocas. (Malocas signifie en indien : habitation indienne).


Le lodge Malocas

Des enfants se baignent dans le rio (Rio signifie fleuve ou rivière) au pied du « village ». Nous débarquons. Nilda nous accueillent avec un jus de fruits frais aux mélanges savoureux et surtout extrêmement rafraîchissant. Il n’est pas loin de midi et le soleil cogne, l’humidité prend à la gorge.


Petit bain digestif.

Dans la paillote commune où tout le monde se restaure, nous faisons la connaissance d’autres Français, Suisses et Belges, ici depuis quelques jours pour certains. Un couple de français avec leurs deux enfants vient juste de rentrer d’une nuit de hamac dans la jungle. Ils sont exténués.


Djazz et Natty trouvent une fleur sauvage.

Nilda nous expose les règles écologiques de rigueur dans le lodge. En discutant, je marche sur quelque chose qui pousse un malheureux petit cri : un magnifique toucan qui était poliment venu me dire bonjour !!! Pauvre bête je ne l’avais pas vu et il s’envole se réfugier dans l’arbre voisin. On nous présente alors les 3 perroquets de la maison et les 2 toucans, élevés ici depuis leur plus jeune âge et en liberté toute la journée.


Nids d'oiseaux geants dans la cime d'un arbre

Nilda nous emmène dans une autre paillote beaucoup plus loin, qui elle, est composée d’une dizaine de chambres. Tout est construit en bois, de manière très sommaire, mais cela possède un charme certain. Dans cette construction, on ressent de la fraîcheur. On en profite pour prendre une douche froide (comme toujours depuis le début de notre séjour au Brésil sauf à Tiradentes où c’était carrément bouillant !),pour s’installer, s’allonger un peu avant d’aller prendre le repas du midi avec tout le monde.


Une pirogue a moteur garnie d'une brochette de touristes

Nous nous attablons (et y resterons jusqu’au bout) avec Elisabeth et Alain, un couple Suisse des plus sympathiques avec qui nous discutons d’emblée à bâtons rompus de nos envies, de nos craintes, de notre voyage.
Ici, tout lemonde fait plusieurs villes dans le Brésil. Les Belges reviennent d’ailleurs du Pantanal où ils ont vu des milliers de crocodiles ! Ce qui ne sera pas le cas ici, on le sais déjà.


Igarapes dans la foret amazonienne (cours d'eau)

Au buffet, des plats de poissons en sauce, des crudités, du riz et des haricots rouge.
A une table, les guides des excursions.Nilda et Bruno demandent qui parlent anglais, portugais afin de répartir les visites avec les guides.


La cîme des arbres.
En-dessous de nous, plusieurs mètres d'eau innondent la forêt.


Nous ferons donc toutes nos excursions avec le guide Leandro, et la famille Laurent et Sylvie pour les parents, Naty et Jazz pour leurs filles. Ils sont super habitués à voyager dans des conditions pas toujours faciles, la forêt ne leur fait pas peur, et ils déboulent tranquillement en short et en tongues, alors que nous on se protége indiscutablement de ce fichu soleil qui mord tant il brûle avec des vêtements à manches longues et des baskets.
15h00. Nous montons en pirogue avec la famille et Leandro, direction une petite communauté. Leandro a emporté avec lui sa machette bien saillante et un seau avec du poulet et quelques lignes car nous allons finir la journée par une pêche aux piranhas. Nous naviguons de nouveau entre ces arbres aux formes parfois étranges, croisant parfois des papillons, des oiseaux jaunes, beaucoup de vautours. Leandro n’hésite pas à ralentir pour montrer une plante agrippée à la cime d’un arbre, des coques de fruits qui nous parfaitement inconnus.


Habitation indigène.


"Cueillette" de cocos.

Nous arrivons à destination. Mais personne n’est là. Une petite cabane à moitié abandonnée, avec des boîtes de bière parsemées deci delà et une gazinière rouillée reliée dans le vide.


"Chukky" à l'entrée de la communauté, sûrement pour effrayer les mauvais esprits.

Nous nous promenons surtout aux alentours car il y a ici beaucoup de plantes médicinales, d’arbres fruitiers (tropicaux bien sûr). Nous abattons quelques noix de coco fraîche et en sirotons le nectar, nous découvrons un avocatier sauvage, les palmiers dont le coeur se mange en salade, diverses herbes dont nous ne comprenons pas les noms, les arbres à cupuaçu un fruit absolument divin dont le goût est entre l’ananas, la pastèque avec un fond de mangue. Pour ma part,depuis que j’ai découvert le cupuaçu, je n’arrête pas d’en manger sous toutes les formes : jus de fruits frais le matin, confiture, bonbons, glaces… D’autres arbres comme le pupunha, l’arbre à urucum (teinture alimentaire qui provient des graines de ce fruit), un arbre à caju (noix de cajou)…


Fruit du pupunha.

Après une jolie balade, nous repartons dans notre pirogue. Leandro cherche visiblement un petit coin tranquille. On navigue sans moteur jusque dans un méli-mélo de cimes d’arbres. Leandro accroche quelques morceaux de poulets aux hameçons, nous en donne un à chacun. Et voilà la pêche aux piranhas qui commence ! Et 3 secondes plus tard c’est Simon qui tire un petit lot qui gesticule au bout de sa ligne.
Laurent et Sylvie qui ont déjà fait cette pêche la veille s’écrient : "prends le pas avec les doigts surtout ! Pas avec les doigts !"


Coucher de soleil en Amazonie.

Pendant demi d’heure qui suit, Simon nourrit un bon nombre de piranhas qui sont venus grignoter tous ses bouts de poulet à tour de rôle sans jamais se faire attraper. Natty et Djazz y vont de bon cœur et pêchent autant qu’elles peuvent.Mais c’est toujours l’angoisse chaque fois qu’on relève un de ces poissons car les bouches, bien que petites, découvrent effectivement deux séries de dents des plus aiguisées. Chaque fois, Sylvie prend sa tongue pour les assommer puis les bloque d’une main ferme au sol jusqu’à les lancer héroïquement dans le seau. Ses filles crient : mais arrête maman, t’es folle, tu vas te faire mordre ! Leandro rit sous cape. De son côté, il relâche tous les piranhas qu’il attrape. Pourquoi ? « Je ne veux pas », dit-il. Nous n’en saurons pas plus.


Petit piranha que nous avons peche et mange bien sur !

Lorsque nous avons pêché de quoi manger le soir, nous reprenons le chemin du lodge.
Après la troisième douche de la journée qui va s’avérer rituelle, nous venons prendre l’apéro autour du feu de camp. Tout le monde est exténué.
Nous savourons nos poissons carnivores… un délice sans pareil ! beaucoup d’arêtes, mais quel chair !


Orchidée sauvage de nuit.



Le soir, Leandro s’écrit depuis la rivière : venez ! venez ! Un jacaré (petit crocodile de 1 mètre) ! Forcément, avec Simon, nous accourons. D’autres sont là et nous montre sur l’autre rive, à quelques mètres de nous, deux yeux brillants dans la nuit qui finissent par s’enfuir. Natty et Djazz avaient, la veille récupéré un bébé de jacaré dans leurs mains ! Mais cette fois, pas de chance, nous ne verrons que les lumières de ce que nous imaginons être leurs yeux.


Crapaud venimeux.


Petite bébête des sables amazoniens au nom impossible.

Nous continuons à nous balader dans la nuit si bruyante des les environs du lodge et Leandro n’en finit pas de nous faire découvrir un oiseau bleu qui dort niché dans son arbre, puis un jaune, un bouquet d’orchidées qui vient de fleurir, un crapaud au venin mortel pour les affreux serpents redoutables qui auraient la mauvaise idée de le taquiner… le tout, sur des concours de chants d’oiseaux, de cigales aux ailes sûrement bien longues et autres animaux… quelle journée !
Au dodo, demain, une longue marche dans la jungle nous attend.

Les guides ont allumé des petites lanternes-bougies sur le chemin qui mène aux chambres. C’est magnifique.


Oiseau bleu en train de dormir.


Oiseau jaune en train de dormir.

La nuit noire est incroyablement étoilée depuis la forêt. Une véritable toile de fond de film américain des années 50 tant ces lumières dans le ciel scintillent par milliers laissant sur leur pas des traces lactées !

La nuit est fraîche, cela fait du bien, ce lodge a un petit goût de paradis. Notre sommeil est bercé du bouillonnement presque comique de la forêt « endormie ».


Igapos (forêt inondée).

Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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Lundi 17 juillet 2006 1 17 /07 /2006 01:49
Forêt amazonienne
Marche dans la forêt amazonienne – Balade aux alentours du lodge - Soirée dominos - Nuit tarentule



Notre guide indien Leandro et la fille d'un employe du lodge Malocas

La nuit a été très fraîche. Incroyable. Simon a été frigorifié toute la nuit.Les autres aussi,qui ont parfois pris leur hamac en guise de couverture.Cette différence de température est surprenante.


Fleur de la passion grande comme une paume de main d'adulte.

Aujourd’hui, nous partons pour une marche jusqu’à une petite cascade dans la forêt. De nouveau avec notre petite famille et Leandro, nous longeons ces igapos qui n’en finissent pas de nous enchanter.
Nous faisons glisser notre pirogue sur le rebord boueux de la forêt puis nous nous enfonçons peu à peu dans sa chaude humidité aux odeurs fruitées des plus agréables. Pas de chemin bien sûr. Leandro nous fraie un passage à l’aide de sa machette « géante ». La forêt est étouffante tellement elle est dense, ses feuilles et ses arbres immenses et démesurées comparés à notre échelle humaine.


Nos pirogues a pagaies

Leandro nous montre à nouveau les arbres de santal, l’arbre de patchouli, l’hévea, les énormes arbres aux troncs de plusieurs mètres de diamètres qui résonnent dans toute la forêt lorsqu’on tapent dessus. Sept coups signifiant : grand danger. On a découvert beaucoup de plantes et d’arbres médicinaux, donc l’arbre pour le paludisme. Dans les communautés indigènes, les mères concoctent des thés à bases des feuilles âcres et amères et en font boire les enfants afin de les immuniser contre cette maladie. Leandro et ses frères et sœur se sauver pour ne pas boire cette atrocité, nous raconte-t’il. Mais la maladie fait tellement de ravages encore aujourd’hui en Amazonie, que même Leandro reste vigilant et continue à se protéger avec des répulsifs.


Djazz en route pour l'aventure.

Leandro voit tout. La moindre graine minuscule mais magnifique cachée sous les tapis de feuilles humides, une carcasse d’araignée qui a mué, la peau d’un serpent qui en a changé… nous passons sans voir, lui voit et devine ! Y compris les toiles géantes d’araignées dans les arbres. Mais nous n’en n’apercevrons qu’une petite rouge que Leandro attrapera soigneusement par derrière pour ne pas se faire piquer et rejettera au loin. Mieux vaut ne pas voir les araignées de ce genre de toile. Ca me glace.


Une termitiere parmi d'autres dans la jungle

Beaucoup de fourmilières de presque un mètre de haut et de large, et plusieurs consécutives, des termitières de plusieurs mètres de haut accrochées aux arbres. Leandro tape dessus avec sa machette pour en faire sortir les chauve-souris vampires… tout semble démesuré ici. Le guide nous met en garde contre certaines fourmis qui paraissent insipides à côté des autres : leur piqûre est équivalente à deux fois celle d’un scorpion ! On fait de grand pas pour les éviter.



On imite Leandro qui lui a l’air de se balader tranquillement dans une ruelle anodine d’un village où aucun danger ne pourrait se présenter. Dés le début, il nous avait dit que de toute façon les animaux ont bien plus peur de nous que nous d’eux, mais que malgré tout, il ne fallait pas omettre une chose : nous sommes CHEZ EUX.



Il nous raconte peu à peu ce que sa mère lui a appris de la forêt, des remèdes, il taille un petit couteau dans du bois rouge tout en marchand avec nous, et nous raconte à voix basse…

La foret amazonienne a 40 km de toute civilisation

Alors que nous le suivons à pas de loups pour n’effrayer ni les oiseaux, ni les autres animaux et les laisser nous approcher pour les admirer, un tout petit serpents gris surgit du tapis de feuilles et se glisse sous mes pieds. Je bondis en l’air sur le côté. La pauvre bête a encore plus peur que moi et en fait autant. L’un comme l’autre on ne sait où aller… J’ai eu peur mais sans plus. Sauf que Leandro me regarde et dit : « tous les serpents d’Amazonie sont mortels. TOUS. Mais celui-ci a eu peur, c’était un bébé. »


Cascade au coeur de la forêt.


Leandro plonge dans les méandres de la rivière.

Quelle horreur… Il nous explique alors que de nos jours, on a les moyens de soigner toutes les piqûres de serpents, même les plus violents, et que le danger réside dans le temps que l’on a pour les soins à administrer. Ca y est. Maintenant, en plus des araignées, j’ai peur des serpents. Dans tous les blogs de voyageurs que j’ai lu, personne ne voit jamais rien de dangereux dans cette partie de l’Amazonie, juste une végétation luxuriante vers laquelle il suffit de se pencher pour se nourrir et se soigner. Il faut que ça tombe sur moi.
Nous continuons notre balade jusqu’à la petite cascade d’eau fraîche, bienvenue en ce midi très chaud qui commence à se faire insoutenable. Leandro et la famille se baignent. Comme deux idiot, nous n’avions pas prévu nos maillots de bains dans la balade !



Confection d'objets en feuilles de palmier.

De retour au lodge, nous nous douchons, déjeunons copieusement du bon poisson, faisons une petite sieste bien méritée, puis repartons cette fois seuls, avec Leandro pour une balade dans les alentours du lodge. Cet après-midi, tout le monde est reparti sur Manaus, sauf Elisabeth et Alain qui sont partis pour dormir dans la forêt cette nuit.


Sac à main d'indienne.

La balade est des plus agréables. Beaucoup plus tranquilles que le matin, bien que la végétation dans cette partie de la forêt soit moins luxuriante et parfois même beaucoup plus hostile. Mais nous n’en finissons toujours pas de découvrir arbres et plantes.


Virginie vetue de ses apparats d'indienne

Dans des feuilles de palmier, Leando fabrique une couronne, des boucles d’oreilles, un panier et me les offre. Il construit l’entrée d’une paillote telle qu’elle est faite dans les communautés indigènes. Tout cela, il le fait à une vitesse impressionnante. Il me reste quelques piqûres de moustiques de Rio de Janeiro qui n’en finissent pas de cicatriser qu’il me soigne avec une plante dont la sève a la couleur de la bétadine. Deux jours après, je n’aurais plus rien.


Soin cicatrisant naturel de leandro sur Virginie.

Nous revenons avant la tombée de la nuit,le temps de se reposer dans un hamac puis Leandro nous emmène en pirogue au beau milieu d’un igarapé afin d’admirer le coucher du soleil, celui des oiseaux et de la jungle toute entière.


Cactus et orchidées poussant sur les arbres.

Ce soir, il y a nous, Leandro notre guide, Lucia la cuisinière hors pair, et son maré José, le régisseur en quelque sorte du lieu en l’absence de Bruno et de sa femme. Nous dînons tous ensemble à la lueur de la bougie (il n’y a pas d’électricité ici bien sûr). Ces gens sont d’un calme et d’une gentillesse exemplaire. D’une grande discrétion. Bruno nous avait dit d’emblée, sans entrer dans les détails : "attention, un amazonien n’est pas un brésilien".


Plante poussant sur un arbre mort.

Leandro nous apprend à jouer aux dominos brésiliens. Et nous raconte sa vie. Une vie incroyable. Il habitait avec sa faille dans une communauté indigène tout au nord du Brésil. Lorsque la Guyane a acquis son indépendance, le Brésil a donné une partie de la forêt amazonienne à la Guyane. Sa communauté s’est retrouvé en Guyane. Certaines personnes de sa famille sont restés, dont lui et sa mère, d’autres sont partis en Vénézuela, d’autres sont retournés au Brésil.
Lorsqu’il a 13ans,samère tombe gravement malade.personne ne lui vient en aide,si ce n’est lui, Leandro, qui la soigne jusqu’à sa mort.
A 13ans, il se retrouve seul, avec tout ce que sa mère lui a appris. Avant de mourir, elle lui a dit : « part loin d’ici faire ta vie. Dans la communauté personne ne te viendra en aide. Va vers les gens, c’est le monde qui va t’apporter des choses ».


Arbre rouge du Bresil

Leandro part seul a Boa Vista dans le nord du Brésil jusqu’à l’âge de 26 ans. Il apprend divers métier dont celui de boulanger, mais surtout, il commence à construire son grand rêve « d’aller vers les gens du monde » en apprenant l’anglais. A 26 ans, il décide de partir à Manaus. Il met 1an à rejoindre Manaus.Sur la route, il fait des petits boulots de plusieurs mois avant de gagner un peu d’argent pour poursuivre son voyage. Il arrive à Manaus et en arrivant il rencontre un guide du lodge Malocas, qui lui dit qu’avec son anglais et ses connaissances de la forêt, il peu devenir guide lui aussi. Leandro n’y croit pas. Cependant, il reste pendant 2 mois avec les autres guides qui lui font connaître la forêt du « coin » différente de celle du nord de l’Amazonie.


Nid d'oiseaux.

Et voici les débuts de Leandro, guide dans la forêt amazonienne. Les débuts du Malocas n’étant pas réguliers, il cherche parallèles des petits boulots de guide dans d’autres lodges. Ilnous parle de ces lodges de luxe avec climatisation, crocodile nourrit en cachette par les guide et tellement gros qu’il ne bouge plus de sa place mais devant lequel les pirogues géantes de luxes remplies de 40 touristes chacune s’arrpête pour la traditionnelle photo.


Leandro l'indien joue à l'indien.

Depuis 5 ans, Leandro travaille régulièrement au Maloca. « Je suis très heureux ici, je suis libre, je fais ce que je veux, je rencontre des gens du monde entier qui me parlent de leur vie aussi ». J’ai réalisé mon rêve. Je ne pourrais pas vivre ailleurs que dans cette forêt.


Simon et Leandro devant un arbre amazonien de quelques mètres de circonference

Il nous parle des difficultés de vivre des amazoniens, de ces hommes qui bossent peu, font des familles de 8 ou 10 enfants puis partent. Dans l’immeuble où il vit à Manaus, plus de 30 enfants sont sans père. Avoir un ballon de foot et mieux pour un amazonien, de volley-ball, et le rêve le plus ultime. Faute de ballon, on joue avec des bouteilles d’eau vide. Tous ces enfants sont les enfants de Leandro. Son argent, il s’en sert pour leur payer les stylos, des cahiers. Il leur apprend la forêt, l’anglais, tout absolument tout ce qu’il sait pour que ces enfants sachent et grandissent dignement un jour, en ayant reçu de l’affection autre que celle de leur mère,pour que eux aussi retransmette cette affection à leur propres enfants. « Ce sont les câlins qui aident à grandir », dit Leandro.
Et il insiste : à quoi bon faire des enfants avec tous ceux dont on peut s’occuper également ?


Le Malocas.

Simon et moi-même rentrons nous coucher dans notre paillote. Ce soir, nous sommes tout seuls. Nous soufflons sur les lampes à huile les unes après les autres car après-nous,il n’y aura plus personne. On rentre tranquillement. Je vais aux toilettes, petites pièces qui jouxte la chambre, lorsque j’entends Simon éclater d’un rire nerveux et me dire : « ne sors pas toute suite de la salle de bains ! ».
Je le vois prendre sa tongue et se diriger en riant toujours vers le mur mitoyen des 2 pièces.
Je lui dis : « je sais que c’est une araignée, je traverse la pièce avant que tu ne l’écrases car si elle se barre dans la salle de bain, je suis mal.
Simon : OK, sors, mais ne regarde pas.


Leandro et un perroquet du Malocas.

Je traverse la chambre vers la porte d’entrée et je me retourne vers Simon et la fameuse araignée. Un truc énorme, immobile, presque noir, aux pattes démesurées, au corps gonflé aux hormones ! Un engin qui me glace le sang et je me dis :je suis en train de rêver, c’est un cauchemar, je vais bientôt me réveiller. Pourquoi dans NOTRE chambre et pas dans les 9 autres qui sont libres ?
Je dis à Simon : ne l’écrase pas c’est une mygale ou un truc de ce genre, elle pourrait se défendre et te piquer.
Simon : ne t’inquiète pas, ici, tout est démesuré mais un coup de tongue sur la tronche et on n’en parle plus. Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’autre ?


Tronc d'arbre avec picots pouvant servir d'aiguille à coudre ou à percer.

Au moment où il approche sa tong taille 43, il réalise en effet que les pattes sont plus large et que ce n’est pas de cette manière qu’il en viendra à bout. On convient alors que je prends une lampe torche et que je cours chercher Leandro, que lui reste ici à surveiller où elle va.
Je sors dans la nuit et je cours à en perdre haleine. J’ai fait promettre à Simon de ne pas tenter de l’écraser mais je ne suis pas certaine qu’il ne le fasse pas.Je traverse ce long chemin qui mène à la paillote des guides et je repense aux recommandations de Leandro et des autres : ne jamais se baigner seul, ne jamais se promener seul en forêt, ne jamais rester seul dans la nuit. J’arrive vers la paillote et je l’appelle :
Virginie :Leandro une énorme araignée dans la chambre, vite ! Viens !
Leandro, Lucia la cuisinière et son mari José restent d’abord consternés. Je dois leur redire ce qu’il se passe pour qu’ils réagissent. Ils sortent d’uncoup d’un seul, un de leur fameux balai à picots dans les mains et direction notre paillote.
Leandro : j’espère que « Simao » ne va pas essayer de l’écraser !


"Simao".

En arrivant, je crie à Simon de ne pas la toucher, qu’on arrive. Simon est toujours face àl’engin de compétition qui n’a pas bougé. Simon est fasciné.
Leandro s’approche très près et tente, comme pour le reste, de la prendre avec ses mains.mais en une demi seconde, elle se sauve à plus de deux mètres. Vitesse de déplacement terrifiant.
José lui dit : arrête Leandro, il faut la tuer, tant pis. S’ensuit une course poursuite dans la chambre entre le balai de sorcière et l’araignée. J’en suis malade, j’ai envie de pleurer tellement j’ai peur. J’ai soudain envie d’être dans mon canapé à paris en train de regarder une série de « Catherine » un pousse-pousse à l’orange à la main. Je me demande bien ce que je fiche là, tout simplement.



Lorsqu’ils embrochent l’engin au bout des picots du balai, ilsla détaillent avec précaution.
Leandro : c’est une tarentule, ce n’est rien.
Simon se décompose et rie toujours, il n’arrive pas à y croire.
Moi :une tarentule ? Mais c’est mortelle !
Leandro :pas celle-ci, non. Il y a plusieurs espèces. Celle-ci pique, est très douloureuse, mais c’est tout.



Lucia ouvre tous nos sacs et chaussures, José vérifie avec sa grosse lampe tous les recoins de la pièce.
Non, c’était une pauvre petite bête égarée !
Ils repartent.
J’ai envie de reprendre l’avion pour Paris.

Cette nuit, calfeutrés dans notre moustiquaire, j’ai l’impression d’être une proie dans une immense toile comme celles qu’on a vues dans la forêt. Je me réveille trempée de sueur plusieurs fois, avec des cauchemars d’araignées qui grimpent partout sur la moustiquaire.


Coucher de soleil devant le Malocas.
Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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Mardi 18 juillet 2006 2 18 /07 /2006 12:00
Forêt amazonienne
Levé du soleil - Visite d’une communauté - Retour à Manaus



Levé du soleil devant le Malocas.

5h45. En route dans la pirogue à pagaies pour admirer le levé du soleil et celui des oiseaux. Malheureusement, ce matin, la forêt a revêtu son manteau de brume bleue ce qui ne nous permet pas de voir grand chose. On entend peu à peu les chants monter dans le ciel embrumé. Cette ouate nous offre un paysage encore différent,cette fout en douceur. Nous glissons lentement sur l’eau. Leandro est aux aguets au moindre chant, au moindre bruit. On observe pendant quelque temps un gros rongeur, grand comme un chien en train de grignoter au bord de la rivière maisonne le distinguera pas très bien. A la moindre rumeur de notre part, il se sauve.


l'Amazonie dans la brume matinale.






De retour au lodge pour le petit déjeuner, que nous prenons avec Leandro et la cuisinière Lucia. José s’affaire, balaie le sable de leur balai à picots. Lucia nous a préparé un petit déjeuner prompt à me faire oublier la mauvaise plaisanterie de la veille.
Lucia : tu n’as pas eu peur cette nuit ?




Moi : si énormément.
Lucia : je comprends, moi aussi ça me fait peur. Il y a plein de chose dans la forêt que je n’ai pas encore réussi à apprivoiser. Elle est dure la forêt.


Toucan dans un arbre du Malocas.



Je demande à Leandro si réellement la tarentule n’était pas venimeuse ou s’il disait ça hier pour me rassurer. Il confirme sa position par tout un tas de détails techniques quant aux pattes, leur positionnement, la couleur, l’absence de beaucoup de poils etc…



Pour couronner le tout, Simon et moi-même avons eu un petit rat beige qui a couru toute la nuit sur la charpente de la paillote en faisant un rafût du diable. Les rongeurs ne m’effraie pas, Simon non plus. On s’est aperçu en se levant qu’il était venu grignoter les fleurs de fruits de la passion que Nilda met chaque jour dans les chambres pour qu’elles sentent bon.
Lucia : pourtant, si un rat te mord, c’est beaucoup plus dangereux que cette araignée. Ils ont plein de maladie et il faut faire attention !
Leandro :oui mais ce rat est là depuis longtemps. En fait c’est nous qui sommes chez lui !



La tendre vision de la vie de Leandro finit par me faire sourire. Si seulement on pouvait tous être comme lui. Il est clair que nous n’avons pas été élevé dans le même élément.
S’ensuit alors tout un tas de récits de Leandro au sujet des randonnées qu’il a effectué depuis 5 ans avec des touristes. Il nous dit que Bruno ne veut pas qu’il raconte tout ça car cela arrive rarement et panique tout le monde pour rien. Bruno, si tu lis ces lignes, c’est nous qui l’avons forcé à nous raconter !




Leandro est content. Il va pouvoir raconter plein de choses sur nous aux enfants dont il s’occupe à qui il raconte tout, et qui, selon lui, vont vivre ma frayeur autant que moi !
Simon dit à Leandro : ce qui est incroyable, c’est que la seule personne ici qui ne voulait voir ni araignée, ni serpent, en a vu !


Embarcation au Malocas.


Simon devant les bungalows du Malocas.

Leandro : oui, c’est toujours comme ça. Tu y a trop pensé, c’est toi Virginie qui les a appelé.
Virginie : si je pense à de beaux papillons, des perroquets magnifiques, des toucans, des singes rigolots, je vais les voir alors ?
Leandro : oui.




Leandro nous montre un harpon de pêche d'indiens.

Malgré tout, impossible de me résigner à partir pour la longue randonnée de 4 heures dans la forêt. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, je suis fatiguée. Leandro nous propose alors d’aller voir une autre communauté non loin d’ici.


Virginie dans une pirogue à rames.

En route avec la barque à moteur cette fois, car c’est assez loin. A peine parti, je lève le regard vers un arbre immense, au sommet duquel toute une famille de perroquet vert fluo et bleu font leur toilette du matin. Leandro n’en revient pas, cette espèce, il n’en avait encore jamais vu. C’est l’espèce qui parle le mieux.


Perroquet "parleur".

Un peu plus tard, des nués de papillons orangés survoleront notre chemin.
Des singes, nous ne verrons que des crottes toutes fraîches de taille impressionnante.
Nous arrivons dans une petite communauté avec quelques cabanes en guise d’habitation : une cabane pour l’école, une cabane pour l’église dont les représentations bibliques sont toutes en papier crépon. Un grand terrain de foot. Ici, nous explique Leandro, les femmes comme les hommes jouent. Il n’y a qu’un seul ballon pour tout le monde, c’est un moment important pour la communauté.


Village de la communauté indienne.


Unique chemin de la communauté.

Deux jeunes filles viennent timidement à notre rencontre. Elles connaissent bien Leandro qui a rapporter des victuailles pour eux. Pour l’heure,tout le monde est à l’école de la communauté voisine, les hommes sont à la chasse et à la pêche, les femmes sont aux champs. Nous prenons un chemin bordé d’arbres fruitiers (caramboles, oranges etc…) jusqu’à une maison un peu plus grande, toujours en bois.


Vitore", petit garçon d'une une communaute indienne.



Là, un jeune homme et un petit garçon accueillent avec plaisir le sac de victuailles de Leandro.Les deux hommes discutent de choses et d’autres. Leandro nous montre les herbes médicinales du jardin avec lesquelles toutes les familles se soignent, les arbres fruitiers,les légumes. Le jeune homme nous explique qu’ils cultivent leur propre riz, leur manioc, leur maïs. Les poules et les coqs gambadent partout. Ils ne font pas malheureux du tout, ils mangent à leur faim, semblent paisibles. Mais leur vie en autarcie reste très précaire. Comme partout ici au Brésil, lorsque le petit garçon Victore voit mon appareil photo, il commence à prendre à la pause. Le jeune aussi. Ils adorent et sont fiers de réussir à vivre dans la difficulté de la jungle.


Caramboles.


Oranger.

Bruno nous avait expliqué que les gens ici n’ont pas les mêmes besoins que nous. Juste de quoi manger, avoir un toit, être en bonne santé et visiblement ce sont tous des médecins dans l’âme, et ils se demandent toujours pourquoi on court autant après l’argent, nous « les blancs ».
Bruno nous raconte une conversation avec l’un d’eux.
Bruno :si tu chasses plus de 3h00 ou 4h00 par jour, tu te feras plus d’argent et tu pourras t’acheter un moteur pour ta pirogue ! Tu iras plus vite et tu pourras pêcher encore plus !
L’amazonien : mais pourquoi faire ? Je n’ai pas besoin de vendre plus, nous avons ce qu’il faut. J’aime aller lentement avec mes rames dans la forêt pour aller travailler.



Chien de la communauté.

Nous revenons sur le coup de midi. Alain et Elisabeth reviennent de leur nuit de « survie » dans la forêt. Ils sont ravis, bien qu’ils n’aient pas été rassurés, surtout lorsque leur guide s’est levé toutes les heures de la nuit pour raviver le feu et éloigner les bêtes, et encore plus lorsqu’il a remercié très sérieusement la forêt de les avoir épargner de tous ses dangers.


Intérieur "église de la communauté.
Décoration de papier effectuée par les enfants à l'école.


Alain et Elisabeth sont juste un peu déçus de n’avoir rien vu d’extraordinaire. Ils regrettent presque de ne pas être resté avec nous pour vivre de telles aventures ! Avec un peu de chance, la tarentule serait allée dans leur, mitoyenne à la nôtre !


Mais nooooooon... y'a pas d'anacondas en Amazonie... y z'ont peur de tout les indiens !!!


Alain et Elisabeth, nos compagnons d'excursions dans la jungle.

15h00. Nous embarquons dans la barque à moteur direction Rio Preto da Eva. 1h15 de zigzags de folies dans les igarapés. Nous savons l’un comme l’autre qu’il y a fort peu de chance pour que nous revenions ici un jour.


Igarapés en Amazonie.




C’est déjà d’un regard nostalgique que nous nous laissons glisser sur ces eaux miroirs aux reflets des arbres et du ciel tant elles sont sombres. Nous ne savons plus où nous sommes. Perdus au milieu de nul part.


Virginie avec un perroquet du Malocas.

Arrivés à la bourgade, une voiture nous attend et nous emmène dans une autre communautés d’indiens.


Communauté indienne du village de Rio Preto da Eva.



Dans cette communauté, les hommes viennent quelques mois pour vendre l’artisanat conçu par les femmes. Puis ils repartent. Une vingtaine de tribus sont représentées ici, chacune possédant sa culture et sa langue particulière. La communication n’est pas évidente, surtout avec les anciens qui ne parlent pas portugais. Des projets d’écoles sont mis en place pour enseigner aux enfants les langues et la culture de la tribu, afin de sauver ce qui reste sauvable.


Vaisselle indienne.


Alain, Simon et Elisabeth avec le chef de la communauté indienne.
Maquillage naturel du bras droit.


Nous arrivons dans la chaleur étouffante de Manaus à la tombée de la nuit.


Communauté indienne de Rio Preto da Eva - "Salle des fêtes".


Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 12:03

Manaus

Le port, la hall aux poissons, balade dans la ville

 

La halle aux poissons "géants"  de Manaus.

Poissons de plusieurs dizaines de kilos.


Très tôt le matin (on ne perd pas le rythme !), nous sortons pour notre dernière visite de Manaus. Cet après-midi, à 15h00, nous prenons un bateau jusque Santarem où nous arriverons vendredi matin. Au programme de la matinée : trouver un distributeur d’argent qui fonctionne, acheter des hamacs pour le bateau, de l’eau et des victuailles.

Crevettes sechees des halles de Manaus.

 

Nous filons d’abord dans les rues de la zone franche pour acheter nos hamacs. C’est vite fait tant il y en a et tant ils sont beaux. Bruno nous a expliqué qu’ici, c’est une vraie compétition pour les hamacs ! A qui aura le plus coloré, le plus brodé avec la plus belle dentelle au crochet ! Nous n’imaginions pas qu’un hamac pèserait 3 a 4 kg… une valise supplémentaire va bientôt s’imposer.

 


Aux alentours du marché de Manaus...




Nous retournons vite fait à l’hôtel car un employé de la société de Bruno vient à 9h00 chercher nos hamacs pour les installer en avance sur le bateau et choisir de bons emplacements.

 

La hall aux poissons de Manaus vue de l'exterieur.

Nous repartons aussitôt dans les rues de Manaus.

Direction le port.

La fameuse halle aux poissons de Manaus a été construite sur le modèle des halles à Paris. Seul le port, très bien réaménagé, et quelques façades joliment restaurées, témoignent d’un renouveau récent et de l’engagement de la mairie dans la réhabilitation du centre ville.

 


Le port de Manaus

Cette hall immense s’emplit chaque matin de vendeur de poissons pêchés dans l’Amazone.Les gens viennent parfois de très loin, jusqu’à une semaine de bateau pour vendre leur poissons aux forment et couleurs inhabituelles. Aux noms invraisemblables ! Nous ne les verrons pas, mais lorsqu’ils arrivent, les poissons sont si gros qu’il faut plusieurs personnes pour les porter. Nous les verrons mais déjà découpés en filets (énormes !). L’ambiance est particulière. Les prix se négocient.

Pour certains poissons rares, Bruno nous avait expliqué que les prix montent comme dans enchères au fil de la matinée. Ici, tout le monde se nourrit de poisson.

 

Le marché aux herbes de Manaus est extraordinaire. Des petits vendeurs côtoient les plus grands.Tous préparent des petites potions magiques dans des flacons médicinaux. Les gens viennent ici avec des ordonnances, et on leur fabrique les mêmes médicaments que les chimiques mais en naturel ! Il faut savoir que si les hôpitaux sont gratuits et de très bonnes qualités (selon Bruno toujours) les médicaments sont eux payants et très chers. Le Brésil ne peut pas avoir de médicaments génériques, en raison du coût exorbitant de l’achat de « droit » d’utilisation aux découvreurs de molécules. Bien que la plupart de ces molécules aient justement été découvertes dans la forêt amazonienne. C’est révoltant. Ici, c’est système Naturel, mais qui fait son effet puisque les gens semblent réellement en parfaite santé.

 

Stand de manioc et diverses farines de manioc.

Plus loin encore, un hangar de un hectare de bananes. Toutes sortent de bananes. A Manaus, la banane ne s’achètent pas en supermarché. La banane parcourent les rues sagement assises dans des brouettes et se vend savoureusement pour quelques centimes d’euros.

 

 Un des nombreux "points" de vente de bananes des rues de Manaus.

Dans le marché aux fruits, on remarque les pommes et les fraises aux prix onéreux (fruits « exotiques » locaux en fait !). Les marchands de crevettes… toutes sortent de crevettes de toutes les tailles, des crevettes séchées qui emplissent la chaudeur de l’atmosphère d’une odeur qu’on vous laisse imaginer. Et les marchands de bijoux indiens confectionnés uniquement de graines, de toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, aux mélanges savamment pensés.


Amazonienne en pleine lecture sur le port.

 

Ici, nous sommes les indigènes. On nous regarde et on nous dévisage de manière ostentatoire. Pas ou peu de touristes se promènent  dans Manaus. Cette ville est le point de départ des excursions, mais personne ne s’y attarde, malheureusement.

On a quitté Rio et le Minas, avec sa population majoritairement blanche ou à peine métissée, ou bien noire (pour le quartiers que nous avons vu en tout cas). Ici, nous sommes en Amazonie. Les habitants sont des « caboclos », des métisses indiens et portugais. Leur physique est très marqué. Ils sont plutôt petits, trapus, la peau foncée et les yeux en amande. Ils sont farouches et réservés. C’est un autre Brésil, une autre population que nous découvrons.

 

Quartier de l'Opera de Manaus.

Direction la ville de Manaus. Nous quittons les quais et longeons les avenues qui nous mènent au Théâtre.

L’ambiance de Manaus est également très différente de ce que nous avons rencontré jusque-là. A la fois ahurissante et drôle. Outre la chaleur étouffante et moite, les rues sont très animées, bruyantes. Des voitures publicitaires roulent au pas, leur sono à fond, les bateaux à quai dans le port, les magasins, les restos, tout le monde met sa musique au maximum (des chansons qu’on imagine fort bien en bande son d’une « novella » brésilienne)!

 
Opéra de manaus.

 

Des vendeurs campent devant chaque magasin, dans le quartier de la zone franche, et nous interpellent pour qu’on rentre jeter un coup d’œil. Certains ont un micro à la main et annoncent les promotions du magasin pour lequel ils sont employés ! On rentre dans un magasin de chaussures, 3 vendeurs nous tombent dessus, nous montrent des tas de modèles qui ne nous intéressent pas dans une frénésie indescriptible, et ne nous laissent pas regarder ce qu’on veut. Bref, une ambiance de souk étonnante, et épuisante. En fait, on n’a pas envie d’acheter. Ce n’est vraiment pas dans nos habitudes.

 

Maisons abandonnées à côté du port de Manaus.
Derrière les murs, un jardin en friche, en plein centre ville.

Direction supermarché pour faire nos courses pour le bateau jusqu’à Santarem. Et bien là aussi ils emploient des DJ devant leur vitrine, et idem : le DJ fait la pub en direct ! Cette ambiance est plutôt drôle. Mais le niveau sonore est absolument ahurissant.

 

Nous nous ravitaillons de nouveau en produits répulsifs pour moustiques car leur efficacité a été prouvé : pas une piqûre à ce jour !

 

Place de l'opera de Manaus.

 

Puis nous nous réfugions une heure dans la fraîcheur climatisée de l’hôtel avant de partir pour notre fameuse « croisière » en hamac. S’ensuit quelques essaies d’appels téléphoniques avec notre hôtel à Santarem car nous allons arriver à 5h00 du matin. Les numéros des guides sont presque tous erronés. Les gens semblent changer facilement de numéros ici ! Et les communications sont super mauvaises. On ne comprend rien, la ligne coupe.


Marché de l'artisanat amazonien.


Bref… une fois plus, la réservation faite depuis la France avait déjà été oublié. Cela semble être la coutume de la région : le premier arrivé aura raison. On refait une nouvelle réservation avec, comme par enchantement, des nouveaux prix plus chers (la dernière fois c’était notre copine brésilienne Sirlei qui parlait).On renégocie, mais on ne le sent pas trop. Malheureusement, c’est le seul numéro de nos guides qui fonctionne et ici personne ne connaît d’adresses sur Santarem.


 


Installation électrique commune.


Par Virginie et Simon - Publié dans : Manaus
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